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🏦 Ça sert à quoi une banque ?

Il se passe quoi quand vous faites un prêt immo ?

Le 07/07/2026

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Ce que vous allez apprendre dans cet article

Hey Snowballers ! J'espère que vous allez bien. Au programme aujourd'hui : 💸 Qui crée vraiment la monnaie (spoiler : ce n'est pas la planche à billets) et pourquoi 90 % de l'argent en circulation n'existe que sous forme d'écritures. 🚰 Pourquoi les banques sont la tuyauterie invisible de l'économie, et ce qui se passerait si on coupait l'eau. 💥 Comment ce système peut dérailler en crise systémique, et ce que la réglementation post-2008 change concrètement pour votre épargne et vos investissements. 🏗️ Et si vous pouviez rejoindre un cercle privé d'investisseurs qui achètent, rénovent et revendent des biens immobiliers avec un TRI moyen de 10,9 % sur des opérations courtes (7 à 12 mois) ? C'est ce que propose Blocshare. Et avec le lien ci-dessous, vous bénéficiez de 2 % de cashback immédiat sur votre premier investissement.

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⏱️ Temps de lecture : 15 minutes

Nous sommes en 2008, je fais ma troisième année de licence en économie à Memphis dans le Tennessee en pleine crise des subprimes. Tous les jours, les médias parlent de cette crise sans précédent qui a été déclenchée à cause de banques trop laxistes.

Pour rappel, la crise des subprimes éclate en 2007 après que des banques américaines ont accordé de nombreux prêts immos risqués à des ménages peu solvables. Elles ont ensuite regroupé ces prêts dans des produits financiers revendus à des investisseurs du monde entier (parce que why not ?). Lorsque les emprunteurs ont cessé de rembourser, ces produits ont perdu leur valeur, cela a fait boom ! Et le système financier mondial a implosé provoquant des récessions un peu partout dans le monde.

Aujourd'hui, je voulais donc explorer le rôle exact des banques dans nos économies, car comprendre leur rôle, c'est aussi mieux comprendre le monde qui nous entoure et, in fine, avoir plus de contrôle sur sa vie financière.

🎁 Avant de se plonger dans le vif du sujet, voici ce que vous avez raté dimanche si vous n'êtes pas (encore) abonnés à la version prémium de Snowball (on vous offre deux semaines si vous voulez tester) :

Où investir 100 000 € aujourd'hui ? C'est la question qu'on s'est posée dimanche dans le Snow Report en décortiquant ce que proposent plusieurs experts. On a également exploré pourquoi Goldman Sachs pense que l'or va prendre 20 % au second semestre de cette année. Et pour terminer, on a également analysé un phénomène qui fait un peu peur, mais qui pourrait créer pas mal d'opportunités : "la fin du fun". 👉 Par ici pour lire l'article (essai gratuit de deux semaines). 📊 Pour retrouver toutes les actions que nous avons analysées depuis 6 ans (portefeuille en hausse de +120 %), c'est ici.

Le 9 mars 2023, les clients de la Silicon Valley Bank retirent 42 milliards de dollars en une seule journée depuis leur smartphone, en quelques clics. 48 heures plus tard, la seizième banque américaine n'existe plus. Pour comprendre comment une institution peut s'évaporer aussi vite, il faut comprendre ce qu'est vraiment une banque.

Et étrangement, c'est assez différent de ce que peut imaginer l'esprit collectif. Creusons tout ça.

Quand on pense "banque", le premier truc qu'on imagine souvent, c'est un big coffre-fort comme dans les films : vous déposez votre argent, la banque le garde, et elle en prête une partie à d'autres. Simple, efficace, mais faux.

Une banque moderne ne prête pas l'argent des autres. Elle crée de la monnaie quand elle accorde un crédit, et elle en détruit quand ce crédit est remboursé. C'est un peu le cœur du réacteur de nos économies, et c'est ce qui rend les banques à la fois extrêmement utiles et potentiellement dangereuses si elles font n'importe quoi.

En France, ce réacteur est énorme. Le pays compte plus de 300 banques, environ 350 000 salariés du secteur et un total au bilan d'environ 9300 milliards d'euros fin 2023 selon l'ACPR. Soit plus de trois fois le PIB français. Cinq banques françaises figurent parmi les dix plus grosses de la zone euro, BNP Paribas est la première.

En quoi ça vous concerne : votre compte courant, votre livret A, votre crédit immo, votre PEA, tout passe par cette machine. Comprendre comment elle fonctionne, c'est comprendre où est (vraiment) votre argent, ce qui le protège et ce qui peut le menacer.

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🎯 L'essentiel : environ 90 % de la monnaie en circulation dans la zone euro est de la monnaie scripturale, c'est-à-dire créée par les banques quand elles accordent des crédits aux particuliers ou aux sociétés. Les billets et les pièces sont l'exception, pas la règle.

Commençons par l'un des premiers trucs qu'on apprend en fac d'éco (en mode simplifié, ici). Il existe plusieurs formes de monnaie qui coexistent :

  • la monnaie fiduciaire : les pièces et billets, créés par la banque centrale. C'est celle qu'on peut voir et toucher, mais elle ne représente qu'environ 10 % de la monnaie en circulation ;
  • la monnaie scripturale : les chiffres inscrits sur vos comptes bancaires. Elle circule par virement, carte ou chèque. C'est environ 90 % du total ;
  • la monnaie centrale : les réserves que les banques commerciales détiennent sur leur compte à la banque centrale. Vous n'y avez pas accès, mais c'est le fuel qui permet aux banques de se payer entre elles.

Quand votre banque vous accorde un crédit immo de 300 000 €, elle ne pioche pas dans le compte de vos voisins. Elle inscrit simplement 300 000 € sur votre compte par magie (non, en fait par un jeu d'écriture comptable). Cette monnaie n'existait pas la veille. Les économistes disent que "les crédits font les dépôts". Et quand vous remboursez, ben l'opération inverse se produit : la monnaie est détruite.

Vous allez me dire que tout ça est un peu magique et que les banques pourraient créer de l'argent à l'infini. En théorie oui, mais en pratique, ce superpouvoir n'est pas illimité, et heureusement.

Trois freins existent :

  • la demande de crédit (une banque ne prête que si quelqu'un veut emprunter et semble solvable) ;
  • les besoins en monnaie centrale (quand votre virement part vers une autre banque, la vôtre doit régler en monnaie centrale qu'elle doit se procurer) ; et
  • la réglementation (on y revient plus bas).

La banque centrale pilote l'ensemble avec ses taux directeurs : quand la BCE (Banque centrale européenne) monte ses taux, le crédit coûte plus cher, on emprunte moins, la création monétaire ralentit. C'est pour ça que je vous parle très souvent de taux d'intérêt de la banque centrale ici.

La BCE mesure tout ça avec des "agrégats monétaires" (un autre truc qu'on apprend en première année d'éco) :

  • M1 regroupe les billets et les dépôts à vue : environ 11 100 milliards d'euros fin 2025 ;
  • M2 ajoute l'épargne rapidement mobilisable (votre livret A en fait partie) ;
  • M3, l'agrégat le plus large, dépasse 17 300 milliards d'euros début 2026. Pour situer : c'est plus que le PIB annuel de toute la zone euro.

Il s'agit des chiffres pour l'Europe, pas seulement la France.

💡 Fun fact au passage : le mot "banque" vient de l'italien banca, le banc sur lequel les changeurs lombards travaillaient au Moyen Âge. Quand l'un d'eux faisait faillite, on cassait son banc : banca rotta. Oui, c'est l'origine du mot "banqueroute".

🎯 L'essentiel : les banques assurent trois fonctions vitales : faire circuler les paiements, transformer l'épargne courte en financement long et sélectionner les projets à financer. Sans elles, l'économie s'arrête en quelques jours.

On compare souvent les banques à la tuyauterie d'un bâtiment : personne n'y pense tant que ça fonctionne. Regardons ce qui coule dans ces tuyaux.

Premier rôle : les paiements. Chaque salaire versé, chaque course payée par carte, chaque loyer prélevé transite par le système bancaire. En coulisses, les banques se règlent leurs dettes mutuelles via des systèmes gérés par les banques centrales, comme TARGET en zone euro, qui brasse plus de 2000 milliards d'euros par jour. Si ce truc tombe en panne, plus personne n'est payé. Littéralement.

Deuxième rôle : la transformation. Vous voulez pouvoir retirer votre argent à tout moment, mais l'économie a besoin de financements sur 25 ans ou plus. Les banques doivent donc faire le grand écart entre les deux : elles empruntent court (vos dépôts) et prêtent long (crédits immobiliers, prêts aux entreprises). C'est un service immense rendu à l'économie, mais aussi un gros talon d'Achille. On y arrive.

Troisième rôle : la sélection. Une banque qui étudie votre dossier de prêt fait un travail d'analyse du risque. À l'échelle d'un pays, ce tri décide quels projets, quelles entreprises, quels ménages obtiennent des ressources. En France, plus de 95 % des PME qui demandent un crédit d'investissement l'obtiennent, selon la Banque de France.

En quoi ça vous concerne : cette tuyauterie irrigue aussi vos investissements. Votre courtier en bourse s'appuie sur des banques dépositaires. Votre assurance vie investit dans des obligations émises… souvent par des banques (et des États). Et le crédit bancaire finance les entreprises dans lesquelles vous investissez.

💡 Fun fact : la plus vieille banque du monde encore en activité est dans un pays qui n'a pas participé à la Coupe du monde masculine de football cette année… Vous avez deviné ? Elle est italienne. La Monte dei Paschi di Siena a été fondée en 1472, 20 ans avant que Christophe Colomb traverse l'Atlantique. Elle a survécu aux guerres, à la peste et, plus difficilement, à la crise de 2008. Autre petite pépite pour les geeks de finance : le premier billet de banque européen est né en 1661 chez Stockholms Banco, en Suède. La banque a fait faillite quelques années plus tard pour en avoir trop imprimé. De grands pouvoirs…

🎯 L'essentiel : une banque repose sur la confiance. Si elle disparaît, c'est la panique. Et en général, cette confiance disparaît extrêmement vite. Depuis 2008, la réglementation impose plus de fonds propres, plus de liquidité et des mécanismes de sauvetage qui protègent d'abord les déposants.

Le problème avec notre système bancaire, c'est que si tout le monde réclame sa thune en même temps, bah aucune banque ne peut suivre, puisque plus d'argent est prêté à long terme. C'est ce qu'on appelle le bank run dans le jargon, ou la panique bancaire en français.

Le plus vicieux, c'est qu'une simple rumeur suffit : si chacun croit que les autres vont retirer, chacun a intérêt à retirer en premier. La peur crée la faillite qu'elle redoutait, même si on pouvait l'éviter. Est-ce que c'est ce qu'il s'est passé en 2008 ? Pas vraiment.

En 2008, le problème était surtout la solvabilité : les banques avaient accumulé des crédits immos américains douteux, reconditionnés en produits financiers opaques. Regardez cet extrait de The Big Short, vous comprendrez.

Et la faillite de Lehman Brothers en septembre 2008 a gelé la confiance entre banques elles-mêmes, et les États ont dû intervenir massivement pour éviter l'effondrement.

Mais en 2023, la Silicon Valley Bank nous a montré qu'une banque qui respecte les ratios peut quand même s'effondrer, car elle était mal couverte contre la hausse des taux et trop dépendante de gros clients. Dans la foulée, la banque Credit Suisse, affaiblie par des années de scandales, a été rachetée en urgence par UBS pour 3 milliards de francs suisses : 167 ans d'histoire évaporés en un petit week-end.

Après 2008, les régulateurs ont musclé le jeu, avec notamment les accords dits de Bâle III :

  • plus de fonds propres : les banques doivent financer une part plus importante de leurs actifs avec leur propre capital, pour absorber les pertes sans faire faillite ;
  • des ratios de liquidité : elles doivent détenir assez d'actifs liquides pour survivre à 30 jours de retraits massifs ;
  • une surveillance centralisée en Europe : depuis 2014, la Banque centrale européenne supervise directement les plus grandes banques de la zone euro, avec des stress tests réguliers (des sortes de simulation pour voir si elles peuvent survivre à de gros problèmes) ;
  • le principe du bail in : en cas de faillite, ce sont d'abord les actionnaires et certains créanciers qui paient, pas le contribuable.

Mais attention, ce filet de sécurité n'est pas une assurance tous risques. Les crises migrent souvent vers les zones moins régulées (les humains chercheront toujours moins de régulation), comme la finance non bancaire (fonds, crédits privés, shadow banking, etc.). Et l'épisode de la Silicon Valley Bank a montré qu'un bank run à l'ère des réseaux sociaux va juste plus vite que les régulateurs. La réglementation peut réduire la fréquence et la violence des crises, mais elle ne les supprime pas.

En quoi ça vous concerne : côté finances persos, retenez surtout la garantie des dépôts : en France, le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) couvre jusqu'à 100 000 € par déposant et par établissement (comptes courants, livrets bancaires, PEL…). Attention cela dit, certaines néobanques ne sont pas des banques, mais des établissements de paiement ou de monnaie électronique, avec des mécanismes de protection différents. Vérifiez toujours qui détient réellement la licence bancaire derrière l'app que vous utilisez. Vos livrets A, LDDS et LEP bénéficient en plus d'une garantie de l'État, distincte, jusqu'à 100 000 €. Vos titres (actions, ETF, fonds) ne sont pas dans le bilan de la banque : en cas de faillite, ils vous sont restitués, avec une garantie complémentaire de 70 000 € en cas de fraude ou de disparition des titres. Si votre patrimoine en cash dépasse ces plafonds, le réflexe est simplement de répartir entre plusieurs établissements.

Les banques sont probablement l'infrastructure la plus mal aimée et la plus indispensable de nos économies. On peut leur reprocher beaucoup de choses : des frais parfois opaques et élevés, des dérives spéculatives réelles, une taille qui crée un chantage implicite au sauvetage (le fameux too big to fail). Tout ça est documenté et mérite la critique, c'est sûr.

Mais le discours "les banques ne servent à rien" ou "tout va s'effondrer", très présent en ligne, manque cruellement de nuance (comme plein de choses dans notre monde).

La création monétaire par le crédit est un mécanisme public, documenté par les banques centrales elles-mêmes, et c'est ce qui permet à une économie de croître sans attendre d'avoir extrait plus d'or (c'est l'un des mécanismes les plus importants en finance et qui a permis à nos économies de croître).

Le vrai débat n'est pas "pour ou contre les banques", mais plutôt: "Quel niveau de garde-fous acceptons-nous de payer ?" Car la sécurité a forcément un coût : plus de fonds propres, c'est aussi du crédit un peu plus cher et un accès plus difficile au logement. Il faut aussi savoir que c'est un système très politisé, donc tout ne dépend pas des banques…

En tout cas, pour vous, la conclusion est simple : le système bancaire européen est aujourd'hui bien plus solide qu'en 2007. Utilisez les protections existantes (garantie des dépôts, répartition entre établissements au-delà de 100 000 €), et gardez en tête que votre exposition aux banques ne se limite pas à votre compte courant : elles pèsent aussi dans les indices boursiers et dans les fonds euros de vos assurances vie.

Voilà, vous savez maintenant pourquoi votre banquier ne garde pas tout ce qu'il y a sur votre compte dans un coffre, et pourquoi c'est (généralement) une bonne nouvelle.

C'est tout pour aujourd'hui, j'espère que cette édition vous sera utile.

Et comme toujours, si vous avez des remarques ou autres, n'hésitez pas à répondre à cet email. Je lis et réponds à 100 % de vos messages (même si parfois je suis un peu long).

Excellente soirée à toutes et à tous !

Yoann ❤️