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🛰️ GPS, cadastre, biens publics, socialisme et marchés : quels liens ?

Bien comprendre les biens publics pour bien comprendre les politiques.

Le 11/08/2026

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Ce que vous allez apprendre dans cet article

Hey Snowballers ! J'espère que vous allez bien. Au programme aujourd'hui : 🛰️ Pourquoi le GPS américain, gratuit et géré par l'État depuis 50 ans, n'a jamais déclenché le moindre débat politique aux US vs le nouveau maire de NYC qui veut créer 5 supermarchés gérés par la ville ? 👩‍🏫 Les trois questions d'économie qui permettent de juger si un service devrait être public plutôt que privé. 📰 Comment cette grille s'applique (ou pas) à trois sujets du moment : la part que l'État américain a prise dans Intel, la proposition de Bernie Sanders sur l'IA, et les supermarchés municipaux de Zohran Mamdani à New York. 🧰 [PARTENAIRE DU JOUR] On se demande toujours "quelle action ?" ou "quel ETF ?", et on oublie la décision qui pèse souvent le plus sur le résultat net : dans quelle enveloppe loger ses investissements. Yomoni, une plateforme que j'utilise à titre personnel, propose les quatre (PEA, compte-titres, assurance vie, PER) sur une seule plateforme, en gestion pilotée (et en ce moment, l'offre FLOMONI rembourse une partie de vos frais).

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J'espère que vous allez bien et que les vacances se passent bien pour celles et ceux qui sont déjà en congé.

Pour celles et ceux qui ne le savent pas, j'adore les finances personnelles (fort heureusement), mais ma vraie passion, c'est l'économie. Aujourd'hui, on va donc parler d'un sujet qui est à la frontière entre l'économie et de la politique : les biens publics.

Pourquoi ? Parce que je pense que c'est un sujet primordial à connaître pour tous les citoyennes et citoyens, car on entend souvent les politiques mélanger plein de choses pour manipuler les esprits. L'idée ici n'est pas de vous orienter, mais simplement de vous aider à mieux comprendre le monde qui vous entoure.

Pour cela, on va s'appuyer sur des exemples concrets et passionnants, comme l'invention du GPS par le gouvernement américain ou encore l'invention du cadastre parcellaire par Napoléon. Creusons tout ça...

Yoann ❤️

Est-ce qu'Apple va continuer sa croissance folle pour une entreprise de cette taille ? On a tenté de répondre à cette question dans le Snow Report de dimanche dernier. On a également vu l'effet que pourrait avoir El Niño et l'impact que cela pourrait avoir sur votre portefeuille. Et pour terminer, on a également vu comment le luxe est en train de redistribuer ses cartes dans un environnement où les consommateurs ont moins d'argent à dépenser. 👉 Par ici pour lire l'article (essai gratuit de deux semaines). 📊 Pour retrouver toutes les actions que nous avons analysées depuis six ans (portefeuille en hausse de +144 %), c'est ici. 

Est-ce que vous savez que le GPS que vous utilisez sûrement là, en ce moment, pendant vos vacances coûte environ 2 milliards de dollars par an aux contribuables américains ? Pourtant, personne n'a jamais organisé de manifestation contre ce financement public.

En effet, depuis un an, la question de la propriété publique revient dans le débat, mais pas depuis le camp d'où vous l'attendriez.

Donald Trump a fait entrer l'État américain au capital d'Intel, une part de 9,9 % payée 8,9 milliards de dollars en août 2025 et qui en vaudrait aujourd'hui autour de 50 à 70 milliards.

En fin d'année dernière, le gouvernement néerlandais avait pris le contrôle d'une entreprise tech chinoise : Nexperia.

Bernie Sanders veut prélever 50 % des actions des grandes entreprises d'IA comme OpenAI, Anthropic ou encore spaceXAI (anciennement xAI) pour financer un fonds souverain qu'il chiffre à 7000 milliards de dollars (à prendre avec d'énormes pincettes).

Et à NYC, la ville de Spider-Man (pas amazing d'ailleurs le dernier film de la franchise...), le maire Zohran Mamdani ouvre cinq supermarchés municipaux vendant certains produits 30 % moins cher et là ça fait beaucoup de bruit, car les critiques crient au socialisme, à la dérive vénézuélienne, à la fin du marché libre.

Mais le truc qu'ils oublient toutes et tous, c'est que le service public le plus utilisé de la planète tourne depuis 50 ans sans que personne n'y voie un problème idéologique.

Aujourd’hui, on va donc creuser pourquoi, et comment vous servir de cette différence pour juger les débats à venir (important à l'approche des présidentielles de 2027).

Pour ça, on va commencer avec un peu d'histoire...

🎯 L'essentiel : le GPS n'est pas né d'un plan d'affaires, mais d'une curiosité de chercheurs, financé à fonds perdu par l'État américain pendant vingt ans avant de devenir gratuit pour tout le monde (y compris en dehors des US).

En octobre 1957, l'URSS lance Spoutnik, le premier satellite artificiel. C'est ce petit satellite tout mignon là :

À l'Applied Physics Laboratory de l'université Johns Hopkins, deux jeunes physiciens, William Guier et George Weiffenbach, décident d'écouter son signal radio par curiosité.

Ils remarquent que la fréquence du signal change selon que le satellite s'approche ou s'éloigne. C'est le fameux effet Doppler, le même phénomène qui fait varier le son d'une sirène d'ambulance selon là où elle se situe par rapport à vous.

Et en mesurant ce décalage, ils parviennent à calculer la position exacte de Spoutnik depuis le sol.

Mais du coup, si on connaît la position du satellite, peut-on calculer la position du récepteur au sol ? Vous l'avez deviné, la réponse est oui, et c'est largement plus simple que prévu.

La Marine américaine finance immédiatement un premier système, baptisé Transit, pour localiser ses sous-marins lanceurs de missiles. Un sénateur, Hubert Humphrey, pousse la Marine à ouvrir Transit aux usages civils, et Magnavox commence à vendre des récepteurs.

Transit reste imprécis, jusqu'à 400 mètres d'erreur (le chaos si les Uber avaient 400m d'erreur 😅). Ce qui manque, c'est une horloge assez stable pour mesurer les signaux à la nanoseconde près. Cette horloge, elle existe depuis 1949, c'est l'horloge atomique, mais il faudra attendre jusqu'en 1974 pour en placer une en orbite.

À la fin des années 70, le GPS remplace Transit. Il devient décisif pendant la guerre du Golfe en 1991. Mais jusqu'en 2000, le signal civil reste volontairement dégradé pour préserver l'avantage militaire. Bill Clinton met fin à cette dégradation le 1er mai 2000 et ouvre le signal complet, gratuitement, à tout le monde sur Terre. C'est quand même assez ouf, je ne connaissais pas du tout cette histoire avant d'écrire cette édition ! Et quand on y pense, le GPS a permis l'émergence et l'amélioration de tellement d'entreprises ! Uber, les voitures autonomes, les livraisons, le suivi des espèces animales, Strava (😅), etc.

Aujourd'hui, des milliards d'appareils dans le monde utilisent le GPS. Le maintenir coûte environ 2 milliards de dollars par an aux contribuables américains, soit environ 6 dollars par habitant. Une panne prolongée coûterait environ 1 milliard de dollars par jour à la seule agriculture américaine, selon des estimations reprises par plusieurs études.

"Mais où veux-tu en venir Yoann ?"

Avant d'avoir la réponse à cette question, place à notre deuxième partenaire du jour qui vous permet d'investir dans un actif alternatif que vous écoutez certainement toutes et tous quotidiennement : la musique.

Un bien public, au sens strict de la théorie économique, répond à deux critères relativement simples à comprendre :

  • il est non rival : que vous l'utilisiez n'empêche pas quelqu'un d'autre de l'utiliser en même temps ;
  • et il est non exclusible : si on prend l'exemple du GPS, une fois le signal émis, il est techniquement impossible d'empêcher qui que ce soit de le capter.

Le GPS remplit en effet les deux critères presque parfaitement. C'est pour ça qu'aucun acteur privé n'aurait pu le construire seul : personne ne peut faire payer un signal que tout le monde peut recevoir gratuitement avec une antenne.

C'est aussi ce qu'on appelle une défaillance de marché en éco, une situation où le marché seul ne produira jamais le bien, même s'il a une valeur énorme, parce qu'il n'existe aucun moyen de le monétiser (le côté obscur du capitalisme).

Mais il faut savoir que la gratuité du signal n'empêche pas les tensions géopolitiques. La Russie exploite son propre système, Glonass, la Chine a déployé Beidou, et l'Union européenne a construit Galileo. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'aucun de ces pays ne veut dépendre uniquement d'une infrastructure que Washington pourrait, en théorie, couper ou dégrader à nouveau en cas de conflit.

La neutralité du GPS est purement une décision politique réversible. Rien ne garantit qu'il continuera d'être gratuit et accessible dans le futur.

🎯 L'essentiel : la France a son propre GPS, en version cartographique et météorologique.

Remontons encore plus dans le temps. Nous sommes en 1807, Napoléon impose par la loi du 15 septembre la création d'un cadastre parcellaire unique pour toutes les communes de l'Empire. Pourquoi ? Pas pour les beaux yeux des Françaises et Français.

L'objectif (comme souvent dans le tracking des citoyennes et citoyens) est fiscal : mesurer et cartographier une centaine de millions de parcelles pour répartir équitablement l'impôt foncier. Le chantier dure plus de quarante ans et cette cartographie donne naissance, en 1940, à l'Institut géographique national, devenu l'IGN, chargé depuis de représenter le territoire français dans le moindre détail. Vous avez certainement des cartes IGN chez vous d'ailleurs :

En plus des cartes IGN que j'ai citées plus haut, si vous avez déjà consulté le Géoportail avant d'acheter un terrain ou une maison, vous avez utilisé cette même infrastructure. Et depuis le 1er janvier 2021, l'IGN a ouvert gratuitement l'ensemble de ses données publiques, cartographie, relief, forêts, sous licence libre.

Avant cette date, une partie de ces données faisait l'objet de redevances. C'est exactement le même geste que Bill Clinton a fait en 2000, donc rendre une infrastructure payée par l'impôt, gratuite et librement accessible → un bien public.

Le même scénario s'est reproduit avec Météo-France. Créé par décret en 1993, l'établissement produit chaque jour les prévisions, les alertes de vigilance et la mémoire du climat français. Il fonctionne avec une subvention de l'État qui représentait environ 210 millions d'euros en 2025, soit environ la moitié de ses ressources, complétée par des redevances de l'aviation civile et des ventes commerciales.

Et depuis le 1er janvier 2024, l'ensemble des données publiques de Météo-France, prévisions, observations, archives climatiques, sont accessibles gratuitement, alors qu'une partie était jusque-là payante. GPS, IGN, ou encore Météo-France, à chaque fois, l'État a d'abord financé l'outil pour ses propres besoins, souvent militaires ou fiscaux, avant de constater qu'il n'y avait plus grand intérêt à faire payer un usage qui ne coûte presque rien à multiplier. Au contraire, les avantages pour l'économie sont souvent bien plus élevés que les redevances. Et in fine, si une économie se développe, c'est encore plus d'impôts pour les États...

Ce sont les mêmes critères des biens publics qui s'appliquent à Météo France.

Une prévision météo diffusée ne s'épuise pas si un million de personnes la consultent, et une fois publiée, il est difficile d'empêcher quelqu'un d'y accéder. Par contre, la partie coûteuse, ce sont les supercalculateurs et les satellites qui la produisent, pas sa distribution.

C'est ce qu'on appelle en économie un monopole naturel : les coûts fixes sont énormes, les coûts de reproduction sont proches de zéro, et il n'y a aucun intérêt économique à ce que deux réseaux concurrents financent chacun leurs propres satellites météo (sauf dans le cas de conflits géopolitiques comme on peut le voir avec le GPS). C'est un peu le troisième critère du bien public.

OK, maintenant vous comprenez un peu mieux ce que sont les vrais biens publics, passons maintenant à des analyses actuelles pour voir que les discours politiques brouillent parfois les pistes...

🎯 L'essentiel : aucun des trois débats qui font la une en ce moment ne porte sur un bien public au sens économique. Ce sont trois logiques différentes.

Vous vous souvenez de la grille qui détermine un bien public ?

  • Non rival ;
  • non exclusible ;
  • monopole naturel dans la production.

Appliquons cette grille aux trois sujets qui ont relancé le débat cette année.

Intel et la prise de participation par l'État américain.

La part de 9,9 % que l'État américain détient dans Intel ne répond à aucun des deux premiers critères. Une puce électronique est un bien parfaitement rival, celle que vous achetez, personne d'autre ne peut l'acheter, et parfaitement exclusible, Intel peut refuser de vous en vendre si vous ne payez pas.

Cette opération relève d'une autre logique qu'on appelle souvent la souveraineté industrielle. Trump et son administration justifient cette prise de participation en expliquant qu'Intel serait le dernier fabricant américain capable de produire des puces de pointe sur le sol national.

Il faut savoir que le gouvernement américain a multiplié ce type de prise de participation avec environ 26,7 milliards de dollars répartis sur une trentaine d'opérations selon une enquête de Fortune, dont une part de 400 millions de dollars dans le producteur de terres rares MP Materials. Le truc commun entre ces opérations est cette même logique de politique industrielle, la protection d'une capacité de production jugée stratégique.

Bernie Sanders et la création d'un fonds souverain en prélevant 50 % des actions des entreprises d'IA.

La proposition de Bernie Sanders relève encore d'une troisième logique, la redistribution.

Son projet de loi prélèverait 50 % des actions des entreprises d'IA générant plus de 200 millions de dollars de revenus, OpenAI, Anthropic et SpaceXAI en tête, pour alimenter un fonds souverain qu'il estime à environ 7000 milliards de dollars, avec un dividende annuel qui pourrait atteindre 1045 dollars par personne. Son raisonnement : les modèles d'IA sont entraînés sur des contenus créés par des millions de personnes qui n'ont jamais été rémunérées, donc une partie des gains devrait leur revenir.

Les supermarchés municipaux de Zohran Mamdani.

Ils échouent eux aussi au test des biens publics. Une pomme achetée dans un magasin municipal est une pomme que personne d'autre ne peut acheter. Les cinq magasins prévus, un par arrondissement, doivent vendre un panier de produits de base, fruits, légumes, viande, lait, pain, environ 30 % moins cher, en s'appuyant sur une exemption de loyer et de taxe foncière.

Il faut savoir que le prix des courses à New York a augmenté d'environ 66 % en dix ans selon la ville elle-même, et l'objectif affiché est de répondre à ce problème dans les zones les moins bien desservies.

C'est donc une politique de redistribution ciblée sur un désert alimentaire, pas forcément une correction d'une défaillance de marché.

Quand on écoute les commerçants qui sont proches de ces supermarchés municipaux, le risque est que cette subvention déplace une partie de leur clientèle sans résoudre le problème de fond.

Des expériences comparables lancées dans de petites villes américaines, à Baldwin en Floride et à Erie au Kansas, ont d'ailleurs fermé après quelques années de tests.

Je ne dis aucunement que ces trois opérations sont illégitimes. Loin de là ! Mon point c'est juste qu'elles ne se défendent pas avec les mêmes arguments, et elles ne comportent pas les mêmes risques pour un investisseur ou un contribuable.

Confondre les trois, comme le font la plupart des débats sur les réseaux, peut être une grave erreur pour prendre des décisions éclairées.

Parfois un bien public géré par le gouvernement est top, parfois non.

Parfois une politique de redistribution est top, parfois non.

Dire que quelque chose est socialiste ou communiste, donc forcément mauvais, est une grave erreur. Tout comme dire que quelque chose est pro-marché ou capitaliste, donc forcément mauvais, est une autre grave erreur.

Cette grille des biens publics en trois questions rend un vrai service, car elle sort le débat du duel stérile entre "socialisme" et "marché libre" pour poser une question plus utile, à quel problème économique précis ce financement public répond-il.

Cela dit, deux trucs à rajouter avant de vous quitter :

  • La première : réussir le test au moment de sa création ne protège pas un bien public dans la durée. Le rapport du Sénat sur le budget de Météo-France note que la suppression des redevances pourrait coûter environ 3 millions d'euros par an à l'établissement, sans certitude que l'État compense intégralement ce manque à gagner. Un bien public qui fonctionne bien devient vite invisible politiquement, et ce qui est invisible se fait couper en premier au moment des économies budgétaires.
  • Comme je disais, la part de l'État dans Intel n'a rien d'un bien public, et elle est aujourd'hui valorisée presque cinq fois son prix d'achat sur le papier. Ce qui compte, pour quiconque détient ce genre de valeur en portefeuille, ce sont les termes réels de l'accord : l'État reste-t-il un actionnaire passif, sans siège au conseil, ou commence-t-il à peser sur les décisions de l'entreprise ? Cette question, beaucoup moins spectaculaire qu'un débat sur le socialisme vs capitalisme, nous dit si l'opération profite aux autres actionnaires ou leur fait courir un risque politique nouveau.

Bref, la prochaine fois qu'un débat sur une nationalisation, une subvention ou une prise de participation s'emballera dans votre fil d'actualité, vous aurez maintenant une petite grille de lecture.

Et comme toujours, si vous avez des remarques ou autres, n'hésitez pas à répondre à cet e-mail. Je lis et réponds à 100 % de vos messages (même si parfois je suis un peu long).

Excellente soirée à toutes et à tous et à très vite.

Yoann ❤️

  • Matt Stoller, "Google Maps, Uber, and Wall Street Run on Socialism", The Big Newsletter (thebignewsletter.com)
  • The Aerospace Corporation, "Brief History of GPS" (aerospace.org)
  • Johns Hopkins University, "Funding a world of good", JHU Hub (hub.jhu.edu)
  • BBC Science Focus, "Why the US keeps paying $2bn a year to keep GPS free for other countries" (sciencefocus.com)
  • Wikipédia, "Cadastre napoléonien"
  • IGN, annonce d'ouverture des données publiques au 1er janvier 2021 (ign.fr)
  • Ministère de la Transition écologique, annonce d'ouverture des données Météo-France au 1er janvier 2024 (ecologie.gouv.fr)
  • Sénat, rapport sur le budget de Météo-France, projet de loi de finances 2025 et 2026 (senat.fr)
  • Intel Newsroom, "Intel and Trump Administration Reach Historic Agreement" (newsroom.intel.com)
  • Fortune, "The U.S. government invested $27 billion in corporate stakes. Good luck finding them" (fortune.com)
  • Fox Business et DataCenterDynamics, couverture du American AI Sovereign Wealth Fund Act de Bernie Sanders
  • NYC Mayor's Office, "Mayor Mamdani Announces La Marqueta as First Site Identified for City's Public Grocery Stores" (nyc.gov)
  • Forbes, "Do Mamdani's City-Run Grocery Stores Break Economics 101?" (forbes.com)