Learn - Gratuit, tous les mardis

💰 Combien ça coûte un abribus, une pièce de 1 centime…

On explore le prix de ces produits… dont on ne connaît jamais le prix.

Le 29/09/2026, 

par 

 ❤️

Partenaire de choix 🤝

👩‍🏫

Ce que vous allez apprendre dans cet article

🤔 Combien coûtent dix objets que vous croisez tous les jours sans jamais voir leur étiquette. 🧮 Pourquoi l'objet lui-même coûte souvent moins cher que le trou, la pose ou l'entretien. 🤑 Quels prix relèvent d'un vrai monopole, et lesquels sont simplement justifiés. 💸 Comment un objet "gratuit" finit toujours par être payé par quelqu'un. 🛋️ [PARTENAIRE QU'ON ❤️] Et si votre épargne était adossée à un actif physique, tangible et productif : un parc de mobilier professionnel haut de gamme loué à des entreprises, avec un rendement de 7 % à 8,5 % brut par an ? C'est ce que propose Enky, et en bonus : avec le lien ci-dessous, vous recevez 100 € de crédit dès 1000 € investis, et jusqu'à 300 € au-delà de 5000 €. Attention, cette offre va bientôt expirer.

👩‍🏫 Learn : 4 fois par mois, nous creusons un sujet des finances personnelles pour vous aider à mieux le comprendre.

Cette newsletter est gratuite pour tous (toutes) les abonné(e)s.

⏱️ Temps de lecture : 18 minutes

Ici Yoann, j’espère que vous allez bien et que vous passez un bon mardi.

Est-ce que comme moi, vous vous demandez souvent combien coûtent certains objets ? Genre un banc, un lampadaire ou même un arbre dans la rue ? Cela peut paraître anodin, mais ces prix peuvent nous apprendre pas mal de choses sur nos impôts, comment fonctionnent nos économies ou tout simplement pour détecter de vrais problèmes sur le marché. J'ai donc décidé de lancer une nouvelle série de newsletters dans lesquelles on va explorer les prix de certains produits pour voir ce qu'il se cache derrière. J'essaierai d'en écrire une tous les deux mois environ.

🍷 Mais avant de commencer, je voulais vous parler rapido de Vinae, l'app mobile unique que J-C (rédacteur de Snowball Grand cru, une de nos newsletters prémiums sur l'investissement dans le vin) a créée pour son vignoble communautaire en vallée du Rhône. Le concept : vous participez à toutes les décisions qui façonneront son vin, autant dans les vignes (intensité du tri, niveau d'égrappage, etc.) qu'à la vinification (choix des levures, type d'élevage, durée d'élevage, etc.). 👉 Rejoignez son vignoble ici (Android et iOS) et profitez d'un an de prémium offert avec le code "SNOWBALL2026" (à inscrire sur le formulaire "Cercle Privé" en page profil).

Ah, et si vous avez raté le Snow Report de dimanche, voici de quoi on a parlé :

✨ Pourquoi Orange pourrait être une opportunité actuellement ? On a tenté de répondre à cette question dans le Snow Report de dimanche dernier. On a également parlé de l'explosion de la robotique en Chine et de comment en profiter. Et pour terminer, on a également vu comment les agents IA de nouvelle génération pourraient bouleverser nos finances personnelles. 👉 Par ici pour lire l'article (essai gratuit de deux semaines). 📊 Pour retrouver toutes les actions que nous avons analysées depuis 6 ans (portefeuille en hausse de +146 %), c'est ici. 

Yoann ❤️

Il existe des centaines de produits dont il est particulièrement difficile de trouver un prix. Pourtant, on voit et utilise ces objets quasiment tous les jours. Combien coûte un feu de circulation ? Un kilomètre d'autoroute ou encore une pièce de 1 centime ?

C'est ce à quoi on va tenter de répondre aujourd'hui. Et pas juste pour le plaisir de savoir des trucs insolites. Non, c'est aussi un moyen de mieux comprendre le monde qui nous entoure : sa logique, son fonctionnement et parfois ses incohérences et autres injustices.

Mais déjà, pourquoi les prix de ces produits sont souvent invisibles ?

Tout simplement parce que (presque) personne ne les achète à titre personnel. Une mairie, une métropole, l'État ou une entreprise les commande, souvent par appel d'offres, et vous les financez de façon indirecte (impôt, péage, etc.).

Le deuxième truc qui rend ces prix invisibles, c'est que le prix "catalogue" d'un objet et son prix une fois installé n'ont souvent rien à voir. Entre les deux, il y a les études, les tranchées, les câbles, le béton, les normes et parfois 20 ans d'entretien derrière.

Enfin, un prix élevé n'est pas forcément un scandale (on aime bien crier au monopole en France). En réalité, la plupart des prix qui suivent s'expliquent très bien. Cela dit, quelques-uns ressemblent tout de même à des rentes liées à des situations de monopole ou de quasi-monopole.

❓ En quoi ça vous concerne : souvent, ces objets sont financés par vos impôts locaux, vos péages ou encore vos titres de transport. Connaître leur prix vous aide à juger une promesse électorale ("On va planter 100 000 arbres") ou une hausse de tarif. C'est aussi un bon exercice pour votre propre argent : regarder ce qu'on paie vraiment, au-delà de l'étiquette.

🎯 L'essentiel : dans l'espace public, la facture se joue surtout sous le trottoir. Fosse, câbles, génie civil et raccordement pèsent souvent bien plus lourd que le prix de l'objet lui-même.

C'est le moins cher de la liste. Un banc en bois traité sans dossier se trouve à moins de 100 € HT chez certains fournisseurs. Une banquette classique coûte entre 150 € et 1250 €, un modèle en béton démarre autour de 1000 €. Les bancs "connectés", avec recharge et capteurs, peuvent monter jusqu'à 5000 €.

Ici, pas de monopole : des dizaines de fabricants se battent sur ce marché. L'écart vient du matériau, de la résistance au vandalisme et du design. Un banc qui doit tenir 30 ans dehors coûte plus cher qu'un banc de jardin. Logique. D'ailleurs, si vous voulez vous payer une des fameuses chaises lounge qu'on peut trouver dans le jardin du Luxembourg à Paris, il faudra débourser 459 €.

Acheter un arbre d'une dizaine d'années coûte à une ville entre 300 € et 400 €. Le planter au bord d'une rue coûte entre 4500 € et 7000 €, selon les chiffres de Grenoble repris par l'Institut Montaigne. Dans un parc, on tombe à 1200 €.

Pourquoi une telle différence ? En ville, il faut creuser une fosse au milieu des câbles, des canalisations et parfois des caves, la remplir de bonne terre, puis refaire l'enrobé et les bordures. Et ce prix n'inclut même pas l'arrosage et l'entretien des premières années.

📊 En chiffres : l'arbre lui-même représente moins de 10 % du coût d'une plantation en voirie. Planter 100 000 arbres à Paris coûterait entre 155 et 485 millions d'euros selon l'endroit, d'après l'Institut Montaigne. Pas évident à financer…

Un feu tricolore seul coûte quelques milliers d'euros. Un carrefour équipé, avec études, tranchées, armoire de commandes et mise en service, coûte entre 30 000 € à 80 000 €. À Paris, la facture a été estimée autour de 150 000 € par carrefour, hors maintenance qui coûte, elle, environ 500 € par an et par feu.

Un exemple récent : en août 2026, Échenoz-la-Méline (Haute-Saône) a installé des feux d'insertion pour 36 314 € HT. Le maire précise qu'un plateau surélevé aurait coûté à peu près pareil. C'est une des raisons pour lesquelles Bordeaux et Paris ont retiré des feux ces dernières années : ils coûtent cher à poser et à entretenir, et ne rendent pas toujours les carrefours plus sûrs.

Avant de passer à la suite et de voir combien coûte un horodateur, place à notre second partenaire du jour qui pourrait intéresser pas mal d'entre vous.

Quand la réforme du stationnement a imposé la saisie de la plaque d'immatriculation, les villes ont dû changer leurs machines. Par exemple, Pau a installé 125 horodateurs pour 800 000 €, Amboise 24 pour 150 000 €, selon Europe 1. Soit un peu plus de 6000 € pièce. Il faut savoir qu'un horodateur rapporte en moyenne 10 000 € par an.

Pas mal de légendes urbaines disent que ces machines sont rentabilisées par les amendes, mais en fait pas du tout. En 2020, par exemple, Paris a encaissé 65 millions d'euros de tickets et 29,7 millions de forfaits post-stationnement (donc les amendes), d'après La Gazette des communes.

💡 Depuis 2018, l'amende de 17 € n'existe plus. Elle est remplacée par le forfait post-stationnement (FPS), une redevance dont chaque ville fixe le montant. Autre détail : payer par application coûte parfois plus cher qu'à la machine, à cause des frais de service.

🎯 L'essentiel : dans les transports, le prix d'achat est rarement le vrai sujet. Ce qui compte, c'est le nombre de fournisseurs capables de livrer, et qui récupère l'argent une fois l'infrastructure payée.

Un bus standard de 12 mètres au diesel coûte en moyenne 250 000 € HT (c'est le même prix qu'une Ferrari Roma Spider), selon une analyse du ministère de la Transition écologique qui s'appuie sur la RATP et l'UGAP, la centrale d'achat public. En électrique, la RATP estimait le prix autour de 500 000 € en 2018. Orléans a commandé 29 bus électriques pour 17,1 millions d'euros en 2020, soit environ 590 000 € l'unité.

L'écart vient surtout de la batterie qui coûte très cher sur un véhicule de cette taille. Et comme un bus roule une quinzaine d'années en moyenne, le coût moins cher de l'électricité par rapport au diesel et l'entretien moins cher rattrapent une partie du surcoût. Le marché bouge vite : le fournisseur chinois Yutong est devenu le premier vendeur de bus électriques en Europe en 2025, avec 15,5 % de part de marché, et BYD a presque triplé ses ventes. Cette concurrence met la pression sur les prix des constructeurs européens.

L'A69 entre Castres et Toulouse donne un ordre de grandeur récent : 480 millions d'euros pour 54 km, soit près de 9 millions d'euros par kilomètre. En montagne, avec des tunnels et des viaducs, la facture grimpe laaaaaaaargement plus haut.

En 2006, l'État a privatisé les grandes sociétés d'autoroutes pour 14,8 milliards d'euros. En 2020, une commission d'enquête du Sénat a conclu que les actionnaires auraient atteint la rentabilité attendue autour de 2022, soit une dizaine d'années avant la fin des contrats. Au-delà, les dividendes atteindraient environ 40 milliards d'euros, dont 32 pour Vinci et Eiffage.

Attention, ces projections datent de 2020 et reposent sur des hypothèses de trafic et de tarifs. De plus, ce sont seulement des estimations. Mais elles donnent quand même une idée de l'écart entre ce que l'État a touché et ce que rapporte la rente d'un péage…

C'est probablement le prix le plus fou de la liste ! Un siège de classe affaires coûte en général entre 100 000 $ et 300 000 $ pièce, et les modèles les plus luxueux approchent 500 000 $. Une cabine d'une quarantaine de sièges, c'est donc plusieurs millions avant même le premier passager.

Le prix s'explique en partie par des moteurs pour passer en position lit, des écrans, des portes et surtout des tests de crash exigeants pour être certifié. Cela dit, le marché tient à une poignée d'acteurs (Collins Aerospace, Safran, Recaro, Thompson), qui accumulent les retards de livraison. Et quand quatre entreprises seulement fournissent toutes les compagnies du monde, ce sont elles qui fixent le rythme et, en bonne partie, le prix…

Et du côté des sièges en classe éco, c'est quand même entre 4000 $ et 10 000 $ !

🎯 L'essentiel : certains objets publics ne coûtent presque rien, ou même rien du tout, à la collectivité. Mais quelqu'un paie toujours, et parfois l'État perd de l'argent là où on ne l'imagine pas.

Déjà, petite confession à vous faire : cela fait seulement quelques mois que je sais qu'on dit un abribus et pas un abri de bus… À chaque fois que quelqu'un disait "abribus", j'entendais simplement "abri de bus". Bref.

Un abri de bus coûte entre 2000 € et 5000 € à fabriquer, mais beaucoup de communes n'en ont jamais payé un seul. Le modèle date de 1964 à Lyon : Jean-Claude (aka JC) Decaux propose d'installer et d'entretenir les abris gratuitement, en échange de l'exclusivité de la publicité placée dessus. D'ailleurs, Abribus est une marque déposée de JCDecaux.

L'idée a fait la fortune de JCDecaux et lui a longtemps assuré une position de quasi-monopole. En 2005, le Conseil d'État a jugé qu'un contrat signé en 1970 avec Villetaneuse était bien un marché public : céder l'affichage et renoncer à la redevance d'occupation du trottoir, c'est une façon de payer. Depuis, les contrats sont remis en concurrence, et le gagnant verse souvent une redevance à la commune. Par exemple, à Beauvais, en 2016, JCDecaux a perdu le marché face à un concurrent.

❓ En quoi ça vous concerne : l'abri est gratuit, l'espace public ne l'est pas. Ce que la commune cède, ce sont des milliers d'heures de votre attention devant une affiche. Exactement comme Facebook… Ils n'ont pas réinventé la roue, ils l'ont juste fait scaler à des niveaux gigantesques.

Une urne transparente réglementaire, avec ses deux serrures, se trouve dès 140 € HT (pour 300 bulletins et 352 € HT pour 2000 à 2500 bulletins). Ajoutez environ 50 € si vous voulez un compteur. L'État verse aux communes une subvention allant jusqu'à 190 € par urne.

Si on remonte un peu dans le temps, les machines à voter coûtaient 4000 € à 6000 € pièce en 2007. Après des incidents, l'État a gelé leur usage en 2008 : aucune nouvelle commune ne peut s'équiper, et aucun nouveau modèle n'est agréé. Résultat : une soixantaine de villes utilisent encore des appareils d'avant 2008 que les fabricants ne produisent plus. Même l'ANSSI, l'agence de cybersécurité de l'État, juge ce statu quo "la pire des solutions".

Frapper une pièce de 1 centime coûte environ 1,2 centime en France, selon les chiffres cités à l'Assemblée nationale. La Monnaie de Paris en produit encore près de 300 millions par an, pièces de 2 centimes comprises. À l'échelle de la zone euro, la Commission européenne estime que les petites pièces ont coûté près de 1,4 milliard d'euros de plus que leur valeur depuis 2002. 1,4 milliard ! WTF.

La Finlande, les Pays-Bas, la Belgique, l'Italie et l'Irlande ont déjà arrêté ou limité leur usage, avec un arrondi aux 5 centimes à la caisse. La France attend une règle commune à l'échelle européenne. L'argument inverse existe : une pièce circule des centaines de fois, et sa valeur ne se résume pas à son coût. Il y a aussi une compensation. Une pièce de 1 € coûte environ 15 centimes à produire, selon un ancien PDG de la Monnaie de Paris. Sur les grosses pièces, l'État récupère donc ce qu'il perd sur les petites.

Au-delà du côté "culture générale" de cette newsletter, je trouve que ce qui se cache derrière certains prix est passionnant et nous apprend un peu mieux comment tourne le monde qui nous entoure.

Je trouve aussi que c'est une bonne leçon pour vos propres finances parfois. On regarde souvent le prix d'achat, rarement la durée d'engagement et les frais qui courent derrière. Un contrat d'assurance vie avec des frais énormes, un abonnement gratuit pendant un mois qu'on oublie d'arrêter, un conseiller en gestion de patrimoine qui semble gratuit, mais qui prend des frais gigantesques… Autant d'exemples qui illustrent le fait qu'il faut bien faire attention.

J'espère que cette édition un peu différente vous a plu. Comme toujours, si vous avez des questions, des remarques ou juste pour dire coucou, vous pouvez répondre à ce mail. Je lis tout et je réponds toujours.

Bonne soirée à toutes et à tous et à très vite.

Yoann ❤️