
đ 6Â % par an fixe en investissant dans Apple ?
Le monde peu connu des obligations
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Ce que vous allez apprendre dans cet article
â±ïžÂ Temps de lecture : 19 minutes
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đïž Vous connaissez le livret A, l'assurance vie, le PEA⊠mais avez-vous dĂ©jĂ vraiment compris l'investissement immobilier collectif ? C'est l'une des solutions d'Ă©pargne les plus mĂ©connues en France (seuls 27 % des Ă©pargnants dĂ©clarent connaĂźtre ce placement*) et pourtant l'une des plus concrĂštesâŠ
Ăpargner utile, investir durable. L'idĂ©e de l'investissement immobilier collectif est simple : plutĂŽt que d'acheter seul un appartement (avec l'apport, le crĂ©dit, le notaire et la gestion que ça implique, souvent trĂšs chronophage), vous investissez Ă plusieurs dans une sociĂ©tĂ© qui dĂ©tient un portefeuille d'immeubles gĂ©rĂ©s par des pros. Bureaux, commerces, logistique, Ă©tablissements de santĂ©, rĂ©sidences Ă©tudiantes, logements : votre Ă©pargne finance des actifs bien rĂ©els, utiles aux territoires, et contribue directement Ă l'Ă©conomie rĂ©elle. Pourquoi câest intĂ©ressant ? đ Un ticket d'entrĂ©e accessible. Pas besoin d'un apport consĂ©quent : lĂ oĂč l'achat d'un bien en direct demande en moyenne 70 000 ⏠d'apport**, l'immobilier collectif permet de dĂ©marrer avec quelques centaines d'euros. Une façon de se constituer un patrimoine progressivement, Ă son rythme. đïž ZĂ©ro contrainte de gestion. Pas de locataire Ă trouver, pas de travaux Ă superviser, pas d'impayĂ©s aprĂšs lesquels courir. đ Une diversification impossible Ă reproduire seul. En un seul placement, vous accĂ©dez Ă des dizaines, voire des centaines d'actifs, rĂ©partis sur plusieurs secteurs et plusieurs pays europĂ©ens. Si un locataire s'en va, l'impact sur l'ensemble reste limitĂ© (donc l'inverse exact d'un studio unique louĂ© Ă une seule personne). đïž Un cadre reconnu et encadrĂ©. Ce ne sont pas des produits nouveaux ou expĂ©rimentaux : l'immobilier collectif existe depuis des dĂ©cennies et il s'appuie sur des actifs tangibles immobiliers. En gros : l'immobilier collectif n'est rĂ©servĂ© ni aux personnes les plus riches ni aux plus expertes. C'est une brique d'Ă©pargne de plus Ă comprendre avant de dĂ©cider si elle a sa place dans votre stratĂ©gie (au mĂȘme titre que les autres enveloppes dont on parle rĂ©guliĂšrement ici).
â ïž Contenu en collaboration commerciale avec lâASPIM ("Ăpargner utile, investir durable"). Comme tout placement, l'investissement immobilier collectif comporte des risques : risque de perte en capital, risque de change et d'investissement Ă l'Ă©tranger, risque de liquiditĂ© (revendre ses parts n'est pas instantanĂ©) et risque liĂ© au marchĂ© immobilier. Les performances passĂ©es ne prĂ©jugent pas des performances futures, et les revenus comme le capital ne sont pas garantis. Avant tout investissement, consultez la documentation rĂ©glementaire et assurez-vous que cette solution est adaptĂ©e Ă votre situation. *Source Norma Capital/Occurrence IFOP â Ătude du 30/01 au 10/02/2025. **Il sâagit dâune mĂ©diane sur la base des recommandations des banques et sociĂ©tĂ©s de crĂ©dit. Lâapport recommandĂ© se situe entre 15 % et 20 %.
Ici Yoann, jâespĂšre que vous allez bien.
Vous le savez certainement, actuellement, les taux d'intĂ©rĂȘt sont Ă©levĂ©s pour combattre une inflation (hausse des prix) qui peine Ă ralentir.
Vous savez ce qui se passe quand les taux d'intĂ©rĂȘt grimpent ? Le cours des obligations chute. C'est quoi une obligation d'ailleurs ? C'est simplement une forme de prĂȘt.
Actuellement, avec des taux d'intĂ©rĂȘt Ă©levĂ©s et des moyens d'investir dans des obligations individuelles bien plus simples qu'il y a quelques annĂ©es, vous pouvez par exemple investir dans des obligations Apple qui arrivent Ă Ă©chĂ©ance en mai 2045 avec un rendement de 6 % (2000 ⏠investis aujourd'hui se transformeraient en 4227 ⏠en 2045 au taux de change actuel, soit +111 % environ). Not bad. On va creuser tout ça aujourd'hui pour vous aider Ă y voir plus clair et Ă©viter les piĂšges.
Ă la fin, vous saurez comment investir concrĂštement dans des obligations individuelles.
Ah, et si vous avez raté le Snow Report de dimanche, voici de quoi on a parlé :
âš Cloudflare souhaite construire le pĂ©age pour les agents IA sur le web. Est-ce intĂ©ressant d'investir dans son action ? On a tentĂ© de rĂ©pondre Ă cette question dans le Snow Report de dimanche dernier. On a Ă©galement parlĂ© des investissements intĂ©ressants en pĂ©riode de forte inflation (dont les obligations d'ailleurs). Et pour terminer, on a analysĂ© le nouveau relais de croissance d'HermĂšs : les banlieues amĂ©ricaines. đ Par ici pour lire l'article (essai gratuit de deux semaines). đ Pour retrouver toutes les actions que nous avons analysĂ©es depuis 6 ans (portefeuille en hausse de +147 %), c'est ici.Â
Yoann â€ïž
Avant de se lancer dans le vif du sujet, on va commencer par expliquer ce qu'est une obligation. Et pour ça, je vais simplement m'appuyer sur une édition que j'ai rédigée il y a plus de trois ans déjà .
Tout comme les particuliers, les sociĂ©tĂ©s et les gouvernements ont besoin dâemprunter de lâargent pour financer leurs projets.
Ils et elles peuvent emprunter directement Ă des banques en faisant tout simplement des prĂȘts, comme vous pourriez faire pour une maison ou une voiture, mais il existe une autre solution : emprunter de lâargent en Ă©mettant des obligations sur les marchĂ©s financiers.
Ainsi, des centaines, voire des milliers dâinvestisseuses et investisseurs prĂȘtent chacun une portion du montant recherchĂ©.
Une obligation est donc un titre de dette Ă©mis par une entreprise ou un Ătat donnant droit Ă lâinvestisseur au versement dâun intĂ©rĂȘt annuel appelĂ© "coupon" et au remboursement du titre Ă lâĂ©chĂ©ance. Le montant de ce coupon et lâĂ©chĂ©ance de lâobligation sont fixĂ©s dĂšs le dĂ©part et donc connus de lâinvestisseur au moment de la souscription.
Partons sur un exemple simple avant de rentrer dans les détails plus techniques :
- Imaginez que vous ĂȘtes une entreprise et que vous cherchez Ă emprunter 10 000 ⏠pour acheter une machine.
- Vous allez Ă©mettre dix obligations de 1000 ⏠avec un taux dâintĂ©rĂȘt de 10 % par an (le coupon) dont lâĂ©chĂ©ance est dans 24 mois (au bout de 24 mois, le capital est remboursĂ©).
- Dix personnes vont donc "acheter" ces obligations. Pour faire simple, câest comme si elles vous prĂȘtaient chacune 1000 ⏠via lâachat de ces obligations.
- Chaque obligation donne droit Ă 10 % dâintĂ©rĂȘt par an (le coupon). Cela signifie donc que chaque personne va recevoir 100 ⏠la premiĂšre annĂ©e (10 % de 1000 âŹ) puis 100 ⏠la deuxiĂšme annĂ©e.
- Au bout des 24 mois, vous rĂ©cupĂ©rez le dernier coupon (donc 100 âŹ), mais aussi les 1000 ⏠initialement investis (le capital prĂȘtĂ©).
- Vous aurez donc gagné 200 ⏠en tout au bout de 24 mois.
Les obligations sont thĂ©oriquement moins risquĂ©es que les actions, car si vous en achetez au dĂ©but (lors de lâĂ©mission) et que vous attendez lâĂ©chĂ©ance, vous ĂȘtes alors certains de rĂ©cupĂ©rer votre mise initiale (le montant prĂȘtĂ©) + les intĂ©rĂȘts.
Sauf que ce nâest pas si simple :
- Il existe diffĂ©rents types dâobligations avec des niveaux de risques diffĂ©rents. Si une entreprise ou un Ătat fait faillite, vous pouvez tout perdre.
- Il est souvent difficile dâobtenir des obligations dâĂtat (risque trĂšs faible selon les Ătats) lors de lâĂ©mission de ces derniĂšres.
- Le prix des obligations sur le marchĂ© secondaire varie selon les taux dâintĂ©rĂȘt, donc si vous vendez une obligation avant Ă©chĂ©ance, ben vous pouvez perdre une partie du capital investi si jamais son cours est en dessous du prix d'achat.
En 2023, j'Ă©crivais qu'il n'Ă©tait pas simple dâacheter des obligations directement sur le marchĂ© secondaire, mais grĂące Ă de nouveaux acteurs, c'est maintenant bien plus simple (on en parle plus loin).
Taux d'intĂ©rĂȘt : le rendement d'une obligation est Ă©troitement liĂ© aux taux d'intĂ©rĂȘt du marchĂ©. Lorsque les taux d'intĂ©rĂȘt augmentent, le rendement des obligations nouvellement Ă©mises augmente Ă©galement.
ĂchĂ©ance : l'Ă©chĂ©ance de l'obligation est Ă©galement un facteur important. En gĂ©nĂ©ral, plus l'Ă©chĂ©ance est longue, plus le rendement est Ă©levĂ©. Cela s'explique par le fait que les investisseurs sont exposĂ©s Ă un risque plus Ă©levĂ© sur une pĂ©riode plus longue et exigent donc une prime de risque pour dĂ©tenir ces obligations. Imaginez que vous empruntez Ă une PME via lâachat dâobligations. Une obligation remboursĂ©e dans un an comporte beaucoup moins de risques quâune obligation remboursĂ©e dans 20 ans. En effet, il y a beaucoup plus de chances que lâentreprise fasse faillite dâici 20 ans que dâici un an. Logique.
Notation de crĂ©dit (le risque liĂ© Ă lâemprunteur) : la notation de crĂ©dit de l'Ă©metteur de l'obligation est un indicateur de sa solvabilitĂ© et de sa capacitĂ© Ă rembourser ses dettes. Les agences de notation attribuent des notes en fonction de divers facteurs, tels que la situation financiĂšre de l'Ă©metteur et la qualitĂ© de ses actifs. Les obligations Ă notation infĂ©rieure offrent gĂ©nĂ©ralement un rendement plus Ă©levĂ© pour compenser le risque de crĂ©dit plus Ă©levĂ©. Par exemple, il est plus risquĂ© dâemprunter Ă un pays en voie de dĂ©veloppement quâaux Ătats-Unis. Les obligations de ce pays auront donc un taux plus Ă©levĂ© pour attirer les investisseurs malgrĂ© le risque.
LiquiditĂ© : la liquiditĂ© d'une obligation est liĂ©e Ă la facilitĂ© avec laquelle elle peut ĂȘtre achetĂ©e ou vendue sur le marchĂ©. Les obligations plus liquides sont gĂ©nĂ©ralement moins risquĂ©es, car les investisseurs peuvent facilement les vendre en cas de besoin. Par consĂ©quent, les obligations moins liquides offrent souvent un rendement plus Ă©levĂ© pour compenser ce risque.
Sur le marchĂ© secondaire, le rendement dâune obligation peut aussi ĂȘtre affectĂ© par lâoffre et la demande. On en parlera un peu plus loin.
Avant de passer à la suite, place à un partenaire qui devrait intéresser celles et ceux qui aimeraient se lancer dans la location courte durée type Airbnb.
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đ  J'ai dĂ©couvert rĂ©cemment le travail de Martin, le fondateur d'ImmoInsolite, et une approche de l'immo locatif originale que jâaime beaucoup. Je vais vous raconter l'histoire de Nina, qui est cliente d'ImmoInsolite.
Nina a 36 ans, elle est infirmiĂšre en CDI et n'avait aucune expĂ©rience en immobilier. Son objectif : se constituer un patrimoine et gĂ©nĂ©rer des revenus complĂ©mentaires. ImmoInsolite l'a accompagnĂ©e de A Ă Z pour lancer son premier projet : un appartement de 102 mÂČ Ă Dreux, transformĂ© en location courte durĂ©e atypique et immersive. Les chiffres ? CoĂ»t total du projet : 165 500 ⏠(frais de notaire, travaux et amĂ©nagement compris), pour un chiffre d'affaires brut mensuel moyen de 3937 ⏠en 2026 (soit une rentabilitĂ© brute annualisĂ©e de 28,5 %). Nina est aujourd'hui SuperhĂŽte sur Airbnb, et grĂące Ă une gestion largement automatisĂ©e de son logement, elle lance dĂ©jĂ son second projet avec eux. Ce que jâaime bien avec le modĂšle ImmoInsolite, c'est qu'il se situe Ă mi-chemin entre la formation thĂ©orique (souvent creuse) et l'investissement 100 % clĂ© en main (oĂč on apprend forcĂ©ment moins). En gros, voici leur offre : đșïž Un accompagnement de A Ă Z. Localisation, recherche du bien, financement, conception, travaux, marketing, exploitation et automatisation : chaque Ă©tape est structurĂ©e et encadrĂ©e. đš Une vraie diffĂ©renciation. L'idĂ©e n'est pas d'acheter un studio lambda, mais de transformer des logements classiques en expĂ©riences immersives qui se dĂ©marquent sur le marchĂ© de la location courte durĂ©e (ce qui tire forcĂ©ment la rentabilitĂ© vers le haut). đ€ Un rĂ©seau d'experts mobilisĂ© quand il le faut. Courtier, fiscaliste, architecte⊠vous n'ĂȘtes pas seul face aux Ă©tapes techniques, et vous apprenez en faisant plutĂŽt que de tout dĂ©lĂ©guer. đ¶ RĂ©concilier patrimoine et cash-flow. Vous investissez "dans la pierre" (donc vous construisez un patrimoine tangible) tout en visant un cash-flow mensuel rĂ©el, lĂ oĂč beaucoup d'investissements obligent Ă choisir entre les deux. đĄïž Une garantie solide. Si, aprĂšs les douze premiers mois d'exploitation effective du projet, le cash-flow mensuel moyen est infĂ©rieur Ă 500 âŹ/mois, ImmoInsolite rembourse le prix de l'accompagnement. Si l'investissement locatif vous tente, ils partagent le dossier complet du projet de Nina : budget, financement, travaux, charges et revenus.
â ïž Contenu en collaboration commerciale. Comme tout investissement immobilier, un projet locatif comporte des risques : vacance locative, dĂ©passement de budget travaux, Ă©volution de la rĂ©glementation sur la location courte durĂ©e (qui se durcit dans de nombreuses villes), et risque de perte en capital. Les chiffres prĂ©sentĂ©s (rentabilitĂ©, cash-flow) correspondent Ă un cas client rĂ©el et ne prĂ©jugent pas des performances de votre propre projet. L'effet de levier du crĂ©dit amplifie les gains comme les pertes.
Prix dâĂ©mission : le prix de lâobligation lorsquâelle a Ă©tĂ© vendue pour la premiĂšre fois aux crĂ©diteurs.
Prix de remboursement : le montant que vous recevez Ă lâĂ©chĂ©ance. En gĂ©nĂ©ral, il est Ă©gal au prix dâĂ©mission, mais dans certains cas, il peut ĂȘtre supĂ©rieur.
Cours dâune obligation : le prix dâune obligation peut Ă©voluer en fonction de lâoffre et de la demande, et dâautres facteurs. Son prix (son cours) peut donc Ă©voluer Ă la hausse comme Ă la baisse. Exactement comme une action. Il est souvent exprimĂ© grĂące Ă ce qu'on appelle "le pair" qui est un pourcentage. Par exemple, si vous voyez un cours de 80 %, cela veut dire que si le prix d'Ă©mission Ă©tait de 100 ⏠(donc 100 %), alors le cours actuel est de 80 ⏠(80 % de 100 âŹ).
"Valeur nominale" ou "valeur faciale" ou "montant principal" : le montant initial que l'Ă©metteur de l'obligation s'engage Ă rembourser Ă l'investisseur Ă la date d'Ă©chĂ©ance. En termes trĂšs simples, c'est la somme d'argent que vous prĂȘtez Ă l'Ă©metteur de l'obligation lorsque vous achetez l'obligation (si vous achetez lors de l'Ă©mission), et c'est le montant que vous rĂ©cupĂ©rerez Ă la fin de la "vie" de l'obligation, en plus des intĂ©rĂȘts.
Le taux d'intĂ©rĂȘt nominal d'une obligation : le taux d'intĂ©rĂȘt fixe qui est payĂ© par l'Ă©metteur de l'obligation Ă l'investisseur. Il est exprimĂ© en pourcentage du montant principal de l'obligation, aussi appelĂ© "valeur nominale" ou "valeur faciale". En termes trĂšs simples, c'est le montant d'intĂ©rĂȘts que vous gagnez chaque annĂ©e en tant qu'investisseur pour dĂ©tenir cette obligation.
Par exemple, si vous achetez une obligation d'une valeur nominale de 1000 ⏠avec un taux d'intĂ©rĂȘt nominal de 5 %, vous recevrez 50 ⏠d'intĂ©rĂȘts chaque annĂ©e (5 % de 1000 âŹ) jusqu'Ă ce que l'obligation arrive Ă Ă©chĂ©ance. Ă l'Ă©chĂ©ance, vous recevrez Ă©galement le montant principal de 1000 ⏠en plus des intĂ©rĂȘts.
Le coupon : le paiement d'intĂ©rĂȘts pĂ©riodiques que l'Ă©metteur de l'obligation verse Ă l'investisseur. Le coupon est gĂ©nĂ©ralement exprimĂ© en pourcentage de la valeur nominale de l'obligation et est payĂ© annuellement ou semestriellement.
Le rendement courant : vous vous souvenez que le prix dâune obligation peut Ă©voluer ? Alors que le coupon est identique (ce que vous verse lâĂtat ou lâentreprise). Cela veut dire que le rendement peut Ă©voluer. Imaginez que vous achetez une obligation 100 ⏠à une entreprise et elle rapporte 10 % par an, donc 10 âŹ. Quelques annĂ©es aprĂšs, lâentreprise est en difficultĂ©, donc moins de personnes veulent acheter lâobligation. Son prix chute et passe Ă 50 âŹ. Quelquâun vous lâachĂšte Ă ce prix-lĂ . Le taux dâintĂ©rĂȘt nominal est toujours de 10 %, car lâentreprise verse toujours 10 ⏠par an aux dĂ©tenteurs par rapport Ă la valeur nominale de 100 âŹ, mais le rendement courant est alors de 20 % pour les nouveaux acheteurs, car ils investissent 50 ⏠et reçoivent 10 ⏠par an (10/50 * 100 = 20 %).
Maintenant que vous ĂȘtes des pros des obligations, passons aux grandes catĂ©gories d'obligations.
Il en existe certainement des dizaines, mais je ne pourrai pas ĂȘtre exhaustif aujourd'hui.
Comme les individus et les entreprises, les Ătats ont besoin dâemprunter de lâargent pour financer leur fonctionnement et pour investir dans des infrastructures et autres programmes.
Dâautant plus que depuis de nombreuses dĂ©cennies, de nombreux Ătats dĂ©pensent bien plus que ce que les impĂŽts ne leur rapportent.
Une des principales façons de se financer pour ces derniers est dâĂ©mettre des obligations qui seront pour la plupart achetĂ©es par des banques, assurances et autres fonds institutionnels qui cherchent Ă placer leur trĂ©sorerie dans des actifs avec un risque relativement faible.
Pourquoi les banques veulent prĂȘter de lâargent Ă lâĂtat ? Principalement parce quâelles savent quâelles seront remboursĂ©es. La France ne peut pas faire faillite (enfin, câest un consensus, mais on ne sait jamaisâŠ). Acheter de la dette française, câest un peu comme placer son argent dans un coffre-fort.
Plus un Ătat est solide, plus il peut emprunter de lâargent avec un taux dâintĂ©rĂȘt faible (ce nâest quâune partie de ce qui dĂ©termine le taux dâintĂ©rĂȘt).
Vu que la France traverse plusieurs crises (politique, sociale et budgĂ©taire), le taux auquel elle emprunte a explosĂ© ces derniers mois et il a mĂȘme dĂ©passĂ© les 5 % pour les obligations Ă 10 ans.
Le systĂšme est exactement le mĂȘme.
PlutĂŽt que de vendre des actions ou de faire un prĂȘt, une entreprise peut Ă©mettre des obligations pour se financer.
Actuellement, c'est un des moyens préférés des entreprises pour financer les investissements gigantesques dans l'IA :
- Amazon (mars 2026) : 37 milliards de dollars, record hors M&AÂ ;
- Meta (octobre 2025) : 30 milliards de dollars ;
- Oracle (février 2026) : 25 milliards de dollars ;
- Alphabet (août 2026) : 25 milliards de dollars.
Plus une entreprise est fragile/risquĂ©e, plus le coupon (le taux dâintĂ©rĂȘt de lâobligation) sera Ă©levĂ©.
Pour financer certains projets comme des projets écologiques (Enerfip) ou encore des meubles pour ensuite les louer (Enky), des acteurs peuvent émettre des obligations.
Je nâai pas Ă©tĂ© exhaustif pour simplifier, mais il existe dâautres types dâobligations comme des obligations dont le taux nâest pas fixe, mais variable ; des obligations convertibles qui peuvent ĂȘtre converties en actions dâune entreprise ou encore des obligations Ă coupon zĂ©ro qui ne versent les coupons quâĂ lâĂ©chĂ©ance. Mais si vous retenez les catĂ©gories principales, câest dĂ©jĂ largement suffisant, hein.
đŻ Lâessentiel : avec la remontĂ©e des taux, des obligations trĂšs solides rapportent Ă nouveau 4,5 % Ă 6 % par an si vous les gardez jusquâĂ lâĂ©chĂ©ance. Pour un investisseur en euros, le principal point de vigilance est la devise.
Pendant plus de dix ans, prĂȘter de lâargent Ă un Ătat ou Ă une grande entreprise ne rapportait presque rien. Ă lâĂ©chelle de lâHistoire, cette pĂ©riode de taux trĂšs bas Ă©tait une anomalie. Elle est terminĂ©e, comme vous le savez.
En 2026, lâinflation est repartie et la BCE (Banque centrale europĂ©enne) a remontĂ© ses taux deux fois. Son taux de dĂ©pĂŽt est Ă 2,50 % depuis le 16 septembre. Surtout, les taux longs ont bondi. LâOAT Ă 10 ans (lâemprunt de lâĂtat français) a passĂ© la barre des 5 % rĂ©cemment, une premiĂšre depuis des dĂ©cennies.
Ce sont ces taux longs qui comptent pour vous. Un Ătat ou une entreprise qui emprunte aujourdâhui doit proposer un rendement proche du marchĂ©. Et les anciennes obligations, Ă©mises quand les taux Ă©taient bas, voient leur prix baisser pour sâaligner (c'est pour ça que quand les taux grimpent, le cours des obligations chute).
Comme je le disais, une obligation est un prĂȘt. Vous recevez des intĂ©rĂȘts rĂ©guliers (le coupon), puis on vous rembourse la valeur nominale, soit 100 %, Ă lâĂ©chĂ©ance. Entre-temps, lâobligation sâĂ©change sur le marchĂ© Ă un prix (le cours) qui varie avec les taux.
Si vous achetez une obligation Ă 82 %, vous touchez les coupons et vous gagnez en plus les 18 points dâĂ©cart quand on vous rembourse 100 % Ă lâĂ©chĂ©ance. Le rendement affichĂ© par votre courtier additionne les deux, ramenĂ© Ă une moyenne annuelle.
Bon, pour que ça vous parle un peu plus, prenons trois exemples que j'ai pu trouver sur l'app Trade Republic.
Ce que rapportent lâĂtat français, Apple et McDonaldâs
Jâai regardĂ© trois obligations disponibles sur Trade Republic le 27 octobre 2026, avec 2000 ⏠investis dans chacune.
Prenons Apple. Son obligation 2045 a Ă©tĂ© Ă©mise en 2015, quand les taux Ă©taient bas, avec un coupon de 4,375 %. Elle sâĂ©change aujourdâhui Ă 82,79 % de sa valeur. Avec vos 2000 âŹ, vous achetez donc environ 2300 ⏠de nominal. Vous touchez des coupons pendant 18 ans et demi, puis Apple vous rembourse 100 %. RĂ©sultat : un rendement dâenviron 6 % par an, bien au-dessus du coupon.
LâOAT (donc obligation de l'Ătat français) 2035 sâĂ©change presque au pair (99,70 %). Son rendement (4,79 %) est donc quasiment Ă©gal Ă son coupon (4,75 %), qui colle dĂ©jĂ aux taux actuels.
Deux prĂ©cisions sur ces montants : ils sont bruts, avant la flat tax de 31,4 %. Et ils ne tiennent compte dâaucun rĂ©investissement : 2000 ⏠capitalisĂ©s Ă 6 % pendant 18 ans et demi dans le cas d'Apple donneraient environ 5900 âŹ. Ă vous de dĂ©cider si vous voulez rĂ©investir et il faudra le faire manuellement.
Le vrai sujet pour Apple et McDonaldâs : le dollar
Les obligations Apple et McDonaldâs sont en dollars. Les 4225 ⏠et 5256 ⏠affichĂ©s supposent que le taux de change ne bouge pas pendant 18 ou 26 ans. HonnĂȘtement, je doute. đ
Pour vous donner une idĂ©e, lâeuro est tombĂ© Ă 0,82 $ en octobre 2000. Il est montĂ© Ă 1,60 $ en 2008, puis repassĂ© sous 1 $ en 2022. Ces derniers mois, il tourne autour de 1,15 $.
AppliquĂ© Ă lâobligation Apple :
- si le dollar perd 20 % face Ă lâeuro, vos 4225 ⏠deviennent environ 3380 âŹ, et votre rendement tombe vers 4 % par an ;
- si le dollar gagne 20 %, vous touchez environ 5070 âŹ, soit prĂšs de 7,5 % par an.
Sur une longue durée, le change évolue par cycles, et une partie du risque se lisse. Vos coupons sont versés tous les six mois, donc convertis à des dizaines de cours différents. Les hauts et les bas se compensent en partie.
Le remboursement final tombe en revanche un seul jour. Pour Apple, il pÚse plus de la moitié de ce que vous touchez. Rien ne vous oblige à convertir ce jour-là : vous pouvez garder vos dollars et attendre un cours plus favorable (enfin, en vrai je ne sais pas trop comment cela fonctionne sur les différents brokers).
Gardez aussi en tĂȘte que lâĂ©cart entre lâOAT (4,79 %) et Apple (6 %) rĂ©munĂšre en partie ce risque de change. Si vous voulez dormir tranquille, une obligation en euros fait trĂšs bien le travail, pour un rendement un peu plus bas.
- Garder jusquâĂ lâĂ©chĂ©ance. Câest le seul moyen de savoir Ă lâavance ce que vous toucherez. Si vous revendez avant, le prix dĂ©pend des taux du moment : une hausse de 1 point des taux longs peut faire perdre environ 12 % Ă lâobligation Apple.
- Choisir lâĂ©chĂ©ance selon votre projet. Une obligation 2035 pour un achat dans dix ans, une 2052 pour la retraite par exemple.
- Se mĂ©fier des prix trop bas. Pour Apple ou McDonaldâs, la dĂ©cote vient des taux. Pour une entreprise fragile, elle peut signaler un risque de faillite. Regardez la note de lâĂ©metteur (S&P, Moodyâs) avant dâacheter.
- Ouvrir un compte-titres. Les obligations en direct ne sont pas éligibles au PEA. Actuellement, je connais seulement deux apps qui permettent d'acheter des obligations en direct : Trade Republic et Degiro. Il en existe certainement d'autres.
Un ETF obligataire dĂ©tient des centaines dâobligations Ă la fois. Câest simple, diversifiĂ©, et les grands ETF coĂ»tent souvent moins de 0,20 % de frais par an. Mais leur rĂŽle est diffĂ©rent.
La plupart nâont pas dâĂ©chĂ©ance. Ils revendent les obligations proches de leur terme pour en racheter de nouvelles. Vous ne gardez donc jamais "jusquâau bout" : la valeur de votre ETF bouge en permanence avec les taux, et aucun montant nâest connu Ă lâavance. Seule exception : les ETF Ă Ă©chĂ©ance (comme la gamme iBonds dâiShares), qui sâarrĂȘtent Ă une date fixe et vous rendent votre argent. Ils se comportent comme un panier dâobligations dĂ©tenues en direct, en gros.
Dans un portefeuille, leur vrai rĂŽle est dâamortir les chocs. Quand les actions chutent, câest souvent que lâĂ©conomie inquiĂšte. Les investisseurs se rĂ©fugient alors vers les obligations dâĂtat, et les banques centrales baissent leurs taux. Ces deux mouvements font monter le prix des obligations. En 2008, les actions ont perdu environ 37 % pendant que les obligations progressaient, par exemple. Actuellement, les cours des obligations tendent Ă chuter alors que ceux des actions grimpent, mais le vent tournera forcĂ©ment.
Lâamortisseur ne marche pourtant pas Ă tous les coups. En 2022, lâindice obligataire amĂ©ricain de rĂ©fĂ©rence a perdu 13 %, sa pire annĂ©e, et le S&P 500 18,1 %. La cause : lâinflation. Les obligations ne protĂšgent bien que lorsque lâinflation reste basse et stable. Avec son retour en 2026, câest un point Ă surveiller.
Comprendre ce quâest une obligation, câest assez simple.
Comprendre comment fonctionne le marchĂ© des obligations, câest un peu plus complexe.
Investir dans les obligations, c'était compliqué, mais c'est aujourd'hui bien plus simple grùce à des acteurs comme Trade Republic. D'ailleurs, voici un lien de parrainage : logiquement, vous touchez un bonus dÚs que vous effectuez trois investissements dans les 21 premiers jours + un versement de 100 ⏠(ouais, c'est précis haha) et moi aussi.
Bref, les obligations créent de nouvelles opportunités pour les investisseuses/investisseurs et il ne faut pas les négliger selon moi. Surtout quand les taux augmentent et quand vous cherchez à diversifier et solidifier votre portefeuille.
Pour faire simple : des obligations en direct si vous cherchez un revenu connu Ă lâavance, un ETF obligataire si vous voulez stabiliser un portefeuille dâactions sur une longue pĂ©riode. Les ETF se logent dans un compte-titres ou, selon les contrats, dans une assurance vie.
Voilà , c'est tout pour aujourd'hui ! Comme d'hab', si vous avez des remarques, des questions ou si vous voulez juste dire coucou, vous pouvez répondre à cet e-mail. :)
Bonne soirée et à trÚs vite !
Yoann â€ïž