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📈 6 % par an fixe en investissant dans Apple ?

Le monde peu connu des obligations

Le 27/10/2026, 

par 

 ❀

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Ce que vous allez apprendre dans cet article

🧐 Qu’est-ce qu’une obligation ? 📈 Pourquoi elles deviennent de plus en plus intĂ©ressantes en pĂ©riode de taux d’intĂ©rĂȘt Ă©levĂ©s pour les investisseurs. đŸ€‘ Comment investir dans les obligations ? đŸ™ïž Vous connaissez le livret A, l'assurance vie, le PEA
 mais avez-vous dĂ©jĂ  vraiment compris l'investissement immobilier collectif ? C'est l'une des solutions d'Ă©pargne les plus mĂ©connues en France (seuls 27 % des Ă©pargnants dĂ©clarent connaĂźtre ce placement*) et pourtant l'une des plus concrĂštes


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Ici Yoann, j’espùre que vous allez bien.

Vous le savez certainement, actuellement, les taux d'intĂ©rĂȘt sont Ă©levĂ©s pour combattre une inflation (hausse des prix) qui peine Ă  ralentir.

Vous savez ce qui se passe quand les taux d'intĂ©rĂȘt grimpent ? Le cours des obligations chute. C'est quoi une obligation d'ailleurs ? C'est simplement une forme de prĂȘt.

Actuellement, avec des taux d'intĂ©rĂȘt Ă©levĂ©s et des moyens d'investir dans des obligations individuelles bien plus simples qu'il y a quelques annĂ©es, vous pouvez par exemple investir dans des obligations Apple qui arrivent Ă  Ă©chĂ©ance en mai 2045 avec un rendement de 6 % (2000 € investis aujourd'hui se transformeraient en 4227 € en 2045 au taux de change actuel, soit +111 % environ). Not bad. On va creuser tout ça aujourd'hui pour vous aider Ă  y voir plus clair et Ă©viter les piĂšges.

À la fin, vous saurez comment investir concrùtement dans des obligations individuelles.

Ah, et si vous avez raté le Snow Report de dimanche, voici de quoi on a parlé :

✹ Cloudflare souhaite construire le pĂ©age pour les agents IA sur le web. Est-ce intĂ©ressant d'investir dans son action ? On a tentĂ© de rĂ©pondre Ă  cette question dans le Snow Report de dimanche dernier. On a Ă©galement parlĂ© des investissements intĂ©ressants en pĂ©riode de forte inflation (dont les obligations d'ailleurs). Et pour terminer, on a analysĂ© le nouveau relais de croissance d'HermĂšs : les banlieues amĂ©ricaines. 👉 Par ici pour lire l'article (essai gratuit de deux semaines). 📊 Pour retrouver toutes les actions que nous avons analysĂ©es depuis 6 ans (portefeuille en hausse de +147 %), c'est ici. 

Yoann ❀

Avant de se lancer dans le vif du sujet, on va commencer par expliquer ce qu'est une obligation. Et pour ça, je vais simplement m'appuyer sur une édition que j'ai rédigée il y a plus de trois ans déjà.

Tout comme les particuliers, les sociĂ©tĂ©s et les gouvernements ont besoin d’emprunter de l’argent pour financer leurs projets.

Ils et elles peuvent emprunter directement Ă  des banques en faisant tout simplement des prĂȘts, comme vous pourriez faire pour une maison ou une voiture, mais il existe une autre solution : emprunter de l’argent en Ă©mettant des obligations sur les marchĂ©s financiers.

Ainsi, des centaines, voire des milliers d’investisseuses et investisseurs prĂȘtent chacun une portion du montant recherchĂ©.

Une obligation est donc un titre de dette Ă©mis par une entreprise ou un État donnant droit Ă  l’investisseur au versement d’un intĂ©rĂȘt annuel appelĂ© "coupon" et au remboursement du titre Ă  l’échĂ©ance. Le montant de ce coupon et l’échĂ©ance de l’obligation sont fixĂ©s dĂšs le dĂ©part et donc connus de l’investisseur au moment de la souscription.

Partons sur un exemple simple avant de rentrer dans les détails plus techniques :

  • Imaginez que vous ĂȘtes une entreprise et que vous cherchez Ă  emprunter 10 000 € pour acheter une machine.
  • Vous allez Ă©mettre dix obligations de 1000 € avec un taux d’intĂ©rĂȘt de 10 % par an (le coupon) dont l’échĂ©ance est dans 24 mois (au bout de 24 mois, le capital est remboursĂ©).
  • Dix personnes vont donc "acheter" ces obligations. Pour faire simple, c’est comme si elles vous prĂȘtaient chacune 1000 € via l’achat de ces obligations.
  • Chaque obligation donne droit Ă  10 % d’intĂ©rĂȘt par an (le coupon). Cela signifie donc que chaque personne va recevoir 100 € la premiĂšre annĂ©e (10 % de 1000 €) puis 100 € la deuxiĂšme annĂ©e.
  • Au bout des 24 mois, vous rĂ©cupĂ©rez le dernier coupon (donc 100 €), mais aussi les 1000 € initialement investis (le capital prĂȘtĂ©).
  • Vous aurez donc gagnĂ© 200 € en tout au bout de 24 mois.

Les obligations sont thĂ©oriquement moins risquĂ©es que les actions, car si vous en achetez au dĂ©but (lors de l’émission) et que vous attendez l’échĂ©ance, vous ĂȘtes alors certains de rĂ©cupĂ©rer votre mise initiale (le montant prĂȘtĂ©) + les intĂ©rĂȘts.

Sauf que ce n’est pas si simple :

  • Il existe diffĂ©rents types d’obligations avec des niveaux de risques diffĂ©rents. Si une entreprise ou un État fait faillite, vous pouvez tout perdre.
  • Il est souvent difficile d’obtenir des obligations d’État (risque trĂšs faible selon les États) lors de l’émission de ces derniĂšres.
  • Le prix des obligations sur le marchĂ© secondaire varie selon les taux d’intĂ©rĂȘt, donc si vous vendez une obligation avant Ă©chĂ©ance, ben vous pouvez perdre une partie du capital investi si jamais son cours est en dessous du prix d'achat.

En 2023, j'Ă©crivais qu'il n'Ă©tait pas simple d’acheter des obligations directement sur le marchĂ© secondaire, mais grĂące Ă  de nouveaux acteurs, c'est maintenant bien plus simple (on en parle plus loin).

Taux d'intĂ©rĂȘt : le rendement d'une obligation est Ă©troitement liĂ© aux taux d'intĂ©rĂȘt du marchĂ©. Lorsque les taux d'intĂ©rĂȘt augmentent, le rendement des obligations nouvellement Ă©mises augmente Ă©galement.

ÉchĂ©ance : l'Ă©chĂ©ance de l'obligation est Ă©galement un facteur important. En gĂ©nĂ©ral, plus l'Ă©chĂ©ance est longue, plus le rendement est Ă©levĂ©. Cela s'explique par le fait que les investisseurs sont exposĂ©s Ă  un risque plus Ă©levĂ© sur une pĂ©riode plus longue et exigent donc une prime de risque pour dĂ©tenir ces obligations. Imaginez que vous empruntez Ă  une PME via l’achat d’obligations. Une obligation remboursĂ©e dans un an comporte beaucoup moins de risques qu’une obligation remboursĂ©e dans 20 ans. En effet, il y a beaucoup plus de chances que l’entreprise fasse faillite d’ici 20 ans que d’ici un an. Logique.

Notation de crĂ©dit (le risque liĂ© Ă  l’emprunteur) : la notation de crĂ©dit de l'Ă©metteur de l'obligation est un indicateur de sa solvabilitĂ© et de sa capacitĂ© Ă  rembourser ses dettes. Les agences de notation attribuent des notes en fonction de divers facteurs, tels que la situation financiĂšre de l'Ă©metteur et la qualitĂ© de ses actifs. Les obligations Ă  notation infĂ©rieure offrent gĂ©nĂ©ralement un rendement plus Ă©levĂ© pour compenser le risque de crĂ©dit plus Ă©levĂ©. Par exemple, il est plus risquĂ© d’emprunter Ă  un pays en voie de dĂ©veloppement qu’aux États-Unis. Les obligations de ce pays auront donc un taux plus Ă©levĂ© pour attirer les investisseurs malgrĂ© le risque.

LiquiditĂ© : la liquiditĂ© d'une obligation est liĂ©e Ă  la facilitĂ© avec laquelle elle peut ĂȘtre achetĂ©e ou vendue sur le marchĂ©. Les obligations plus liquides sont gĂ©nĂ©ralement moins risquĂ©es, car les investisseurs peuvent facilement les vendre en cas de besoin. Par consĂ©quent, les obligations moins liquides offrent souvent un rendement plus Ă©levĂ© pour compenser ce risque.

Sur le marchĂ© secondaire, le rendement d’une obligation peut aussi ĂȘtre affectĂ© par l’offre et la demande. On en parlera un peu plus loin.

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Prix d’émission : le prix de l’obligation lorsqu’elle a Ă©tĂ© vendue pour la premiĂšre fois aux crĂ©diteurs.

Prix de remboursement : le montant que vous recevez Ă  l’échĂ©ance. En gĂ©nĂ©ral, il est Ă©gal au prix d’émission, mais dans certains cas, il peut ĂȘtre supĂ©rieur.

Cours d’une obligation : le prix d’une obligation peut Ă©voluer en fonction de l’offre et de la demande, et d’autres facteurs. Son prix (son cours) peut donc Ă©voluer Ă  la hausse comme Ă  la baisse. Exactement comme une action. Il est souvent exprimĂ© grĂące Ă  ce qu'on appelle "le pair" qui est un pourcentage. Par exemple, si vous voyez un cours de 80 %, cela veut dire que si le prix d'Ă©mission Ă©tait de 100 € (donc 100 %), alors le cours actuel est de 80 € (80 % de 100 €).

"Valeur nominale" ou "valeur faciale" ou "montant principal" : le montant initial que l'Ă©metteur de l'obligation s'engage Ă  rembourser Ă  l'investisseur Ă  la date d'Ă©chĂ©ance. En termes trĂšs simples, c'est la somme d'argent que vous prĂȘtez Ă  l'Ă©metteur de l'obligation lorsque vous achetez l'obligation (si vous achetez lors de l'Ă©mission), et c'est le montant que vous rĂ©cupĂ©rerez Ă  la fin de la "vie" de l'obligation, en plus des intĂ©rĂȘts.

Le taux d'intĂ©rĂȘt nominal d'une obligation : le taux d'intĂ©rĂȘt fixe qui est payĂ© par l'Ă©metteur de l'obligation Ă  l'investisseur. Il est exprimĂ© en pourcentage du montant principal de l'obligation, aussi appelĂ© "valeur nominale" ou "valeur faciale". En termes trĂšs simples, c'est le montant d'intĂ©rĂȘts que vous gagnez chaque annĂ©e en tant qu'investisseur pour dĂ©tenir cette obligation.

Par exemple, si vous achetez une obligation d'une valeur nominale de 1000 € avec un taux d'intĂ©rĂȘt nominal de 5 %, vous recevrez 50 € d'intĂ©rĂȘts chaque annĂ©e (5 % de 1000 €) jusqu'Ă  ce que l'obligation arrive Ă  Ă©chĂ©ance. À l'Ă©chĂ©ance, vous recevrez Ă©galement le montant principal de 1000 € en plus des intĂ©rĂȘts.

Le coupon : le paiement d'intĂ©rĂȘts pĂ©riodiques que l'Ă©metteur de l'obligation verse Ă  l'investisseur. Le coupon est gĂ©nĂ©ralement exprimĂ© en pourcentage de la valeur nominale de l'obligation et est payĂ© annuellement ou semestriellement.

Le rendement courant : vous vous souvenez que le prix d’une obligation peut Ă©voluer ? Alors que le coupon est identique (ce que vous verse l’État ou l’entreprise). Cela veut dire que le rendement peut Ă©voluer. Imaginez que vous achetez une obligation 100 € Ă  une entreprise et elle rapporte 10 % par an, donc 10 €. Quelques annĂ©es aprĂšs, l’entreprise est en difficultĂ©, donc moins de personnes veulent acheter l’obligation. Son prix chute et passe Ă  50 €. Quelqu’un vous l’achĂšte Ă  ce prix-lĂ . Le taux d’intĂ©rĂȘt nominal est toujours de 10 %, car l’entreprise verse toujours 10 € par an aux dĂ©tenteurs par rapport Ă  la valeur nominale de 100 €, mais le rendement courant est alors de 20 % pour les nouveaux acheteurs, car ils investissent 50 € et reçoivent 10 € par an (10/50 * 100 = 20 %).

Maintenant que vous ĂȘtes des pros des obligations, passons aux grandes catĂ©gories d'obligations.

Il en existe certainement des dizaines, mais je ne pourrai pas ĂȘtre exhaustif aujourd'hui.

Comme les individus et les entreprises, les États ont besoin d’emprunter de l’argent pour financer leur fonctionnement et pour investir dans des infrastructures et autres programmes.

D’autant plus que depuis de nombreuses dĂ©cennies, de nombreux États dĂ©pensent bien plus que ce que les impĂŽts ne leur rapportent.

Une des principales façons de se financer pour ces derniers est d’émettre des obligations qui seront pour la plupart achetĂ©es par des banques, assurances et autres fonds institutionnels qui cherchent Ă  placer leur trĂ©sorerie dans des actifs avec un risque relativement faible.

Pourquoi les banques veulent prĂȘter de l’argent Ă  l’État ? Principalement parce qu’elles savent qu’elles seront remboursĂ©es. La France ne peut pas faire faillite (enfin, c’est un consensus, mais on ne sait jamais
). Acheter de la dette française, c’est un peu comme placer son argent dans un coffre-fort.

Plus un État est solide, plus il peut emprunter de l’argent avec un taux d’intĂ©rĂȘt faible (ce n’est qu’une partie de ce qui dĂ©termine le taux d’intĂ©rĂȘt).

Vu que la France traverse plusieurs crises (politique, sociale et budgĂ©taire), le taux auquel elle emprunte a explosĂ© ces derniers mois et il a mĂȘme dĂ©passĂ© les 5 % pour les obligations Ă  10 ans.

Le systĂšme est exactement le mĂȘme.

PlutĂŽt que de vendre des actions ou de faire un prĂȘt, une entreprise peut Ă©mettre des obligations pour se financer.

Actuellement, c'est un des moyens préférés des entreprises pour financer les investissements gigantesques dans l'IA :

  • Amazon (mars 2026) : 37 milliards de dollars, record hors M&A ;
  • Meta (octobre 2025) : 30 milliards de dollars ;
  • Oracle (fĂ©vrier 2026) : 25 milliards de dollars ;
  • Alphabet (aoĂ»t 2026) : 25 milliards de dollars.

Plus une entreprise est fragile/risquĂ©e, plus le coupon (le taux d’intĂ©rĂȘt de l’obligation) sera Ă©levĂ©.

Pour financer certains projets comme des projets écologiques (Enerfip) ou encore des meubles pour ensuite les louer (Enky), des acteurs peuvent émettre des obligations.

Je n’ai pas Ă©tĂ© exhaustif pour simplifier, mais il existe d’autres types d’obligations comme des obligations dont le taux n’est pas fixe, mais variable ; des obligations convertibles qui peuvent ĂȘtre converties en actions d’une entreprise ou encore des obligations Ă  coupon zĂ©ro qui ne versent les coupons qu’à l’échĂ©ance. Mais si vous retenez les catĂ©gories principales, c’est dĂ©jĂ  largement suffisant, hein.

🎯 L’essentiel : avec la remontĂ©e des taux, des obligations trĂšs solides rapportent Ă  nouveau 4,5 % Ă  6 % par an si vous les gardez jusqu’à l’échĂ©ance. Pour un investisseur en euros, le principal point de vigilance est la devise.

Pendant plus de dix ans, prĂȘter de l’argent Ă  un État ou Ă  une grande entreprise ne rapportait presque rien. À l’échelle de l’Histoire, cette pĂ©riode de taux trĂšs bas Ă©tait une anomalie. Elle est terminĂ©e, comme vous le savez.

En 2026, l’inflation est repartie et la BCE (Banque centrale europĂ©enne) a remontĂ© ses taux deux fois. Son taux de dĂ©pĂŽt est Ă  2,50 % depuis le 16 septembre. Surtout, les taux longs ont bondi. L’OAT Ă  10 ans (l’emprunt de l’État français) a passĂ© la barre des 5 % rĂ©cemment, une premiĂšre depuis des dĂ©cennies.

Ce sont ces taux longs qui comptent pour vous. Un État ou une entreprise qui emprunte aujourd’hui doit proposer un rendement proche du marchĂ©. Et les anciennes obligations, Ă©mises quand les taux Ă©taient bas, voient leur prix baisser pour s’aligner (c'est pour ça que quand les taux grimpent, le cours des obligations chute).

Comme je le disais, une obligation est un prĂȘt. Vous recevez des intĂ©rĂȘts rĂ©guliers (le coupon), puis on vous rembourse la valeur nominale, soit 100 %, Ă  l’échĂ©ance. Entre-temps, l’obligation s’échange sur le marchĂ© Ă  un prix (le cours) qui varie avec les taux.

Si vous achetez une obligation Ă  82 %, vous touchez les coupons et vous gagnez en plus les 18 points d’écart quand on vous rembourse 100 % Ă  l’échĂ©ance. Le rendement affichĂ© par votre courtier additionne les deux, ramenĂ© Ă  une moyenne annuelle.

Bon, pour que ça vous parle un peu plus, prenons trois exemples que j'ai pu trouver sur l'app Trade Republic.

Ce que rapportent l’État français, Apple et McDonald’s

J’ai regardĂ© trois obligations disponibles sur Trade Republic le 27 octobre 2026, avec 2000 € investis dans chacune.

Prenons Apple. Son obligation 2045 a Ă©tĂ© Ă©mise en 2015, quand les taux Ă©taient bas, avec un coupon de 4,375 %. Elle s’échange aujourd’hui Ă  82,79 % de sa valeur. Avec vos 2000 €, vous achetez donc environ 2300 € de nominal. Vous touchez des coupons pendant 18 ans et demi, puis Apple vous rembourse 100 %. RĂ©sultat : un rendement d’environ 6 % par an, bien au-dessus du coupon.

L’OAT (donc obligation de l'État français) 2035 s’échange presque au pair (99,70 %). Son rendement (4,79 %) est donc quasiment Ă©gal Ă  son coupon (4,75 %), qui colle dĂ©jĂ  aux taux actuels.

Deux prĂ©cisions sur ces montants : ils sont bruts, avant la flat tax de 31,4 %. Et ils ne tiennent compte d’aucun rĂ©investissement : 2000 € capitalisĂ©s Ă  6 % pendant 18 ans et demi dans le cas d'Apple donneraient environ 5900 €. À vous de dĂ©cider si vous voulez rĂ©investir et il faudra le faire manuellement.

Le vrai sujet pour Apple et McDonald’s : le dollar

Les obligations Apple et McDonald’s sont en dollars. Les 4225 € et 5256 € affichĂ©s supposent que le taux de change ne bouge pas pendant 18 ou 26 ans. HonnĂȘtement, je doute. 😅

Pour vous donner une idĂ©e, l’euro est tombĂ© Ă  0,82 $ en octobre 2000. Il est montĂ© Ă  1,60 $ en 2008, puis repassĂ© sous 1 $ en 2022. Ces derniers mois, il tourne autour de 1,15 $.

AppliquĂ© Ă  l’obligation Apple :

  • si le dollar perd 20 % face Ă  l’euro, vos 4225 € deviennent environ 3380 €, et votre rendement tombe vers 4 % par an ;
  • si le dollar gagne 20 %, vous touchez environ 5070 €, soit prĂšs de 7,5 % par an.

Sur une longue durée, le change évolue par cycles, et une partie du risque se lisse. Vos coupons sont versés tous les six mois, donc convertis à des dizaines de cours différents. Les hauts et les bas se compensent en partie.

Le remboursement final tombe en revanche un seul jour. Pour Apple, il pÚse plus de la moitié de ce que vous touchez. Rien ne vous oblige à convertir ce jour-là : vous pouvez garder vos dollars et attendre un cours plus favorable (enfin, en vrai je ne sais pas trop comment cela fonctionne sur les différents brokers).

Gardez aussi en tĂȘte que l’écart entre l’OAT (4,79 %) et Apple (6 %) rĂ©munĂšre en partie ce risque de change. Si vous voulez dormir tranquille, une obligation en euros fait trĂšs bien le travail, pour un rendement un peu plus bas.

  • Garder jusqu’à l’échĂ©ance. C’est le seul moyen de savoir Ă  l’avance ce que vous toucherez. Si vous revendez avant, le prix dĂ©pend des taux du moment : une hausse de 1 point des taux longs peut faire perdre environ 12 % Ă  l’obligation Apple.
  • Choisir l’échĂ©ance selon votre projet. Une obligation 2035 pour un achat dans dix ans, une 2052 pour la retraite par exemple.
  • Se mĂ©fier des prix trop bas. Pour Apple ou McDonald’s, la dĂ©cote vient des taux. Pour une entreprise fragile, elle peut signaler un risque de faillite. Regardez la note de l’émetteur (S&P, Moody’s) avant d’acheter.
  • Ouvrir un compte-titres. Les obligations en direct ne sont pas Ă©ligibles au PEA. Actuellement, je connais seulement deux apps qui permettent d'acheter des obligations en direct : Trade Republic et Degiro. Il en existe certainement d'autres.

Un ETF obligataire dĂ©tient des centaines d’obligations Ă  la fois. C’est simple, diversifiĂ©, et les grands ETF coĂ»tent souvent moins de 0,20 % de frais par an. Mais leur rĂŽle est diffĂ©rent.

La plupart n’ont pas d’échĂ©ance. Ils revendent les obligations proches de leur terme pour en racheter de nouvelles. Vous ne gardez donc jamais "jusqu’au bout" : la valeur de votre ETF bouge en permanence avec les taux, et aucun montant n’est connu Ă  l’avance. Seule exception : les ETF Ă  Ă©chĂ©ance (comme la gamme iBonds d’iShares), qui s’arrĂȘtent Ă  une date fixe et vous rendent votre argent. Ils se comportent comme un panier d’obligations dĂ©tenues en direct, en gros.

Dans un portefeuille, leur vrai rĂŽle est d’amortir les chocs. Quand les actions chutent, c’est souvent que l’économie inquiĂšte. Les investisseurs se rĂ©fugient alors vers les obligations d’État, et les banques centrales baissent leurs taux. Ces deux mouvements font monter le prix des obligations. En 2008, les actions ont perdu environ 37 % pendant que les obligations progressaient, par exemple. Actuellement, les cours des obligations tendent Ă  chuter alors que ceux des actions grimpent, mais le vent tournera forcĂ©ment.

L’amortisseur ne marche pourtant pas Ă  tous les coups. En 2022, l’indice obligataire amĂ©ricain de rĂ©fĂ©rence a perdu 13 %, sa pire annĂ©e, et le S&P 500 18,1 %. La cause : l’inflation. Les obligations ne protĂšgent bien que lorsque l’inflation reste basse et stable. Avec son retour en 2026, c’est un point Ă  surveiller.

Comprendre ce qu’est une obligation, c’est assez simple.

Comprendre comment fonctionne le marchĂ© des obligations, c’est un peu plus complexe.

Investir dans les obligations, c'Ă©tait compliquĂ©, mais c'est aujourd'hui bien plus simple grĂące Ă  des acteurs comme Trade Republic. D'ailleurs, voici un lien de parrainage : logiquement, vous touchez un bonus dĂšs que vous effectuez trois investissements dans les 21 premiers jours + un versement de 100 € (ouais, c'est prĂ©cis haha) et moi aussi.

Bref, les obligations créent de nouvelles opportunités pour les investisseuses/investisseurs et il ne faut pas les négliger selon moi. Surtout quand les taux augmentent et quand vous cherchez à diversifier et solidifier votre portefeuille.

Pour faire simple : des obligations en direct si vous cherchez un revenu connu Ă  l’avance, un ETF obligataire si vous voulez stabiliser un portefeuille d’actions sur une longue pĂ©riode. Les ETF se logent dans un compte-titres ou, selon les contrats, dans une assurance vie.

Voilà, c'est tout pour aujourd'hui ! Comme d'hab', si vous avez des remarques, des questions ou si vous voulez juste dire coucou, vous pouvez répondre à cet e-mail. :)

Bonne soirée et à trÚs vite !

Yoann ❀