
🎭 Pourquoi votre agent immo vend sa maison plus cher que la vôtre ?
Le concept économique qui change la façon dont vous regardez tous vos intermédiaires financiers
👩🏫
Ce que vous allez apprendre dans cet article
⏱️ Temps de lecture : 17 minutes
Hey Snowballers,
J'espère que vous passez un bon début de semaine. Pendant mon M2 Recherche d'analyse économique du droit, un sujet m'a particulièrement plu : le problème principal-agent qui est au cœur de la théorie de l'agence. Ce dernier explique notamment le comportement de vos banquiers et autres conseillers. Vous allez voir, c'est fascinant. On vous aidera également à résoudre ce problème. Avant ça, voici de quoi nous avons parlé dimanche dans Snowball Insights :
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Comme toujours, il existe un risque de perte en capital. Diversifiez bien votre portefeuille.
Vous confiez votre argent à un conseiller bancaire. Vous déléguez la vente de votre appart' à une agence. Vous laissez un gérant de fonds investir votre épargne. Et à chaque fois, vous partez du principe que ces gens agissent dans votre intérêt. Logique.
Spoiler : ce n'est pas toujours le cas. Non pas parce qu'ils sont malhonnêtes, c'est rarement le cas, mais parce que le système dans lequel ils évoluent les pousse à agir différemment de ce qui serait optimal pour vous.
Ce phénomène a donc un nom en économie : le problème principal-agent. C'est un concept que j'ai adoré étudier et que j'ai eu envie de décrypter dans le contexte des finances personnelles (j'avais surtout étudié le problème en entreprise et plus particulièrement dans le management).
Il faut savoir que c'est l'un des concepts les plus importants pour comprendre pourquoi vous perdez souvent de l'argent sans vous en rendre compte. Pour être encore plus utile, on verra également comment y remédier.
En 1976, deux économistes, Michael Jensen et William Meckling, publient un article qui va devenir l'un des plus cités de l'histoire des sciences économiques (près de 100 000 citations) : Theory of the firm: Managerial behavior, agency costs and ownership structure.
Leur idée est simple, mais hyper efficace.
Quand vous déléguez une décision à quelqu'un, vous devenez le "principal" (celui qui confie la mission) et l'autre devient l'"agent" (celui qui l'exécute). Le problème : l'agent en sait plus que vous sur ce qu'il fait (c'est pour ça que vous le payez), et ses intérêts ne sont pas forcément alignés avec les vôtres.
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Ce cadre théorique a tellement marqué les sciences économiques qu'un prix Nobel a été décerné en 2001 à Akerlof, Spence et Stiglitz pour leurs travaux sur l'information asymétrique, les fondations du problème principal-agent.
Mais pas besoin de Nobel pour comprendre l'intuition. Adam Smith l'avait déjà formulée en 1776 (donc 200 ans pile avant Jensen et Meckling) : les gestionnaires de l'argent d'autrui ne le surveillent jamais avec la même attention que le leur. Basique.
Des exemples du quotidien ? Votre garagiste qui vous facture un changement de plaquettes dont vous n'aviez pas besoin (il sait que vous ne pouvez pas vérifier). Votre médecin qui prescrit un examen supplémentaire (vous faites confiance sans pouvoir juger si c'est nécessaire). L'avocat qui recommande une procédure longue et coûteuse (il est payé à l'heure).
Dans chaque cas, c'est toujours la même chose : vous déléguez, vous n'avez pas toute l'info, et l'autre a un intérêt différent du vôtre. Jensen et Meckling ont appelé le coût de ce décalage les "coûts d'agence". Et ils sont partout dans vos finances persos. On commence par le grand classique…
On commence donc par la relation financière la plus courante. Quand vous poussez la porte de votre banque, vous imaginez souvent recevoir un conseil objectif. En réalité, votre conseiller est un commercial avec des objectifs de vente chiffrés. Son salaire fixe tourne autour de 30 000 € brut/an, mais ses primes (jusqu'à 20 % du salaire) dépendent directement des produits qu'il vous place. Panier moyen, taux de multivente, benchmarking quotidien : le management bancaire a importé les méthodes de la grande distribution. Un de mes meilleurs amis travaillait en banque et je peux vous assurer que c'est pas jo-jo…
En effet, quand votre banquier vous recommande un fonds maison, celui-ci est souvent avec des frais très élevés qui peuvent atteindre les 2 % de frais par an. Et le conseiller est récompensé pour ça. Pour rappel, un ETF équivalent coûte autour de 0,20 % de frais par an. Devinez quel produit votre conseiller vous recommande ? La différence entre les deux sur 20 ans est juste gigantesque… Calculons ça grâce à la calculette gratuite Snowball (10 000 € le jour 1 puis 200 € par mois pendant 20 ans sur un fonds qui rapporte 8 % par an en moyenne) :
120 000 € avec des frais de 2 % et 156 000 € avec des frais de 0,2 %. Vous avez "perdu" 40 000 €.
Et tout ça est documenté par l'AMF (Autorité des marchés financiers). En effet, son médiateur a reçu 1168 dossiers recevables en 2024, en hausse de 16 %, dont 48 % ont donné raison à l'épargnant. L'affaire Natixis (20 millions d'euros d'amende, la plus lourde jamais infligée par l'AMF) a montré qu'une société de gestion pouvait prélever des millions sur les fonds de ses clients pendant des années.
Et la réglementation dans tout ça ? MiFID II, en vigueur depuis 2018, impose la transparence des frais. Mais contrairement aux Pays-Bas (depuis 2014) et au Royaume-Uni (depuis 2013), la France n'interdit toujours pas les rétrocommissions pour le conseil non indépendant. La Commission européenne a estimé en 2023 que les produits vendus avec rétrocommissions coûtent en moyenne 35 % plus cher aux épargnants. Malgré cela, l'interdiction totale a été repoussée au niveau européen…
🛡️ Comment contrer le problème ? Posez LA question magique : « Comment êtes-vous rémunéré, et par qui ? » Si la réponse inclut des rétrocommissions sur les produits recommandés, vous savez que le conseil n'est pas neutre. Exigez le détail des frais ex ante, c'est votre droit depuis MiFID II. Et demandez systématiquement : "Avez-vous des ETF dans vos produits ?" Curieux de connaître la réponse de votre banquier. 💡 Et pour rappel, nous avons lancé Money Buddy récemment qui vous propose des recommandations indépendantes pour créer votre stratégie d'investissement (et bientôt bien plus que ça).
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D’après la Banque de France, 471 milliards d’euros dorment sur les comptes courants des particuliers français, et c’est encore pire pour les entreprises. Ces sommes colossales bénéficient aux banques. Elles les prêtent, elles les investissent, elles en tirent des revenus. Et vous ? Vous touchez 0 %. Zéro. C'est exactement le problème que résout Spiko. Avec Spiko, votre cash est rémunéré quotidiennement. Vos fonds sont conservés par la banque dépositaire du groupe Crédit Agricole, vos intérêts sont payés par BNP, et les retraits se font en 24 heures. La grande différence avec votre compte courant ? Un compte Spiko vous rapporte de l'argent. Tous les jours. À vous. 💰 Un rendement net de frais de 2,20 %, versé quotidiennement. 🔓 Votre cash reste disponible à tout instant : retirez sans préavis, sans frais, sans pénalité en 24 heures max. 🏢 Vous pouvez placer en tant que particulier ou avec votre entreprise (héritage à placer avant réinvestissement, apport immobilier, trésorerie, levée de fonds, excédents, fonds de roulement…). 🛡️ Spiko est agréée par l'AMF, vos fonds sont ségrégués chez CACEIS (Crédit Agricole) et audités par PwC. Même en cas de faillite de Spiko, votre argent reste le vôtre. 👉 Simulez vos intérêts sur l'année grâce à Spiko 👇
Les produits accessibles sur la plateforme Spiko ne sont pas garantis en capital.
L'assurance-vie, vous le savez déjà, c'est le placement préféré des Français avec plus de 2000 milliards d'euros d'encours et 54 millions de contrats. Mais c'est aussi un terrain de jeu idéal pour le problème principal-agent, parce que les frais s'empilent en couches que presque personne ne comprend (même moi qui creuse le sujet actuellement, je m'y perds régulièrement).
D'abord, les frais de gestion du contrat : environ 0,88 % par an en moyenne côté assureur sur les unités de compte (ce chiffre peut varier, mais c'est l'ordre de grandeur). Ensuite, les frais des fonds eux-mêmes dans lesquels votre argent est investi : 1,85 % en moyenne pour les fonds actifs. Total ? Entre 1,6 % (assurance-vie nouvelle génération) et plus de 3 % par an dans certaines banques et assureurs traditionnels si vous êtes en gestion pilotée avec des fonds actifs et des produits fortement chargés comme les produits structurés. Avec des ETF, on tombe à environ 0,7 %, voire moins dans certaines assurances-vie.
Pourquoi le système perdure ? Parce que plus de 90 % des conseillers en gestion de patrimoine en France exercent en conseil "non indépendant", rémunérés par rétrocommissions. Un fonds qui reverse une commission grasse sera recommandé plus souvent qu'un ETF à bas coût qui ne rapporte rien au conseiller.
Sur un patrimoine de 250 000 € géré pendant 10 ans, un CGP rémunéré par rétrocessions peut coûter plus de 45 000 €, contre environ 20 000 € pour un CGP indépendant payé en honoraires.
🛡️ Comment contrer le problème ? Privilégiez les contrats en ligne à frais réduits qui proposent des investissements en ETF à ~0,50 % de frais de gestion. Préférez la gestion libre en ETF à la gestion pilotée en fonds actifs. Et si vous voulez un CGP, cherchez les cabinets "honoraires only" : ils facturent des honoraires directs (200 € à 400 €/h, bilan de 700 € à 3000 €) et n'ont aucun intérêt à vous pousser des produits chargés en frais. C'est plus cher à court terme, souvent bien moins cher à long terme. Attention, je voudrais nuancer aussi en disant que certains CGP qui prennent des rétrocommissions sont très bons, car ils sélectionnent en effet des produits qui vont les rémunérer, mais qui seront aussi intéressants pour leurs clients. Il faut juste avoir vraiment confiance en ces CGP pour s'assurer qu'ils agissent dans votre intérêt. 💡 Et pour rappel, nous avons lancé Money Buddy récemment qui vous propose des recommandations indépendantes pour créer votre stratégie d'investissement (et bientôt bien plus que ça) et qui permet aussi de contrer le problème.
En 2005, l'économiste Steven Levitt (celui de Freakonomics) a étudié 100 000 transactions immobilières à Chicago. Sa découverte est devenue un cas d'école du problème principal-agent : les agents immobiliers vendent leurs propres maisons 3,7 % plus cher et les gardent 9,5 jours de plus sur le marché que celles de leurs clients.
Pourquoi ? Parce que le système de commission crée un désalignement mathématique. Avec une commission de 5 %, quand l'agent obtient 10 000 € de plus sur le prix de vente, il ne touche qu'environ 150 € de plus (après partage avec l'agence et l'agent de l'acheteur). Ce n'est pas assez pour justifier des semaines de travail supplémentaires. Rationnellement, il a intérêt à conclure vite et passer à la transaction suivante. Logique.
En France, la commission moyenne des agents immobiliers est de 5,78 % selon l'Autorité de la concurrence. Aucune étude strictement équivalente à celle de Levitt n'existe pour le marché français, mais le mécanisme est structurellement identique : environ 70 % des ventes passent par un professionnel, et le statut précaire de nombreux mandataires indépendants, payés uniquement à la commission, les pousse mécaniquement à conclure rapidement.
Et côté courtiers en crédit immobilier, le problème se double : le courtier perçoit à la fois une commission de la banque (0,3 % à 0,8 % du capital emprunté) et des honoraires client. Il peut donc vous orienter vers la banque qui le rémunère le mieux plutôt que celle offrant le meilleur taux.
🛡️ Comment contrer le problème ? Explorez les agences à forfait fixe (Hosman, Imop, Imkiz) qui facturent entre 2490 € et 6900 € (sur un bien à 500 000 €, c'est environ 22 000 € d'économie vs une agence classique). Je connais peu ces agences donc je ne sais pas exactement ce que ça vaut. Pour les achats, les chasseurs immobiliers travaillent exclusivement pour vous et négocient en moyenne 6 % en dessous du prix affiché. Et pour le crédit, comparez toujours au moins 3 offres vous-même en parallèle du courtier. Même si le courtier prend une comm', tant que votre taux est plus bas que ce que vous avez pu trouver, vous êtes tout de même gagnants.
Dernier étage de la fusée, et peut-être le plus spectaculaire : le rapport SPIVA Europe 2024 (S&P Global) révèle que 91 % des fonds actions France ont sous-performé leur indice de référence sur un an.
Sur 10 ans, 93 % des fonds actions européens font moins bien que le marché. Le Morningstar Active/Passive Barometer 2025 enfonce le clou : sur les fonds Eurozone Large-Cap, le taux de succès des gérants actifs tombe à 3,8 % sur 10 ans.
👩🏫 Ça veut dire quoi en français ? Quand vous confiez votre argent à un fonds "actif", vous payez un gérant professionnel pour qu'il sélectionne les meilleures actions et batte le marché. Le problème ? Les études montrent que l'écrasante majorité d'entre eux n'y arrivent pas. En France, 91 % de ces gérants ont fait moins bien qu'un simple indice boursier (comme le CAC 40) sur un an (autrement dit, vous auriez gagné plus en investissant passivement dans un ETF qui se contente de reproduire le marché, sans payer personne pour "choisir"). Et sur 10 ans, c'est encore pire : à peine 4 % des gérants s'en sortent mieux que le marché. Vous payez un expert, mais dans l'immense majorité des cas, cet expert fait moins bien que le marché.
Le pire dans cette histoire, c'est que les fonds actifs français facturent en moyenne 1,5 % à 1,8 % par an de frais. Un ETF équivalent : 0,12 % à 0,30 %.
L'ESMA (le régulateur européen des marchés) estime que les frais représentent en moyenne 25 % des rendements bruts des fonds européens.
Cerise sur le gâteau : certains gérants pratiquent le closet indexing. Ils répliquent discrètement un indice tout en facturant des frais de gestion active. L'ESMA estime que 5 % à 15 %% des fonds actions européens sont dans ce cas. Vous payez un pilote qui a enclenché le pilote automatique. WTF.
Pourquoi ce modèle survit-il ? Parce que la gestion active génère des rétrocommissions, pas la gestion passive.
Un rapport du Sénat français le dit clairement : le faible développement de la gestion passive en France est une conséquence directe du modèle de rétrocommissions. Les distributeurs n'ont tout simplement aucun intérêt économique à vous recommander un ETF.
La bonne nouvelle ? Les choses bougent : 509 000 investisseurs français ont acheté un ETF en 2024, contre 296 000 en 2023, une hausse de 72 %.
La part des moins de 35 ans parmi les détenteurs d'ETF est passée de 7 % à 36 % entre 2018 et 2023. Mais l'Europe reste en retard : la part de marché des fonds passifs sur le Vieux Continent est d'environ 30 %, contre plus de 50 % aux États-Unis.
🛡️ Comment contrer le problème ? La solution est simple : privilégiez les ETF diversifiés à bas coût (un ETF MSCI World à 0,20 % de frais fait le travail pour la majorité des investisseurs) sur un PEA ou un compte-titres. Si vous voulez de la gestion active, exigez un track record vérifiable sur 10 ans net de frais, et comparez-le à l'indice de référence. Et méfiez-vous des fonds "flexibles" ou "patrimoniaux" souvent promus par les banques et autres banques privées : leurs frais élevés rendent la surperformance quasi impossible sur la durée.
Le problème principal-agent n'implique pas que votre banquier, votre CGP ou votre agent immo soit de mauvaise foi. La grande majorité d'entre eux sont des professionnels qui font leur métier correctement. Le problème est structurel : les systèmes de rémunération dans lesquels ils évoluent créent des incitations qui ne sont pas alignées avec vos intérêts.
Charlie Munger, l'acolyte de Warren Buffett nous disait : "Montrez-moi l'incitation et je vous montrerai le résultat."
En gros, pour comprendre le comportement de quelqu'un, ne regardez pas ce qu'il dit, regardez simplement comment il est payé. Il complétait souvent avec l'idée que les gens les plus intelligents et les plus honnêtes du monde se mettront malgré eux à rationaliser des comportements qui servent leurs incitations financières.
Jensen et Meckling l'avaient compris dès 1976 : les coûts d'agence sont inévitables dès qu'il y a délégation. Mais un investisseur informé peut considérablement les réduire. La recette est simple et si vous ne deviez retenir que trois choses aujourd'hui, ce serait :
- Comprenez comment chaque intermédiaire est payé. Si vous ne savez pas d'où vient l'argent, c'est probablement vous la source de façon indirecte et souvent plus vicieuse et coûteuse qu'en direct.
- Préférez les structures alignées avec vos intérêts. Un CGP payé en honoraires, un courtier en ligne transparent sur ses frais, une agence immobilière à forfait fixe, à chaque fois, l'objectif est de rapprocher les intérêts de l'agent des vôtres.
- Réduisez les couches d'intermédiation. Chaque intermédiaire entre vous et votre argent ajoute une couche de frais et de potentiels conflits d'intérêts. Moins il y en a, plus votre épargne travaille pour vous. Et rappelez-vous : sur 30 ans, un simple écart de 1,5 % de frais annuels peut détruire plus de 30 % de la valeur finale de votre portefeuille.
Maintenant que vous connaissez le cadre théorique, vous ne verrez plus jamais un rendez-vous bancaire ou une recommandation de placement de la même façon. Et ça, ça vaut certainement bien plus que les quelques minutes de lecture que vous venez d'y consacrer.
Et n'hésitez pas à partager Snowball à vos proches !
Comme toujours, si vous souhaitez réagir ou si vous avez des questions, n'hésitez pas à répondre à ce mail.
Excellente soirée !
Yoann ❤️