
🙏 Le pape a un "portefeuille boursier". Devinez ce qu'il y a dedans.
Quand la Bible, le Coran et la Torah s'invitent en salle des marchés
👩🏫
Ce que vous allez apprendre dans cet article
⏱️ Temps de lecture : 18 minutes
Hey Snowballers,
J'espère que vous avez passé un bon long week-end de Pâques.
Je ne sais pas si vous avez vu, mais le Vatican a récemment lancé deux indices boursiers fondés sur les principes de l'Église catholique. Je ne suis ni croyant, ni pratiquant, mais je me suis dit, suite à cette ancienne édition sur les finances du Vatican, qu'il serait intéressant de creuser le sujet "finance x religion".
Et pour cela, j'ai fait appel à Stéphane Chotard, un conseiller en gestion de patrimoine avec qui nous avons déjà travaillé lors du lancement d'un ancien produit Snowball. Stéphane est un vrai passionné de finances personnelles et notamment du sujet de l'impact dans la finance.
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Je laisserai ensuite le micro à Stéphane.
Yoann ❤️
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P.-S. Comme toujours, il existe des risques de perte en capital. Diversifiez bien vos investissements.
[STÉPHANE] Hey Snowballers,
Saviez-vous que deux des trois grandes religions abrahamiques viennent de traverser simultanément une période de retour aux valeurs essentielles, dont le rapport à l'argent ? Eh oui, le vendredi 20 mars dernier, les musulmans ont célébré l'Aïd el-Fitr, marquant la fin du ramadan. Le carême catholique s'est terminé, lui, le jeudi 2 avril dernier.
C'est précisément dans ce contexte que la banque du Vatican a lancé, il y a quelques semaines, deux indices boursiers fondés sur les principes de l'Église catholique.
Yoann se demandait en mai 2025 ce que le nouveau pape allait faire des finances du Vatican. La réponse est arrivée vite : dès octobre, Léon XIV signait son premier acte financier, le motu proprio Coniuncta cura, mettant fin au monopole de la banque du Vatican sur la gestion des actifs du Saint-Siège. Puis en février 2026, les indices boursiers sont annoncés, en partenariat avec Morningstar. Premier pape d'origine américaine, avec une forte attache péruvienne, Léon XIV a fait de la transparence financière son cheval de bataille. L'IOR (Institut pour les œuvres de religion), la banque du Vatican, a été longtemps critiqué pour son opacité. Il ambitionne maintenant de devenir une référence mondiale pour les investisseurs catholiques.
Je travaille depuis plusieurs années sur le lien entre l’éthique et l’argent, en tant que CGP. Ce qui me frappe dans cette annonce, ce n'est pas l'aspect institutionnel. C'est qu'elle pose enfin, à l'échelle des marchés, une question que beaucoup de croyants ou non se posent en silence : peut-on vraiment investir en accord avec ses convictions spirituelles ? Et si oui, à quel prix : financier, moral, pratique ?
Le 10 février 2026, la banque du Vatican a décidé de s'associer à Morningstar pour lancer deux indices boursiers catholiques. L'annonce fait le tour de la presse financière mondiale. Derrière le symbole, deux acteurs aux légitimités très différentes.
L'IOR (Institut pour les œuvres de religion) : c'est la banque du Vatican. Elle gère environ 5,7 milliards d'euros d'actifs pour des diocèses, ordres religieux et diplomates du Saint-Siège. Comme mentionné en intro, si vous voulez en savoir plus sur ses finances internes, Yoann en a fait un portrait complet ici.
Morningstar, entreprise fondée en 1984 à Chicago : c'est un peu le Guide Michelin de l'investissement. Ses notations en étoiles sont utilisées par des millions d'investisseurs. Moins connue, son activité Indexes crée des indices sur mesure pour des clients institutionnels. C'est cette branche qui a travaillé avec l'IOR.
Les indices reposent sur un double filtre. Des exclusions nettes d'abord : avortement, armement, pornographie, tabac, jeux d'argent, certaines énergies fossiles. Puis des critères positifs issus de la DSE (doctrine sociale de l'Église) : dignité humaine, bien commun, environnement. Le résultat : 50 valeurs par indice. Côté américain, on retrouve des entreprises comme Meta, Nvidia, Apple, Amazon, Tesla, JPMorgan. Côté européen : ASML, Deutsche Telekom, SAP, Hermès, UniCredit.
L'IOR n'a jamais justifié publiquement la présence de Meta. Il n'en a pas besoin : Meta ne figure dans aucune des catégories exclues. C'est la logique de l'exclusion négative : ce qui n'est pas interdit est permis. Mais Meta est aussi la plateforme régulièrement mise en cause pour ses effets sur la santé mentale des adolescents et la diffusion de désinformation. Rien de tout cela n'entre dans les critères d'exclusion catholiques. Ce n'est pas forcément un bug, mais plutôt une limite structurelle.
Éric Didio, fondateur de Credo Funding, plateforme de financement participatif à destination des projets confessionnels, nous dit justement que pour lui, l'exercice est structurellement difficile sur les marchés cotés : il n'existe pas d'entreprise "directement chrétienne" en bourse, pas d'école, pas d'abbaye cotée.
Ce qu'on construit au mieux, c'est un arbitrage imparfait entre diversification, couple rendement/risque et critères éthiques. Il juge les exclusions retenues (avortement, pornographie, tabac, armement) plutôt simples à appliquer, mais estime que la composition réelle de l'indice, incluant Apple, Amazon, Tesla, JPMorgan et Meta, rend l'étiquette "catholique" périlleuse et difficilement défendable.
Selon lui, il faudrait abandonner le mot "catholique" pour parler plutôt d'investissement "éthique" ou orienté "bien commun", plus honnête, moins exposé. Il reconnaît l'utilité de Mensuram Bonam (document officiel du Vatican publié en 2022) pour penser ces arbitrages, mais conteste l'extension marketing vers un "indice catholique" composé de grands titres américains.
Toujours selon Éric, un fonds non coté finançant directement des projets à vocation chrétienne explicite (écoles, abbayes, films) peut être réellement confessionnel. Sur le coté, c'est une autre histoire...
📝 À noter : l'ETF américain CATH (S&P 500 Catholic Values, 2016, plus d'un milliard de dollars) applique lui aussi des critères catholiques, mais avec une liste d'exclusions différentes (cannabis, travail des enfants en plus). Ces deux visions nous montrent qu'il n'existe finalement pas une finance catholique, mais plutôt des interprétations catholiques de la finance…
La finance confessionnelle n'a pas été inventée par les cabinets de conseil et autres institutions financières.
Au XVIIIe siècle, les quakers américains refusaient déjà d'investir dans l'esclavage et l'armement. Ce sont des croyants qui ont posé la première question éthique de l'investissement : avec quoi suis-je prêt à gagner de l'argent ?
La finance islamique est le segment le plus développé : 5500 milliards de dollars en 2025, projetés à 7500 milliards en 2028.
Ses principes sont stricts : pas de riba (intérêt), pas de gharar (incertitude excessive) et exclusion des secteurs dits haram (interdits par la loi islamique, comme l'alcool, les jeux d'argent, le tabac ou l'armement).
Cela transforme radicalement la construction d'un portefeuille : les obligations classiques (qui versent donc des intérêts) et les banques conventionnelles sont exclues.
On remarque ici aussi un paradoxe intéressant : les grands indices islamiques mondiaux incluent Nvidia, Apple, Microsoft, Amazon, Meta et Tesla. Les mêmes que dans l'indice du Vatican. La raison est identique : ces géants ont peu de dettes portant intérêt et ne figurent dans aucun secteur exclu. La logique de l'exclusion négative produit le même résultat dans les deux religions.
Le contexte géopolitique actuel a mis en lumière une limite supplémentaire. Une enquête du média britannique Hyphen, publiée en septembre 2025, a analysé les participations de six grands fonds islamiques et a révélé qu'ils détenaient collectivement plus d'un milliard de dollars dans des entreprises fournissant des services cloud et militaires à Israël (dont Google, via son contrat Project Nimbus de 1,2 milliard de dollars), sans que leurs critères formels ne le détectent. Même paradoxe que Meta dans l'indice Vatican : les filtres confessionnels ne capturent pas forcément les implications géopolitiques du moment. Ce que la foi exclut et ce que la guerre finance ne se recoupent pas toujours…
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Ici, il n’y a pas d'interdits sectoriels ni de ratios d'endettement. À la place : le principe du tikkoun olam, "réparer le monde". Le TOV ETF (JLens, NYSE, lancé en février 2025, il gère 210 millions de dollars en mars 2026) suit les 500 plus grandes capitalisations américaines. Sa particularité : plutôt que d'exclure, il pondère. Les entreprises excellentes sont surpondérées de 3 %, celles à améliorer sous-pondérées.
Le principe de hocheach tochiach ("remontrance constructive") justifie de rester actionnaire plutôt que de se retirer : on influence de l'intérieur. JLens a déposé en 2025 une résolution chez Meta sur la modération des contenus antisémites : 5 % des votes totaux, mais 36 % des actionnaires indépendants.
Hindouisme, bouddhisme, jaïnisme partent d'un même point : l'ahiṃsā, du sanskrit "non-nuisance", soit la non-violence envers tous les êtres vivants. Ce principe commun produit les critères d'exclusion les plus larges de toute la finance confessionnelle.
Pas seulement l'armement, le tabac ou les jeux, mais aussi les tests sur les animaux, les OGM et les industries pharmaceutiques impliquant de la cruauté animale. La frontière de l'éthique s'étend bien au-delà de ce que l'humain fait à l'humain.
En 2025, l’Ahimsa Investment Movement (AIM) porte cette cohérence jusque dans la salle des marchés. Basé à Mumbai, ce mouvement non lucratif encourage les investissements "sans cruauté", alignés sur l'éthique animale et environnementale. Il calcule un Ahimsa Quotient (AQ) pour évaluer les fonds et pousse pour des options éthiques en finance indienne.
Le bouddhisme apporte une notion complémentaire : le right livelihood, ou le "juste moyen d'existence", qui exige de gagner sa vie sans causer de préjudice à quiconque. Au Japon, la secte bouddhiste Sōtō a investi sa trésorerie en obligations sociales, présentant cet acte non comme une décision financière, mais comme une "pratique de bodhisattva", donc un geste sur le chemin de l'éveil.
Ce qui distingue ces traditions de toutes les autres : aucune autorité centrale, aucun conseil, aucun pape ni comité de charia. Du coup, chaque communauté adapte les principes à son contexte local, sans attendre une validation extérieure.
Le BRI (Biblically Responsible Investing) est le segment le plus politiquement chargé. Né avec le Timothy Plan en 1994, il représente plusieurs centaines de milliards d'actifs portés par Inspire Investing (2,5 milliards en ETF chrétiens fin 2025). Les critères d’exclusion sont hiérarchisés : avortement au maximum, pornographie idem, alcool et tabac en secondaire.
Les entreprises adoptant des politiques favorables aux droits LGBTQ+ ou des programmes formels de diversité et d'inclusion (DEI) reçoivent des points négatifs dans le scoring d'Inspire et peuvent être exclues des ETF BRI.
ISS (Institutional Shareholder Services) est le plus grand cabinet de conseil en vote actionnarial au monde. Concrètement, quand une entreprise cotée organise son assemblée générale, des centaines de fonds d'investissement se tournent vers ISS pour savoir comment voter sur les différentes résolutions (rémunération des dirigeants, stratégie climat, etc.).
Des gérants spécialisés dans l'investissement religieux américain (BRI), comme Inspire Investing, ont fait pression sur le cabinet pour qu'il propose une option de vote alternative permettant de recommander un vote contre les résolutions ESG. ISS a accepté et lancé cette option en 2024.
Et c'est là que la différence culturelle devient flagrante, même au sein du christianisme. D'un côté, le BRI américain adopte une logique de rupture : on exclut, on s'oppose, on se tient à distance de ce qui est jugé contraire aux valeurs bibliques. De l'autre, la doctrine sociale de l'Église (DSE) européenne préfère l'engagement : on investit pour influencer de l'intérieur, on pousse les entreprises à s'améliorer et l'exclusion n'arrive qu'en dernier recours. Même foi, stratégies diamétralement opposées.
Face à la fragmentation de ces approches, certaines institutions religieuses ont choisi de peser ensemble. L'Interfaith Center on Corporate Responsibility (ICCR), fondé en 1971 aux États-Unis, réunit plus de 300 membres institutionnels (ordres religieux, fonds de pension confessionnels, fondations catholiques, protestantes, juives) qui coordonnent leur activisme actionnarial auprès des grandes entreprises mondiales. Leur méthode : rester investis, mais exiger des comptes collectivement.
Avant de chercher un produit, la vraie question est celle de la posture. Il en existe trois, et elles ne mènent pas aux mêmes endroits.
L'exclusion : je refuse d'investir dans ce qui me choque moralement. C'est la logique des indices confessionnels que nous avons parcourus dans cette newsletter. Simple, lisible, mais imparfaite, comme on l'a vu avec Meta dans l'indice du Vatican.
L'engagement : je reste actionnaire des entreprises imparfaites pour les influencer de l'intérieur. C'est la logique du TOV ETF juif, de l'ICCR interconfessionnel, et de Mensuram Bonam. Plus complexe, cela demande plus d'énergie, mais c'est potentiellement plus puissant.
L'impact : je finance directement des projets alignés avec mes valeurs, souvent en non coté. C'est la logique de Credo Funding ou des sukuk (instruments obligataires islamiques) adossés à des actifs réels. L’alignement est maximal, la liquidité moins…
Il faut savoir que ces trois postures ne sont pas du tout exclusives. La plupart des investisseurs de conviction combinent les trois selon les classes d'actifs.
Sur les marchés cotés, voici quelques produits concrets (liste non exhaustive) :
- Pour les catholiques : l'ETF CATH (S&P 500 Catholic Values, accessible via courtier en ligne sur compte-titres). Les futurs ETF basés sur les indices IOR/Morningstar, quand ils seront disponibles en Europe.
- Pour les musulmans : l'iShares MSCI World Islamic UCITS ETF (ISWD, BlackRock) suit environ 250 sociétés de pays développés filtrées selon les principes de la charia, il est accessible sur compte-titres ou assurance vie, mais pas sur PEA.
- Pour le TOV aligné sur les valeurs juives, il n'est pas disponible en France pour l'instant.
- Pour toutes et tous : les fonds Article 9 SFDR (objectif d'investissement durable explicite et mesurable) constituent un premier niveau d'alignement accessible via la quasi-totalité des assurances vie françaises.
La question revient systématiquement : est-ce qu'on sacrifie du rendement ? La réponse courte est : pas forcément, mais ça dépend du produit et de la période.
L'ETF CATH affiche un +13,9 % annualisé sur cinq ans, très proche du S&P 500. L'ETF islamique MSCI World Islamic a livré +5,82 % en 2024, contre +19,19 % pour le MSCI World.
L'écart s'explique surtout par la sous-exposition aux banques conventionnelles, qui ont eu une bonne année.
Sur une longue période, l'écart se réduit.
L'ETF évangélique BIBL d'Inspire a affiché +23,79 % sur un an au 19 mars 2026, surperformant le S&P 500.
La vraie contrainte n'est pas forcément la performance, mais plutôt la disponibilité des produits en Europe, et plus encore leur accessibilité dans les enveloppes fiscales françaises (PEA et assurance vie en tête).
Mais au fond, la question du rendement n'a peut-être jamais été la bonne. Dans les trois traditions abrahamiques, l'argent a toujours été soumis à une obligation supérieure.
La tsedakah juive : entre 10 % et 20 % des revenus, le Talmud recommandant 10 % comme plancher. Fait intéressant, le mot ne veut pas dire "charité", mais "justice". L'idée derrière : donner n'est pas un geste de générosité facultatif, c'est un devoir moral. Si tu as les moyens et que tu ne donnes pas, tu commets une injustice.
La dîme chrétienne : le principe est de reverser 10 % de ses revenus à l'Église ou à des œuvres caritatives. Le mot "dîme" vient du latin decima qui signifie tout simplement "dixième". La logique spirituelle est la suivante : tout ce que tu possèdes vient de Dieu, tu lui "rends" donc une part de ce qu'il t'a donné.
La zakat islamique : chaque année, un musulman verse 2,5 % de son patrimoine (et non de ses revenus, c'est une différence importante) aux personnes dans le besoin. Le mot signifie à la fois "purification" et "croissance", l'idée étant que donner une partie de sa richesse la "nettoie" spirituellement et, paradoxalement, la fait grandir. Ce n'est pas un impôt au sens fiscal, c'est l'un des cinq piliers de l'islam, au même titre que la prière.
👩🏫 Dans ces trois traditions, accepter un rendement légèrement inférieur au profit d'un alignement éthique n'est pas forcément une concession. C'est peut-être là la vraie différence avec l'ESG, qui cherche à démontrer que la vertu est rentable. La finance confessionnelle assume parfois que la vertu a un coût, et que ce coût vaut la peine d'être payé.
1. Mes lignes rouges sont-elles des exclusions (ce que je refuse absolument) ou des valeurs positives (ce que je veux activement financer) ? Les deux approches n'ont pas les mêmes produits.
2. Suis-je à l'aise avec un alignement imparfait sur les marchés cotés, ou est-ce que je veux un alignement total qui me pousse vers le non coté ?
3. Est-ce que je veux agir seul ou avec un conseiller qui connaît ce segment et peut m'éviter les pièges du faith washing, l'équivalent confessionnel du greenwashing ?
Pour conclure, j’aimerais vous partager trois citations qui traversent les siècles et les frontières :
"Prenez garde et gardez-vous de toute avarice, car la vie d'un homme ne dépend pas de l'abondance de ses biens." Luc 12,15
"Malheur à tout calomniateur médisant, qui amasse des richesses et les compte, croyant que ses richesses le rendront immortel." Sourate Al-Humazah 104, 2-3
"Celui qui aime l'argent n'est pas rassasié par l'argent. C'est encore là une vanité." Qohéleth 5,9
Trois traditions, trois façons de dire la même chose : l'argent est un outil, pas une fin. Un moyen de faire le bien dans le monde, pas une réserve à accumuler sans but.
La foi ne protège pas de la complexité du monde réel. Mais elle oblige à se poser les bonnes questions : suis-je cohérent ? Ce que je fais de mon argent reflète-t-il qui je suis vraiment ?
C'est déjà beaucoup.
Pour rester dans le thème de Pâques, souvenez-vous : même le Vatican diversifie. Ne mettez pas tous vos œufs dans le même indice. 🐣
Et n'hésitez pas à partager Snowball à vos proches !
Comme toujours, si vous souhaitez réagir ou si vous avez des questions, n'hésitez pas à répondre à ce mail.
Excellente soirée !
Yoann ❤️