
📈 5 500 000 % de rendement ? La fin du règne du king Buffett
60 ans de carrière, quelles leçons en retenir ?
👩🏫
Ce que vous allez apprendre dans cet article
⏱️ Temps de lecture : 18 minutes
Hello Snowballers,
J'espère que vous allez bien. Bonne année à tous celles et ceux à qui je n'ai pas encore pu la souhaiter ! Je vous souhaite le meilleur pour l’année 2026, année du cheval de feu en astrologie chinoise, qui représente la vitalité, la réussite (après un travail acharné), le mouvement et l’audace. C'est ce qui pourrait un peu résumer la vie de Warren Buffett, d'ailleurs, qui vient de lâcher les rênes de Berkshire Hathaway pour les donner à Greg Abel.
Si vous aviez investi 1000 dollars dans Berkshire Hathaway en 1965 et les aviez laissés tranquillement fructifier pendant 60 ans, vous posséderiez aujourd'hui un peu plus de 55 millions de dollars. Soit un rendement cumulé de 5 500 000 %. Rien que ça... On va justement parler de Warren Buffett aujourd'hui. Ses débuts, sa carrière, ses principes et comment vous pourriez les appliquer en tant qu'investisseuses et investisseurs particuliers.
D'ailleurs, petit fun fact, le nom Snowball a été inspiré par la biographie de Warren Buffet intitulée The Snowball: Warren Buffett and the Business of Life.
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Comme toujours, il existe un risque de perte en capital. Diversifiez bien vos investissements et n'oubliez pas de créer votre épargne de sécurité.
5 500 000 % de rendements cumulés...
Ce chiffre est tellement absurde qu'il en devient presque abstrait. Et pourtant, c'est la réalité du parcours de Warren Buffett, l'homme qu'on surnomme "l'Oracle d'Omaha". Début 2026, à 95 ans, il vient de passer le flambeau de CEO de Berkshire Hathaway à Greg Abel, tout en restant président du conseil d'administration. Son empire ? Une capitalisation boursière via Berkshire Hathaway qui a franchi les 1000 milliards de dollars en 2024. Une première pour une entreprise non tech américaine. Voici un aperçu de la performance depuis la fin des années 90 :
Mais au-delà des chiffres vertigineux, l'histoire de Warren Buffett est surtout celle d'un p'tit jeune du Nebraska qui a compris très tôt quelque chose que la plupart des gens mettent une vie entière à saisir. Ou ne saisissent jamais d'ailleurs, malheureusement...
Warren Edward Buffett est né le 30 août 1930 à Omaha, Nebraska, aux US, en pleine Grande Dépression. Son père, Howard, est courtier en valeurs mobilières (les actions et les obligations sont des valeurs mobilières) avant de devenir membre du Congrès américain. Sa mère, Leila, est décrite comme une femme exigeante, parfois très dure.
Cette dynamique familiale assez froide fait de Warren un garçon avec un tempérament réservé et une capacité d'introspection qui le poussent à se réfugier dans le monde rassurant des chiffres et des livres. La famille est loin d'être pauvre, mais la Grande Dépression va faire que Warren va développer une conscience assez aiguë de la valeur de l'argent. Son grand-père Ernest tenait une épicerie à Omaha, où Warren travaillera plus tard (encore un petit taff qui a dû forger son tempérament).
Dès son plus jeune âge, Warren manifeste une fascination (obsession ?) pour l'argent et les chiffres. À 6 ans, il revend des chewing-gums et des bouteilles de Coca-Cola dans son quartier, calculant avec précision sa marge. À 11 ans, il réalise son premier investissement en bourse : trois actions de Cities Service Preferred à 38 $ chacune. Il les revend à 40 $, empochant un mini profit de 6 $ (il faut bien commencer quelque part). Mais quelques semaines plus tard, l'action atteint 200 $. Il aurait donc pu gagner près de 500 $ s'il avait un peu attendu. Première leçon, et peut-être la plus importante de sa vie (et de votre vie d'investisseuse ou investisseur aussi) : la patience paie.
À 13 ans, il livre des journaux tout en disant à un peu tout le monde qu'il sera millionnaire à 30 ans. Il déduit même son vélo de 35 $ de ses impôts comme "frais pro" (oui, en 1944, tout citoyen américain gagnant plus de 500 $ par mois, mineur ou pas, devait déclarer ses revenus au fisc). À 14 ans, avec 1200 $ d'économies, il achète de 40 acres de terrains agricoles (environ 16 hectares) qu'il loue à un exploitant agricole (il dira plus tard que finalement il n'aimait pas trop l'immo pour des raisons que je trouve évidentes dans cette vidéo). À la fin du lycée, il a déjà amassé près de 10 000 dollars (environ 200 000 $ d'aujourd'hui). Une fortune pour un adolescent que ce soit dans les années 40 ou aujourd'hui.
Pour terminer, parlons d'un livre qu'il a découvert à 7 ans à la bibliothèque d'Omaha et qui va le marquer à vie : "One Thousand Ways to Make $1,000" (1000 façons de gagner 1000 $). Il le dévore, le relit, et commence à calculer obsessionnellement ce que chaque dollar pourrait devenir s'il était investi puis réinvesti. La petite boule de neige avait déjà commencé à rouler...
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Buffett tente d'intégrer Harvard Business School, mais il est viré après un entretien de seulement 10 minutes. Cet échec apparent s'avère être la meilleure chose qui lui soit arrivée. Il découvre que Benjamin Graham, le père du value investing (investir dans des entreprises de qualité sous-valorisées), enseigne à Columbia Business School. Il s'y inscrit immédiatement et obtient son master en économie en 1951.
Graham lui enseigne des principes révolutionnaires pour l'époque : considérer les actions comme des parts d'entreprises réelles, ignorer les fluctuations irrationnelles du marché (qu'il personnifie sous le nom de Mr Market), acheter uniquement quand le prix est significativement inférieur à la valeur intrinsèque. Cette "marge de sécurité" deviendra le mantra de Buffett tout au long de sa longue carrière. Comme quoi, il existe souvent (toujours ?) un mal pour un bien...
Mais un autre problème taraudait le jeune Warren : il était (comme beaucoup d'entre nous) terrifié à l'idée de parler en public. Il savait que ce handicap pourrait freiner sa carrière. Alors il a fait ce que peu de gens font : il s'est inscrit au cours d'expression orale de Dale Carnegie (le fameux auteur du livre "How to Win Friends and Influence People" ou "Comment se faire des amis" en français. Cette formation l'a apparemment transformé. Aujourd'hui encore, il nous dit que ce diplôme est l'un des plus précieux de sa vie.
Après Columbia, il travaille pour Ben Graham à New York, pour perfectionner ses techniques d'analyse. Pendant ses allers-retours entre Omaha et New York, il logeait gratuitement chez la mère d'un de ses amis pour éviter de payer l'hôtel. Chaque dollar compte (un peu 🐀 quand même notre cher Warren 😅). Puis, en 1956, à 25 ans, il retourne à Omaha et crée son propre fonds d'investissement avec 100 000 $, principalement apportés par des proches (la fameuse love money comme on dit). Entre 1956 et 1969, il multiplie ce capital par 30, avec un rendement annuel moyen de près de 30 %. Le marché, lui, fait 7 à 11 %.
Le fonds ne connaît aucune année de perte. Pas une seule. Même lors des marchés baissiers de 1957, 1962, 1966 et 1969. La boule de neige continue de grossir de plus en plus vite...
La légende de Buffett s'est construite sur quelques paris audacieux qui, avec le recul, semblent évidents. Ils ne l'étaient pas.
Déjà, parlons de Berkshire Hathaway elle-même. Pour rappel, c'est le nom de son conglomérat, mais dans les années 60, c'était une boîte textile. En 1962, Buffett commence donc à acheter des actions de cette entreprise textile en difficulté à 7,50 $ l'unité. Il passe un accord avec le président Seabury Stanton pour revendre ses parts à 11,50 $. Mais Stanton tente de l'"arnaquer" en proposant seulement 11,375 $. Furieux, Buffett décide non pas de vendre, mais d'acheter massivement jusqu'à prendre le contrôle de l'entreprise en 1965. Par vengeance. Il qualifiera plus tard cet achat émotionnel comme l'une de ses plus grandes erreurs, car le secteur textile était juste condamné. Mais il transformera cette erreur en empire en convertissant Berkshire en holding d'investissement (et puis finalement, ça fait une histoire sympa à raconter). Quelques autres deals intéressants :
American Express (1964) : un scandale de fraude à l'huile pour salade fait chuter l'action de 60 à 35 $. Tout le monde fuit. Buffett fait quelque chose d'inhabituel : il va sur le terrain. Il passe des heures dans des restaurants et des commerces à observer si les gens continuent d'utiliser leurs cartes Amex. Ils continuent. La marque est intacte. Il investit 13 millions de dollars, soit 40 % de son fonds. Son raisonnement est simple, mais brillant : le scandale n'affecte pas la relation de confiance entre Amex et ses clients. Il a raison. Son investissement initial triple en deux ans. Aujourd'hui, Berkshire détient plus de 20 % d'American Express, une position valorisée à plus de 40 milliards de dollars (au 31 mars 2025).
Coca-Cola (1988) : après le krach de 1987 et le fiasco du "New Coke", Buffett investit 1,3 milliard de dollars dans Coca-Cola. Plus de 35 ans plus tard, cette position vaut plus de 25 milliards de dollars (en 2025). Les dividendes annuels dépassent 700 millions de dollars, soit plus de 50 % du coût initial chaque année. Il n'a jamais vendu une seule action. Petit fun fact : avant cet investissement, Buffett buvait du Pepsi. En 1987, il est passé au Cherry Coke et boit depuis près de cinq canettes par jour. La légende dit qu'il n'accepte pas de manger dans des restaurants qui ne servent pas Coca-Cola (moi c'est la bière).
GEICO : l'histoire avec GEICO est peut-être la plus "romantique". En 1951, alors qu'il est encore étudiant, Buffett découvre que Benjamin Graham est au conseil d'administration de cette compagnie d'assurance auto. Un samedi matin, il prend le train pour Washington et frappe à la porte des bureaux de GEICO. Un cadre, Lorimer Davidson, accepte de lui parler pendant quatre heures. Buffett est conquis. Il investit 75 % de son patrimoine personnel dans GEICO. Erreur de jeunesse : il vend trop tôt. Mais il revient sur le dossier dans les années 70, alors que GEICO traverse une crise majeure. Il rachète massivement des actions à bas prix, puis acquiert 100 % de la société en 1996. Rendement estimé sur 40 ans : près de 48 000 %. De plus, GEICO est vraiment le moteur de Berkshire avec son modèle économique qui permet d'investir les primes d'assurances avant de devoir les sortir pour des sinistres ou générer des bénéfices (le fameux "float" comme on l'appelle dans le business).
Apple (2016-2018) : longtemps réticent à l'idée d'investir dans la tech, Buffett change d'avis. Il dit qu'il voit Apple non pas comme une entreprise tech, mais comme une entreprise de produits de consommation avec un écosystème "addictif". Entre 2016 et 2018, Berkshire investit environ 36 à 40 milliards de dollars dans Apple. La position atteint un sommet de 178 milliards de dollars en 2023 et devient sa première position. Le rendement dépasse 350 % en moins de 8 ans.
BNSF (2009) : en pleine crise financière, quand tout le monde panique, Buffett rachète l'intégralité du deuxième plus grand réseau ferroviaire américain pour 44 milliards de dollars. Depuis, BNSF a versé plus de 47 milliards de dollars de dividendes à Berkshire. Plus que le prix d'achat...
Ce qui rend Buffett fascinant, c'est le décalage entre sa fortune et son mode de vie. Il habite toujours la maison qu'il a achetée en 1958 pour 31 500 $. Il prend son petit déj chez McDo en allant au bureau.
Quand le président de Sony l'a invité à manger des sushis, il n'a pas pu en avaler un seul. 😭
Il lit 500 pages par jour selon la légende. Cinq cents.
En 2006, il annonce qu'il donnera plus de 99 % de sa fortune à des œuvres caritatives. Il cofonde "The Giving Pledge" avec Bill Gates, incitant les milliardaires à donner au moins la moitié de leur fortune.
Voici ce que 70 ans d'investissement ont appris à Warren Buffett. Des principes qu'il répète inlassablement dans ses lettres annuelles aux actionnaires, devenues de véritables manuels d'investissement et que je vais tenter de condenser ici.
Investir dans ce qu'on comprend. "Le risque vient de ne pas savoir ce que l'on fait." Buffett n'investit que dans des entreprises dont il comprend le modèle économique. C'est pourquoi il a longtemps évité la tech d'ailleurs. Quand il ne comprend pas, il passe son tour. Sans regrets. Il appelle cela son "cercle de compétence". En pratique, pour un particulier, cela signifie privilégier des secteurs ou marchés familiers, des marques utilisées au quotidien, des entreprises dont le fonctionnement est limpide. Vous comprenez comment Carrefour gagne de l'argent et vous pensez que c'est une entreprise solide en regardant ses chiffres avec une belle perspective d'évolution ? Parfait. Vous ne comprenez pas comment fonctionne une biotech qui développe une thérapie génique ? Passez probablement votre chemin ou formez-vous un minimum.
Acheter de la qualité à un prix raisonnable. Sous l'influence de Charlie Munger, Buffett a évolué. Au lieu de chercher des "mégots de cigare" (des entreprises médiocres, mais sous-évaluées), il préfère désormais acheter des entreprises extraordinaires à un prix correct. "Il vaut mieux acheter une entreprise formidable à un prix raisonnable qu'une entreprise moyenne à un prix bradé." Cherchez des entreprises avec ce qu'il appelle un "moat" (avantage concurrentiel difficile à répliquer) qui les protège de la concurrence. Une marque puissante (Coca-Cola), des brevets (ASML), des effets de réseau (Apple ou Meta), des coûts de changement élevés pour les clients (SalesForce).
Penser en décennies, pas en trimestres. "Notre horizon d'investissement préféré est pour toujours." Buffett détient Coca-Cola depuis plus de 35 ans. American Express depuis 60 ans. Il ignore les fluctuations quotidiennes. Il regarde la croissance fondamentale sur le long terme. En pratique : si vous n'êtes pas prêt à détenir une action pendant 10 ans, ne l'achetez pas pour quelques mois (sauf si vous êtes trader, mais c'est un autre job).
Être avide quand les autres sont craintifs. Ses plus gros coups ont été réalisés quand tout le monde paniquait : American Express après le scandale, Coca-Cola après le krach, BNSF pendant la crise de 2008. "Soyez craintif quand les autres sont avides, et avide quand les autres sont craintifs." La plupart des gens achètent quand tout va bien et vendent quand tout va mal. L'exact inverse de ce qu'il faudrait faire.
Garder les choses simples. Si un investissement ne peut pas être expliqué à un enfant de 8 ans, Buffett n'y touche pas. Pour les particuliers avec un risque plutôt audacieux, il recommande une stratégie encore plus simple : investir 90 % dans un ETF S&P 500 à faibles frais et 10 % en obligations d'État à court terme. Puis ne plus y toucher. C'est ce qu'il a recommandé à sa propre femme pour gérer son héritage. Si c'est assez bon pour Madame Buffett, c'est probablement assez bon pour nous. Il existe des variantes de stratégies simples évidemment selon votre profil de risque, votre âge, etc.
Ne jamais emprunter pour investir. Buffett est catégorique : l'effet de levier (investir avec de l'argent emprunté) peut transformer une bonne idée en catastrophe. "Si vous êtes intelligent, vous n'avez pas besoin d'emprunter. Si vous êtes stupide, vous n'avez pas le droit d'emprunter." Même les meilleurs investisseurs peuvent se tromper. L'effet de levier amplifie les erreurs autant que les succès. C'est évidemment différent pour l'immobilier et moins risqué que pour les obligations (même si in fine, c'est tout de même plus risqué selon moi).
Contrôler ses émotions. "Le succès en investissement ne dépend pas du QI. Ce qu'il faut, c'est un tempérament qui permet de contrôler les impulsions qui mettent les autres en difficulté." La Bourse est un mécanisme de transfert de richesse des impatients vers les patients, nous dit Buffett, et c'est tout à fait vrai. Les décisions prises sous le coup de l'émotion sont presque toujours mauvaises.
Se former avant d'agir. Buffett lit 500 pages par jour. Pas parce qu'il s'ennuie, mais parce que chaque page lue augmente sa compréhension du monde et réduit son risque. "Plus vous apprenez, plus vous gagnez." Avant d'investir dans quoi que ce soit, lisez. Comprenez. Et si vous ne comprenez toujours pas après avoir lu, n'investissez pas. Si vous lisez Snowball, c'est déjà une bonne chose. Et c'est d'ailleurs pour ça qu'on vous parle de plein de sujets divers et variés dans Snowball+ et Snowball Insights. Pour mieux comprendre le monde qui nous entoure.
Limiter le nombre de décisions. Buffett compare l'investissement à une carte de 20 coups de poing. Vous n'avez droit qu'à 20 investissements dans votre vie. Pas un de plus. Cette contrainte mentale force à être extrêmement sélectif. En pratique : ne multipliez pas les lignes en portefeuille. Concentrez-vous sur quelques positions que vous comprenez vraiment.
Ne jamais risquer une perte permanente de capital. "Règle numéro 1 : ne jamais perdre d'argent. Règle numéro 2 : ne jamais oublier la règle numéro 1." Cela ne signifie pas éviter toute perte temporaire (les marchés fluctuent), mais éviter les investissements qui peuvent vous ruiner définitivement : entreprises frauduleuses, secteurs que vous ne comprenez pas, paris spéculatifs.
Après avoir dit tout cela, soyons honnêtes : personne ici ne répliquera le parcours de Buffett. Et ce n'est pas grave.
D'abord, parce que son contexte était unique. Il a commencé à investir dans les années 1950, dans une Amérique en pleine expansion, avec un accès privilégié à l'information via le bureau de courtage de son père (aujourd'hui l'info est accessible à toutes et à tous donc plus difficile d'aller plus vite que la concurrence). Il a étudié directement auprès de Benjamin Graham. Il a consacré chaque heure de sa vie à analyser des entreprises. C'était son métier. Son obsession.
Ensuite, parce que ses ressources sont incomparables. Avec le "float" d'assurance de Berkshire (les primes encaissées, mais pas encore versées en sinistres), il dispose de centaines de milliards de dollars de capital "gratuit" pour investir. Quand une opportunité se présente, il peut écrire un chèque de 40 milliards.
Enfin, parce que nous sommes tous différents. Nous avons des emplois, des familles, des contraintes. Nous n'avons pas 500 pages de temps de lecture quotidien. Nous ressentons la peur et l'euphorie. Nous vendons parfois au mauvais moment. C'est normal. Mais si on peut s'inspirer un peu de Warren, c'est déjà pas mal.
L'héritage de Buffett pour les investisseurs particuliers n'est pas une méthode à copier. C'est une philosophie à adopter.
Investir régulièrement, quel que soit l'état du marché. Réinvestir les dividendes ou les gains. Choisir des placements simples et peu coûteux, comme les ETF. Ignorer le bruit médiatique. Résister à la tentation de "timer" (prévoir) le marché. Rester dans son cercle de compétence. Penser en décennies, pas en mois.
Et surtout, comprendre que la richesse se construit avec le temps. Buffett lui-même le dit : 99 % de sa fortune a été accumulée après ses 50 ans. La patience et les intérêts composés font le reste (le fameux effet boule de neige).
Il aime comparer l'investissement à la possession de 20 tickets à gratter pour toute une vie. Pas plus. Alors autant ne pas les gaspiller sur des coups de poker.
À 95 ans, Warren passe la main. Mais ses leçons, elles, traverseront les générations. Pas besoin d'être un génie. Pas besoin d'avoir des milliards. Il suffit de commencer, de rester discipliné, et de laisser le temps faire son œuvre.
Comme il le dit si bien : « Quelqu'un s'assoit à l'ombre aujourd'hui parce que quelqu'un d'autre a planté un arbre il y a longtemps. »
Il est peut-être temps de planter le vôtre.
Comme toujours, si vous souhaitez réagir ou si vous avez des questions, n’hésitez pas à répondre à ce mail.
Excellente soirée !
Yoann ❤️