
🔥 Inflation : quel impact sur votre portefeuille ?
+ des cas historiques d'hyperinflation dont un avec des prix qui doublent toutes les 15 heures
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Ce que vous allez apprendre dans cet article
⏱️ Temps de lecture : 18 minutes
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🏢 À la retraite, votre revenu est souvent divisé par deux. Vous avez prévu quoi pour l'autre moitié ? C'est la question que pose Iroko. Leur réponse : l'immobilier d'entreprise, dont vous pouvez estimer le potentiel de revenus en quelques clics grâce à leur simulateur.
Commençons par un chiffre qui fait un peu mal : à la retraite, un cadre du secteur privé perd en moyenne la moitié de ses revenus (taux de remplacement net moyen de 51,9 %, selon le Conseil d'orientation des retraites, juin 2026). Et plus vous gagnez bien votre vie aujourd'hui, plus la chute fait mal, car le taux de remplacement baisse à mesure que le salaire monte. Le pire ? 70 % des actifs ne connaissent même pas le montant de leur future pension (franchement, j’ai oublié le mien aussi, je l’avais calculé il y a quelques années). Du coup, beaucoup découvrent le "trou" à combler bien trop tard pour agir. Ajoutez à ça un système par répartition à l'avenir incertain et un PER qui a perdu de son attrait fiscal en 2026, et le constat est relativement simple : anticiper cette baisse de revenus est une nécessité (et je le répète souvent ici d’ailleurs). La réponse d'Iroko : 📊 Connaître, en euros, ce que vous pouvez vous constituer. L'idée de départ est de vous montrer concrètement le complément de revenus mensuels que vous pourriez générer grâce à un simulateur simple à utiliser. 💶 Des revenus potentiels chaque mois, issus des loyers de 190 immeubles à travers l'Europe. Vous investissez dans la SCPI Iroko Zen, elle perçoit les loyers de son parc immobilier d'entreprise et vous reverse des dividendes potentiels pour compléter votre pension mois après mois. 🧮 Un exemple concret. Une cadre de 55 ans gagnant 6000 € net par mois, avec une retraite estimée à 3180 €, fait face à une baisse de 2820 € par mois. En investissant 70 000 € au départ + 1000 € par mois pendant 10 ans dans Iroko Zen (objectif de rendement non garanti de 5,5 % par an), elle pourrait générer un revenu potentiel moyen de 584 € par mois. 🌍 Une SCPI moderne et diversifiée. Iroko Zen mise sur l'immobilier d'entreprise européen (bureaux, commerces, logistique, santé), avec une approche pensée pour limiter les frais (pas de frais de souscription, ce qui est rare sur le marché des SCPI et change beaucoup de choses sur la performance nette à long terme).
https://www.iroko.eu/lp/simulation-retraite-resultats?utm_source=snowball&utm_medium=media&utm_campaign=retraite&utm_content=newsletter
Ici Yoann, j’espère que vous allez bien et que vous passez un bon mardi.
Ça, c'est le prix du pain depuis 1800 :
On peut voir qu'il a été relativement stable dans les années 1800 avant de décoller. Décollage lié à la hausse de l'inflation, ce mécanisme qui fait monter les prix et diminuer le pouvoir d'achat avec le temps, toutes choses égales par ailleurs.
Aujourd'hui, on va étudier ce mécanisme et aussi voir comment ce dernier et son contraire (donc la déflation) peuvent détruire des sociétés.
C'est parti pour creuser tout ça.
Et avant :
✨ Quel impact va avoir l'entrée en bourse d'Anthropic sur vos actions ? On a tenté de répondre à cette question dans le Snow Report de dimanche dernier. On a également vu l'impact de la dernière hausse des taux de la Fed sur votre portefeuille. Et pour terminer, on a également vu comment le nouvel iPhone Duo pourrait représenter le futur d'Apple. 👉 Par ici pour lire l'article (essai gratuit de deux semaines). 📊 Pour retrouver toutes les actions que nous avons analysées depuis 6 ans (portefeuille en hausse de +146 %), c'est ici.
Yoann ❤️
Tout le monde en parle : les prix de l'énergie repartent à la hausse, la zone euro affiche 3,3 % d'inflation sur un an en août 2026, bien au-dessus des 2 % que se fixe la Banque centrale européenne. Pour rappel, un des principaux jobs d'une banque centrale est de maintenir la stabilité des prix en visant un taux d'inflation de 2 % par an qui est mesuré en regardant un panier de différents produits de la vie courante. Donc en début d'année, ce panier vaut 100 €, à la fin de l'année, il ne doit pas dépasser 102 € en moyenne.
Et ce mécanisme fait donc chuter le pouvoir d'achat de votre argent vu que vous pouvez acheter de moins en moins de choses avec la même somme.
Depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient fin février 2026 et le blocage partiel du détroit d'Ormuz, la facture énergétique européenne s'envole (surtout qu'elle avait pris cher suite à la guerre en Ukraine et la coupure des robinets russes).
En août 2026, les prix à la consommation augmentent de 2,4 % sur un an en France selon l'Insee, et de 3,3 % dans la zone euro selon Eurostat, un plus haut de trois ans. L'énergie tire presque tout : +16,7 % sur un an en France.
Ce qui m'a donné envie d'écrire cette newsletter, c'est un texte de l'essayiste américain Ted Gioia. Il y relit Le Monde d'hier. Souvenirs d'un Européen de Stefan Zweig, le témoignage de l'écrivain autrichien qui a traversé deux effondrements monétaires avant de se suicider au Brésil en 1942. Gioia nous dit que c'est intéressant de voir ce qui s'est passé dans l'histoire, car nous sommes dans des cycles et les histoires du passé peuvent nous enseigner beaucoup de choses sur les histoires du présent et du futur.
❓ En quoi ça vous concerne
Entre une inflation à 2 % et une inflation à 3,3 %, l'écart paraît tout petit. Mais sur 20 ans, il ne l'est pas du tout :
- 10 000 € qui dorment perdent 33 % de pouvoir d'achat dans le premier cas :
- et 48 % dans le second cas. Donc 1,3 point d'inflation en plus a fait perdre 15 points de plus à vos 10 000 €.
Vous pouvez vous amuser avec la calculatrice Snowball ici si vous voulez.
Et surtout, les trois régimes de prix (stable, déflation, inflation) n'appellent pas du tout les mêmes décisions d'épargne. Autant savoir les distinguer pour pouvoir agir en conséquence.
Déjà, il faut savoir que l'inflation n'est pas mauvaise en soi, contrairement à ce qu'on pourrait imaginer.
🎯 L'essentiel : une inflation faible et prévisible rend l'économie plus souple. La cible de 2 % n'a rien de scientifique, c'est un compromis pratique né d'une phrase lâchée à la télévision.
Je l'ai dit un peu plus haut : l'inflation, c'est la hausse du niveau général des prix. Elle apparaît quand la demande solvable (la monnaie qui circule et la vitesse à laquelle elle change de mains) dépasse ce que l'économie peut produire. Une inflation faible permet de rendre quatre services :
- elle permet d'ajuster les salaires réels sans licencier : une entreprise en difficulté ne baisse presque jamais les salaires affichés, mais elle peut geler les augmentations pendant que les prix montent ;
- elle donne de la marge à la Banque centrale : pour baisser les taux en cas de crise, encore faut-il qu'ils soient au-dessus de zéro ;
- elle allège mécaniquement les dettes à taux fixe, dont les crédits immobiliers et les dettes étatiques ;
👩🏫 Votre mensualité de crédit ne bouge pas pendant 20 ans, pendant que les salaires et les prix montent autour d'elle. Elle pèse donc de moins en moins lourd dans votre budget. Un État endetté profite du même effet, ses recettes fiscales suivant les prix alors que sa dette reste figée. Ce que l'emprunteur gagne, le prêteur le perd.
- elle décourage enfin les ménages et les entreprises de laisser l'argent dormir.
Mais d'où vient cette cible de 2 % ? Non, ce n'est pas un cabinet de grandes et grands économistes qui a trouvé ce chiffre… Le 1er avril 1988, le ministre des Finances néo-zélandais Roger Douglas est interrogé à la télévision sur l'inflation de son pays, qui vient de repasser sous 10 %. Il répond qu'il vise plutôt "0 % à 1 %".
Don Brash, nommé gouverneur de la Banque centrale quelques mois plus tard, hérite de cette phrase, y ajoute une marge pour tenir compte des biais de mesure, et en fait une fourchette de 0 % à 2 %. Brash a reconnu depuis que le chiffre avait été sorti du chapeau.
La loi néo-zélandaise de 1989 grave ce chiffre dans le marbre et une soixantaine de pays finissent par l'adopter, comme la Banque centrale européenne (BCE) qui vise 2 % depuis sa création.
On peut dire qu'une inflation à 2 % est une sorte d'impôt invisible sur votre cash et un petit cadeau aux personnes qui empruntent. C'est aussi la raison pour laquelle un livret A qui rapporte moins que l'inflation vous appauvrit lentement, même quand son solde augmente.
Si un peu d'inflation, c'est cool, la déflation, donc la chute des prix, n'est pas vraiment top, contrairement à ce qu'on peut imaginer.
Mais avant de voir ça, place à un partenaire qui peut justement vous aider à combattre l'inflation tout en ayant un impact positif.
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Le modèle de la foncière de Vasco est à la fois bénéfique pour les propriétaires et pour les investisseurs, et c'est ce que j’apprécie. L'idée : la foncière finance les travaux de rénovation énergétique de familles qui ne peuvent ni emprunter ni avancer le reste à charge. En échange, elle acquiert une part décotée de leur logement, devant notaire. Et il ne s’agit pas de dette exotique, mais de l'immo résidentiel en direct, diversifié sur tout un parc. 💶 Un rendement cible de 9 % par an via deux leviers : valeur verte (tirée de la décote à l'entrée), car la foncière entre au capital de chaque bien en dessous de sa valeur dès la signature, et la rénovation augmente ensuite la valeur du logement d'environ 20 % selon les Notaires de France + défiscalisation. 💸 25 % du montant investi sont déduits de vos impôts grâce à l'agrément ESUS (Entreprise solidaire d'utilité sociale) et exonération d'IFI. Pour les personnes morales, l'investissement est éligible à l'apport-cession (150-0 B ter) donc pratique si vous avez cédé une entreprise récemment. 🌍 Un impact réel et mesurable. 70 % des ménages financés sont des ménages modestes, et 2000 € investis = 10 tonnes de CO₂ évitées. Vous améliorez le pouvoir d'achat de familles tout en décarbonant le parc immobilier français. 🤝 Accessible dès 500 €, aux côtés de plus de 500 investisseurs déjà engagés. 🎁 L'avantage Snowball : 3 % remboursés sur votre premier investissement, si vous investissez avant le 11 octobre. Valeur verte, liquidité, projets financés et impact de l'investissement, c’est exactement ce que Mathieu, cofondateur, détaille en 30 minutes à la prochaine session d'info. Pour en savoir plus et peut-être investir via Vasco, c’est par là pour s’inscrire.
⚠️ Investir comporte un risque de perte en capital et de liquidité. Le rendement cible de 9 % n'est pas garanti et dépend de la valorisation réelle du parc immobilier. L'avantage fiscal dépend de votre situation personnelle et de la conservation des titres sur la durée requise. Diversifiez vos placements et gardez votre épargne de précaution.
🎯 L'essentiel : quand les prix baissent durablement, chacun reporte ses achats et les dettes deviennent plus lourdes. C'est souvent un piège dont les États mettent des décennies à sortir (le Japon est le dernier gros exemple).
La déflation, c'est donc la baisse durable du niveau général des prix.
Le mécanisme est assez simple à comprendre dans ses grandes lignes :
- vous repoussez un achat parce que vous pensez qu'il sera moins cher dans six mois ;
- le chiffre d'affaires des entreprises baisse ;
- elles réduisent salaires et effectifs ;
- la demande baisse encore ;
- si la demande baisse, et que l'offre reste constante ou diminue, les prix baissent ;
- répétez.
Pire, alors que l'inflation fait chuter le coût de la dette, la déflation fait augmenter son coût. L'économiste Irving Fisher a décrit cet engrenage en 1933 : à mesure que les prix et les revenus reculent, le poids réel des emprunts augmente, et les remboursements étouffent l'économie (les gens utilisent une majorité de leurs revenus pour rembourser des dettes et non pas pour consommer).
Comme je le disais, le Japon en est le cas d'école de ces dernières décennies. Les prix à la consommation y reculent en moyenne de 0,3 % par an entre 1998 et 2012. Le PIB nominal japonais était de 521 000 milliards de yens en 1995 ; il était encore à 559 000 milliards en 2019. L'indice Nikkei a clôturé à 38 915 points le 29 décembre 1989 et n'a retrouvé ce niveau que le 22 février 2024, 34 ans plus tard ! 34 ans ! Une génération entière d'épargnants a appris que garder son argent en liquide était rationnel vu que les actions ne bougeaient pas…
Nuance quand même, car la Banque des règlements internationaux a publié en mars 2015 une étude qui relativise la malédiction déflationniste.
Sur un siècle et demi de données, le lien entre baisse des prix et faible croissance est faible, et il est largement tiré par la Grande Dépression.
Corrigée du vieillissement de sa population, la croissance japonaise par habitant des années 2000 n'a pas grand-chose à envier à celle des États-Unis, par exemple.
Ce qui fait vraiment très mal par contre, c'est la chute des prix des actifs (immobilier, actions) combinée à l'endettement, davantage que la baisse du prix du pain.
Maintenant qu'on connaît les mécanismes, regardons quelques exemples historiques frappants liés à l'inflation.
🎯 L'essentiel : l'hyperinflation commence quand les gens cessent de croire en leur monnaie. À partir de là, le mécanisme s'auto-alimente et aucune planche à billets ne rattrape la course.

Un billet de 100 000 milliards de marks pendant l'épisode d'hyperinflation en Allemagne
La définition technique vient de l'économiste Phillip Cagan en 1956 : on parle d'hyperinflation au-delà de 50 % de hausse des prix par mois (oui, oui, vous avez bien lu : par mois !). On en compte une cinquantaine dans l'histoire. Comment fonctionnent-elles ?
D'abord, un État ne peut plus se financer. Guerre, effondrement de la production, corruption, baisse des collectes de l'impôt, donc les recettes s'écroulent, donc personne ne veut prêter à cet État, alors la Banque centrale imprime des billets à gogo.
Ensuite, et c'est là que ça devient important, la population comprend.
Chacun se débarrasse de la monnaie le plus vite possible, la vitesse à laquelle l'argent change de mains explose, et chaque billet perd sa valeur plus vite qu'il n'est imprimé. L'État imprime alors davantage pour compenser. La spirale infernale est enclenchée.
Zweig a vécu deux épisodes d'hyperinflation. D'abord celui de la couronne autrichienne, qui double les prix tous les 25 jours à l'été 1922. Puis celui du mark, qu'il observe de l'autre côté de la frontière, et qui va 200 fois plus vite : un manuscrit d'un an de travail payé par un chèque qui, à l'arrivée, ne couvre plus les frais d'envoi du colis ; des billets de 100 000 marks jetés dans le caniveau par les mendiants ; des Bavarois qui traversent la frontière autrichienne pour boire dix litres de bière au prix d'un seul, avant que le mouvement ne s'inverse un an plus tard. Il écrit :
Il m'est arrivé de devoir payer cinquante mille marks pour un journal le matin, et cent mille le soir.
- Allemagne, novembre 1923 : les prix doublent tous les 3,7 jours. Un dollar valait 4,2 marks en juillet 1914, il en vaut 4200 milliards en 1923. Le plus gros billet émis affiche 100 000 milliards de marks (celui que j'ai partagé plus haut). Le rentenmark, lancé le 15 novembre 1923, arrête la spirale en quelques jours. Fin 1923, la Reichsbank fait tourner 133 imprimeries et 1783 presses rien que pour fabriquer les billets (chiffre repris par Liaquat Ahamed dans Lords of Finance). Et brûler des liasses revient moins cher que d'acheter du bois de chauffage. Les photos d'enfants empilant des briques de billets et d'un homme tapissant son mur de coupures de 1 mark sont authentiques, signées Georg Pahl, archivées au Bundesarchiv.

- Hongrie, juillet 1946 : le record absolu. Les prix doublent toutes les 15 heures, soit 41,9 millions de milliards de pour cent sur le mois. Le pays émet un billet portant un 1 suivi de 20 zéros. Le forint remplace le pengő le 1er août 1946, au taux de 4 × 10²⁹ pour 1. Lol.
- Argentine, 1989 : plus de 3000 % sur l'année. Pillages de supermarchés à Rosario puis dans tout le pays, quatorze morts, état de siège. Le président Raúl Alfonsín quitte le pouvoir cinq mois avant terme.
- Zimbabwe, novembre 2008 : les prix doublent toutes les 24,7 heures, 79,6 milliards de pour cent sur le mois selon les mesures de Steve Hanke. En janvier 2009, la banque centrale émet un billet de 100 000 milliards de dollars zimbabwéens. En avril, le pays abandonne sa propre monnaie pour le dollar américain. On a vu tourner pas mal d'images comme ça (je n'ai pas confirmé leur véracité) :

- Venezuela, 2018 : 130 060 % d'inflation sur l'année selon la Banque centrale. Quatorze zéros retirés à la monnaie en treize ans. Environ 7,9 millions de personnes ont quitté le pays, soit un Vénézuélien sur quatre.
⚠️ Les risques
L'épisode le plus sombre reste allemand. Comme je le disais, en 1923, l'hyperinflation ravageait l'Allemagne. Cinq ans plus tard, aux élections de mai 1928, le parti nazi recueille 2,6 % des voix. Puis arrive la Grande Dépression, et le chancelier Heinrich Brüning choisit l'austérité par décrets : coupes budgétaires, hausses d'impôts, baisses de salaires, défense du taux de change (justement pour contrer l'inflation). Entre 1928 et 1932, le coût de la vie recule d'environ 20 %, la production industrielle chute de 40 %, le chômage atteint six millions de personnes, près de 30 % de la population active. Le parti nazi passe à 18,3 % en septembre 1930, puis à 37,3 % en juillet 1932. Hitler devient chancelier en janvier 1933. Les travaux récents, notamment ceux de Gregori Galofré-Vilà et de ses coauteurs, ne trouvent quasiment aucune corrélation entre l'intensité locale de l'hyperinflation de 1923 et le vote nazi de 1933. Par contre, la corrélation avec l'intensité locale de l'austérité de Brüning, elle, est nette.
Deux garde-fous nous séparent de ces scénarios en zone euro et c'est tant mieux : l'indépendance de la BCE, et l'article 123 du Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne qui lui interdit de financer directement les États. Cela permet d'éviter les épisodes qu'on a cités plus haut, mais par contre l'hyperinflation pourrait venir d'ailleurs et il faut rester vigilantes et vigilants.
Je pense que la peur de la grosse inflation (et de l'hyperinflation) en France est peu réaliste et elle est souvent entretenue par des gens qui ont quelque chose à vous vendre au passage (généralement de l'or ou de la crypto).
Aucun des épisodes décrits plus haut n'est arrivé à un pays dont la Banque centrale était indépendante et dont l'État levait encore l'impôt. Of course, ces deux conditions peuvent se dégrader, et il faut les surveiller, mais bon, le risque est faible.
Cela dit, le risque réel pour votre épargne en 2026 est beaucoup moins visible et plutôt boring : c'est une inflation qui s'installe entre 2 % et 4 % pendant quelques années et qui grignote lentement le cash laissé de côté que vous n'investissez pas. Pas de brouettes de billets, mais elle coûte très, très cher sur une longue période.
La leçon de Zweig dans Le Monde d'hier. Souvenirs d'un Européen est donc plus politique que financière. Ce que décrit ce livre, c'est une classe moyenne qui perd ses repères, des gens ruinés pendant que les petits malins se payent des immeubles entiers, et une colère qui finit par chercher un coupable.
Hugo Stinnes, l'industriel surnommé le "roi de l'inflation" pendant cette période, meurt en avril 1924 à la tête de 4500 sociétés rachetées à crédit et remboursées en monnaie de singe. Il a également financé l'empire de la presse qui servira plus tard la propagande nazie…
Voilà. C'était une édition plus historique que d'habitude et j'espère qu'elle vous a plu. Moi j'ai appris pas mal de choses en la rédigeant en tout cas.
D'ailleurs, si votre argent dort toujours et que vous ne savez pas quoi en faire, on a lancé Money Buddy il y a quelques mois et 1000 personnes l'utilisent pour investir sereinement. Par ici pour en savoir plus.
Comme d'hab', si vous avez des questions, vous pouvez répondre à ce mail.
Bonne soirée à toutes et à tous et à très vite.
Yoann ❤️
- Ted Gioia, How a Healthy Society Falls Apart, The Honest Broker, septembre 2026 : https://www.honest-broker.com/p/how-a-healthy-society-falls-apart
- Insee, informations rapides, indice des prix à la consommation août 2026 (publication du 15 septembre 2026) : https://www.insee.fr/fr/statistiques/9051406
- Reserve Bank of Australia, Inflation Targeting in New Zealand: An Experience in Evolution (McDermott & Williams, 2018) : https://www.rba.gov.au/publications/confs/2018/mcdermott-williams.html
- Hoover Institution, entretien avec Don Brash sur l'origine de la cible d'inflation (décembre 2025) : https://www.hoover.org/research/origins-inflation-targeting-new-zealand-don-brash
- BRI, The costs of deflations: a historical perspective, BIS Quarterly Review, mars 2015 : https://www.bis.org/publ/qtrpdf/r_qt1503x.htm
- LSE Business Review, sur l'absence de lien entre hyperinflation de 1923 et vote nazi : https://blogs.lse.ac.uk/businessreview/2021/10/19/debunking-the-idea-that-interwar-hyperinflation-in-germany-led-to-the-rise-of-the-nazi-party/
- NBER, Austerity and the Rise of the Nazi Party (Galofré-Vilà, Meissner, McKee, Stuckler) : https://www.nber.org/system/files/working_papers/w24106/revisions/w24106.rev1.pdf
- German History Documents, tableau statistique de la Grande Dépression en Allemagne 1929-1934 : https://germanhistorydocs.org/en/weimar-germany-1918-1933/ghdi:document-4423
- Guinness World Records, record d'inflation mensuelle (Hongrie, juillet 1946) : https://www.guinnessworldrecords.com/world-records/762605-highest-inflation-rate-ever
- Cato Institute, Steve Hanke sur la mesure de l'hyperinflation zimbabwéenne : https://www.cato.org/commentary/zimbabwe-inflates-again
- FMI, Zaïre's Hyperinflation, 1990-96, Working Paper 97/50 : https://www.elibrary.imf.org/view/journals/001/1997/050/article-A001-en.xml
- Département d'État américain, rapport 1993 sur le Zaïre (mutinerie de janvier 1993) : https://www.refworld.org/node/25335
- Encyclopædia Universalis, chronologie du Zaïre, janvier 1993 : https://www.universalis.fr/evenement/15-31-janvier-1993-repression-d-une-mutinerie-sur-fond-de-crise-politique/
- R4V (HCR/OIM), chiffres de la diaspora vénézuélienne : https://reliefweb.int/report/venezuela-bolivarian-republic/venezuela-regional-crisis-complex-emergency-fact-sheet-4-fiscal-year-fy-2024
- INDEC via Rio Times, inflation argentine juillet 2026 : https://www.riotimesonline.com/argentina-inflation-milei-economy-2026/