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📊 10 statistiques pour mieux investir

Quels chiffres très populaires en finance perso sont faux, incomplets ou contestés par la recherche ?

Le 08/09/2026

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Ce que vous allez apprendre dans cet article

⏰ Pourquoi le moment où vous investissez compte moins qu'on ne le dit, et dans quels cas il compte énormément ? 💸 Ce que coûtent vraiment un point de frais, un fonds actif et un indice sans dividendes. 🎭 Pourquoi deux personnes détenant le même produit sur la même période affichent parfois des résultats opposés ? 👩‍⚖️ Quels chiffres très populaires en finance perso sont faux, incomplets ou contestés par la recherche ? 🏡 Et si vous en saviez plus sur l'endroit où vous vivez ? Quand on signe chez le notaire, on nous parle très vite de mètres carrés, de charges et de syndic, mais jamais de l'histoire de l'immeuble qu'on rejoint, de son quartier, ou des gens qui l'ont habité avant nous. C'est exactement le vide que vient combler Parties Communes, le nouveau magazine signé Matera.

👩‍🏫 Learn : 4 fois par mois, nous creusons un sujet des finances personnelles pour vous aider à mieux le comprendre.

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⏱️ Temps de lecture : 17 minutes

Ici Yoann, j’espère que vous allez bien.

Le secteur de la finance a tendance à recycler les mêmes statistiques depuis des décennies, souvent sans les vérifier (je pense que nous sommes aussi coupables). J'ai donc décidé de reprendre les dix plus citées, d'aller creuser dans les archives du web et de faire des contre-arguments quand c'est possible.

🎁 Petit rappel : c'est le dernier jour pour profiter de 25 € de réduction sur Money Buddy, notre produit qui vous aide à créer votre stratégie d'investissement pas à pas. De quelles enveloppes ouvrir (PEA, assurance vie, compte-titres) jusqu'à quels ETF mettre à l'intérieur de façon précise, le tout accompagné d'une hotline WhatsApp sur laquelle vous pouvez poser toutes vos questions (ce n'est pas une IA derrière, mais bien moi). Aujourd'hui, près de 1000 personnes sont abonnées à ce service pour reprendre en main leurs investissements et éviter des dizaines de milliers d'euros de frais. 🎁 Pour fêter la rentrée, on vous offre 25 € de réduction avec le code BACKTOSNOW25 (64 € par an au lieu de 89 €). Valable seulement jusqu'à demain matin 11 h 59 et à entrer lors du paiement.

Ah, et avant de passer à la suite, je vous partage un podcast que j'ai enregistré il y a quelques semaines avec Aissa, le fondateur d'Enky. On y a parlé de pas mal de choses et notamment d'investissements alternatifs. Par ici pour voir la vidéo sur YouTube.

C'est parti pour l'édition du jour !

Yoann ❤️

Comme je le disais en intro, l'idée de cette newsletter est de vous présenter des statistiques qui vont vous aider à mieux gérer vos finances personnelles, notamment la partie investissement. On va classer ces statistiques par grandes familles en commençant par la question que vous me posez très très très souvent : "Est-ce le bon moment d'acheter ?"

🎯 L'essentiel : acheter au plus mauvais moment se rattrape sur une longue durée. Vendre après la baisse, beaucoup moins.

Ben Carlson a simulé le parcours d'un épargnant fictif, Bob, qui n'investit qu'à quatre reprises et toujours juste avant un krach : décembre 1972, août 1987, décembre 1999 et octobre 2007. Les baisses qui suivent atteignent 48 %, 34 %, 55 % et 57 %.

Bob verse 184 000 $ sur 42 ans. À sa retraite fin 2013, il a 1,1 million de dollars, soit environ 9 % annualisés. Sa seule qualité : il n'a jamais vendu une part.

⚠️ Les risques

Il est millionnaire, oui, mais pas aussi riche que s'il avait étalé davantage. En effet, Carlson calcule qu'en versant environ 4380 $ par an régulièrement plutôt qu'en quatre gros chèques, notre cher Bob aurait fini avec plus de 2,3 millions. Le double. Cette histoire nous dit donc qu'un mauvais timing se pardonne si vous restez investi, mais que la régularité fait bien mieux.

Morale de l'histoire : n'ayez pas trop peur si vous souhaitez vous lancer, tant que vous êtes pour du long terme.

Tout investir d'un coup peut vite ressembler à un all-in au poker

Tout investir d'un coup peut vite ressembler à un all-in au poker

Ah, la grande question : "Est-ce que je dois tout investir d'un coup ou bien étaler ?" C'est une question qui revient souvent quand vous avez une grosse somme à investir d'un coup (suite à un héritage par exemple ou la vente d'un bien immobilier).

Vanguard a comparé les deux approches sur des périodes glissantes d'un an entre 1976 et 2022, sur sept marchés. L'investissement en une fois l'emporte entre 61,6 % et 73,7 % des cas. Avec un étalement sur trois mois, l'écart médian atteint 2,2 % de capital en plus pour un portefeuille 100 % actions.

👩‍🏫 Comment ça marche

L'argent que vous n'avez pas encore investi ne touche pas la prime de risque des actions. Plus la part actions de votre portefeuille est grande, plus attendre va vous coûter cher. Rien de fou-fou, c'est un simple coût d'opportunité.

⚠️ Les risques

Dans les 5 % des scénarios les plus défavorables, c'est l'étalement qui gagne, de 3,6 % pour un portefeuille tout en actions (c'est une probabilité, mais faible). Vanguard conclut d'ailleurs qu'une épargnante ou un épargnant ayant une grande aversion aux pertes a raison de préférer l'étalement sur trois mois, qui coûte peu et surtout, qui rend le passage à l'acte possible. En gros, il faut que vous soyez à l'aise, c'est tout. Ne cherchez pas la solution miracle.

À noter : tout ceci concerne une somme reçue d'un coup, un héritage ou une prime par exemple. Vos versements mensuels réguliers relèvent d'une autre logique.

Entre 1980 et 2025, le S&P 500 subit une baisse moyenne de 14,2 % en cours d'année. Sur ces 46 années, 35 se terminent malgré tout en positif, avec un rendement annuel moyen de 10,7 % hors dividendes.

2025 illustre bien le mécanisme. L'indice termine à +17,88 % après être tombé de près de 19 % au printemps suite à l'annonce des droits de douane américains. Est-ce que ce sera toujours comme ça sur les 40 prochaines années ? No idea, mais la probabilité est élevée.

Avant de passer à la suite, place à notre second partenaire du jour qui vous offre une action pour toute ouverture de compte.

Hartford Funds a calculé, sur le S&P 500 entre 1996 et 2025, ce que coûte le fait de rater les meilleures journées. 10 000 $ investis en 1996 et laissés tranquilles valent 192 167 $ fin 2025. En ratant les dix meilleures séances, il en reste 85 490, soit 56 % de moins.

76 % des meilleures séances se produisent pendant un marché baissier ou dans les deux premiers mois d'un rebond. La meilleure journée de toute l'année 2025 tombe par exemple le 9 avril, en plein milieu de la panique.

Comme disait notre cher Warren : "Be greedy when others are fearful."

⚠️ Les risques

Mais attention ! Ce chiffre ne raconte que la moitié de l'histoire. Bank of America a testé les deux sens.

D'abord, ils ont retiré les dix meilleurs jours de bourse de chaque décennie depuis 1930. Résultat : un investissement resté en bourse tout ce temps rapporte beaucoup moins, sa valeur finale passe de 19 975 % à seulement 45 % de gain.

Ensuite, ils ont fait l'inverse : retirer les dix pires jours de chaque décennie. Là, le gain final grimpe à 4 275 143 %.

La morale de l'histoire, c'est que les mauvais jours coûtent bien plus cher que les bons jours ne rapportent. Et personne ne peut choisir à l'avance lesquels éviter : les meilleurs et les pires jours de bourse arrivent presque toujours ensemble, en pleine tempête boursière. Impossible de garder les uns sans risquer de perdre les autres. Donc, ben le mieux est souvent de rester investi et d'investir régulièrement, c'est tout.

🎯 L'essentiel : les frais et les dividendes peuvent modifier vos résultats finaux de plusieurs dizaines de pour cent, sans jamais apparaître dans le rendement affiché (of course).

À 8 % brut par an sur 30 ans, 1000 € deviennent 9063 €. À 7 % net de frais, ils deviennent 7454 €. Vous conservez 74,1 % de ce que vous auriez eu. Deux points de frais en coûtent 45,1 %. Pour rappel, vous pouvez utiliser notre calculatrice pour simuler ces frais.

📊 En chiffres

L'Observatoire des produits d'épargne financière situe la moyenne du marché à 0,88 % de frais annuels sur les unités de compte d'assurance vie, et à 1,08 % en gestion pilotée contre 0,79 % en gestion libre. À cela s'ajoutent les frais du support. Le coût récurrent moyen d'un ETF actions était de 0,29 % en 2025, environ six fois moins que la moyenne des fonds actions. Un ETF, ou Exchange Traded Fund, est un fonds qui réplique un indice au lieu de sélectionner des titres.

En quoi ça vous concerne

Un contrat d'assurance vie en gestion pilotée sur fonds actifs coûte facilement 2,8 % par an tout compris dans beaucoup de banques traditionnelles. Le même en gestion libre sur ETF via PEA ou ETF tourne autour de 0,2 % à 0,4 % selon les ETF.

L'écart de plus de deux points représente presque la moitié du capital au bout de 30 ans…

💡 C'est aussi pour ça qu'on a lancé Money Buddy, pour vous redonner de la liberté et payer moins de frais. Je vous rappelle que vous avez 25 € de réduction sur l'abonnement annuel avec le code BACKTOSNOW25. 👉 Par ici pour en profiter

Les scorecards SPIVA de S&P Dow Jones Indices comparent chaque année les fonds gérés activement à leur indice. Dans la plus grosse catégorie européenne — les fonds actifs actions Monde libellés en euros — 98 % font moins bien sur dix ans.

En France, les gérants de la catégorie "Actions françaises" sous-performaient à 84,5 % au premier semestre 2024, après 89,5 % en 2023.

Pour traduire, si vous débutez, ces gestionnaires vont choisir d'investir dans telle ou telle action à votre place. Donc si on résume, payer quelqu'un pour choisir vos actions à votre place ne garantit presque jamais un meilleur résultat qu'un placement qui suit simplement le marché, sans intervention humaine, dans de bons vieux ETF.

Le CAC 40 démarre à 1000 points le 31 décembre 1987. Le 2 juillet 2026, sa version dividendes réinvestis atteint un record absolu à 28 173 points, quand l'indice classique reste sous son sommet de février, à 8508 points. Annualisé : 5,72 % par an pour l'indice classique, 9,06 % de dividendes réinvestis. Un écart de 3,3 points chaque année pendant 38 ans.

💡 Pour rappel, quand une action de 100 € verse un dividende de 5 € par exemple, le cours va chuter immédiatement de 5 € une fois le dividende versé ; elle passera donc à 95 €. Un dividende versé, c'est un peu comme si on vous forçait à vendre une partie de votre action.

🎯 L'essentiel : votre rendement dépend autant de vos dates d'entrée et de sortie que du produit que vous détenez.

Morningstar mesure chaque année l'écart entre la performance des fonds et celle réellement encaissée par leurs porteurs, une fois pris en compte le calendrier de leurs versements et retraits.

Depuis le lancement des ETF bitcoin au comptant en janvier 2024 jusqu'au 30 juin 2026, les fonds affichent 8,5 % par an. Leurs porteurs affichent environ -5,8 % par an. Quatorze points d'écart, sur le même produit et sur la même période ! Ouch. Et aucuns frais cachés là-dedans en plus. La différence vient tout simplement des dates : les gens sont entrés après les fortes hausses et sortis pendant les baisses. Classique, mais la pire chose à faire.

Cela dit, cette mesure est contestée depuis 2026. Une étude du Financial Analysts Journal reprend le même échantillon et conclut que le mauvais timing ne coûterait que 0,10 % par an en moyenne, le reste étant un effet mécanique lié à la croissance des encours dans un marché haussier. Le cas des ETF bitcoin reste spectaculaire. L'écart moyen sur l'ensemble des fonds est probablement très surestimé.

Brad Barber et Terrance Odean ont analysé les comptes de 66 465 foyers américains chez un courtier entre 1991 et 1996. Les foyers qui font le plus de transactions dégagent 11,4 % par an net, ceux qui en font le moins 18,5 %. Le marché fait 17,9 % sur la période.

Attention, ça ne veut pas forcément dire qu'ils choisissent moins bien. En effet, la performance brute des deux groupes est quasiment identique. L'écart vient entièrement des frais de courtage ou encore de la fiscalité.

La même équipe a mesuré une différence par genre en 2001. Les hommes réalisent 45 % de transactions de plus que les femmes, ce qui ampute leur rendement net de 2,65 points par an. L'étude ne dit pas que les femmes choisissent mieux, leur performance brute est équivalente. Elles font juste face à moins de frais et moins de fiscalité.

Morale de l'histoire : arrêtez de vouloir en faire trop, trop souvent. Laissez dormir votre portefeuille tranquille.

Nous avons refait ce calcul aussi. 200 € par mois pendant 40 ans à 7 % annuels, cela fait 96 000 € versés et environ 500 000 € à l'arrivée. Soit plus de 80 % du capital final que vous n'avez jamais versé.

C'est assez contre-intuitif, car nous sommes face à une exponentielle. La première décennie ajoute environ 30 000 €, la quatrième environ 280 000 €. Les dix dernières années produisent plus que les trente premières réunies.

Commencer à 25 ans plutôt qu'à 35 rapporte 280 968 € de plus, pour 24 000 € versés en plus. Et démarrer à 45 ans donne 104 185 € à 65 ans, dont 56 185 € via les intérêts. Commencer tôt est idéal, oui, mais commencer à 50 ans reste largement préférable à ne pas commencer du tout.

C'est marrant, car quelques-unes des statistiques (qui sont d'ailleurs très populaires) sont incomplètes ou contestées. Le graphique des meilleures journées circule depuis quinze ans sans jamais mentionner sa version symétrique par exemple.

Il existe même une stat' inventée qui tourne toujours sur les réseaux : celle qui prétend que les meilleurs comptes de Fidelity (une banque américaine) appartenaient à des clients morts ou ayant oublié leur mot de passe. Personne n'a jamais retrouvé cette étude et Fidelity a confirmé qu'elle n'existe pas. Elle est pourtant reprise partout. 😅

C'est aussi ça qui est compliqué avec les finances personnelles (mais pas que, tous les sujets en fait) : vous cherchez un repère solide, vous tombez sur dix chiffres qui se contredisent, et du coup vous restez sur votre Livret A. Une réaction assez saine, au fond.

Mais justement, on est là pour ça : pour vous aider à décrypter cet univers afin de prendre les décisions les plus éclairées.

Si vous ne retenez qu'une chose de cette édition : la durée fait plus pour vous que le point d'entrée, et les frais font plus contre vous que la volatilité.

Comme d'hab', si vous avez des questions, vous pouvez répondre à ce mail.

Bonne soirée à toutes et à tous et à très vite.

Yoann ❤️