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🏡 Top 10 des mes pires erreurs en tant qu'investisseur immobilier

Mon retour d'expérience en toute transparence aprÚs 7 ans d'investissement immobilier et environ 100 appartements achetés pour moi ou des clients.

Le 22/06/2026, 

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Ce que vous allez apprendre dans cet article

Hey Snowballers, J’espĂšre que vous allez bien. Exceptionnellement, pour vous permettre de dĂ©couvrir nos Ă©ditions premiums, cette Ă©dition de Snowball Igloo est gratuite pour tout le monde. C'est Enzo, notre expert immo, qui sera aux manettes. Enjoy ! Yoann ❀ Programme du jour : 💾 Risques financiers : voir trop grand trop vite aurait pu me coĂ»ter trĂšs cher. 🔹 Travaux mal gĂ©rĂ©s : comment j'ai perdu plusieurs dizaines de milliers d'euros. 🧭 Mauvaise stratĂ©gie d’investissement : toutes mes erreurs de dĂ©butant. 🌍 [PARTENAIRE QU'ON ❀] Le prix des quotas carbone europĂ©ens a pris +5 % en une semaine, la tendance haussiĂšre se confirme. Pour celles et ceux qui cherchaient le bon moment pour investir avec Homaio, la fenĂȘtre est peut-ĂȘtre en train de s'ouvrir. Petit rappel : la derniĂšre fois qu'on a observĂ© ce type de mouvement (d'avril 2025 Ă  janvier 2026), le prix a grimpĂ© de 50 % en 10 mois. En plus, les Snowballers bĂ©nĂ©ficient de frais d'entrĂ©e et de gestion rĂ©duits.

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Salut tout le monde, ici Enzo.

On se retrouve aujourd’hui pour une Ă©dition un peu particuliĂšre.

Le but n’est pas de vous parler de mes plus belles opĂ©rations, de mes plus grosses plus-values ou des projets qui se sont dĂ©roulĂ©s exactement comme prĂ©vu.

Au contraire.

Au cours des six derniĂšres annĂ©es, j’ai commis beaucoup d’erreurs en tant qu’investisseur immobilier. Certaines n’ont eu que peu de consĂ©quences. D’autres auraient pu me coĂ»ter plusieurs dizaines de milliers d’euros.

Comme souvent sur les rĂ©seaux sociaux, on met surtout en avant les rĂ©ussites. C’est assez logique : elles sont plus agrĂ©ables Ă  raconter et donnent davantage envie.

Pourtant, avec le recul, je pense avoir appris bien plus de mes erreurs que de mes succĂšs.

L’objectif de cette Ă©dition est donc de vous partager, en toute transparence, les principales erreurs que j’ai commises depuis mes dĂ©buts.

Voici le sommaire du jour :

  • avoir signĂ© une promesse de vente sans visiter le bien ;
  • avoir modifiĂ© un projet pour rĂ©pondre Ă  la demande d’un client ;
  • avoir cherchĂ© le projet parfait ;
  • avoir sous-estimĂ© les aspects structurels ;
  • avoir mal prĂ©vu mon budget travaux ;
  • avoir voulu faire trop de travaux moi-mĂȘme ;
  • croire que la thĂ©orie suffit ;
  • avoir sous-estimĂ© les dĂ©lais liĂ©s Ă  l’urbanisme ;
  • ne pas avoir inclus le mobilier dans le budget ;
  • penser qu’un projet avec un rendement Ă©levĂ© sera forcĂ©ment finançable.

C’est parti !

C’est probablement l’erreur qui aurait pu avoir les consĂ©quences les plus graves de toute ma carriĂšre d’investisseur, surtout vu le stade oĂč j'en Ă©tais.

J’étais en train de rĂ©aliser une opĂ©ration d’achat-revente qui devait me permettre de dĂ©gager prĂšs de 100 000 € de plus-value. Finalement, le gain a Ă©tĂ© plus proche de 60 000 €, mais pour le jeune investisseur que j’étais, cela reprĂ©sentait dĂ©jĂ  une trĂšs belle rĂ©ussite.

Le problĂšme, c’est que ce premier succĂšs Ă©tait probablement en train de gĂ©nĂ©rer chez moi un excĂšs de confiance.

Sur le mĂȘme secteur, j’identifie un appartement qui me semble largement sous le prix du marchĂ©. Je dispose de trĂšs peu de trĂ©sorerie, car elle est en partie bloquĂ©e dans le premier projet qui n'est pas encore finalisĂ©. Je n’ai aucune certitude concernant mon financement bancaire, mais je suis persuadĂ© d’avoir trouvĂ© une opportunitĂ© exceptionnelle.

À ce moment-là, deux biais se cumulent.

Le premier est le FOMO (Fear Of Missing Out), c’est-Ă -dire la peur de laisser passer une opportunitĂ© qui ne se reprĂ©sentera jamais.

Le second est beaucoup plus dangereux : je surestime largement mes compétences.

RĂ©sultat, je fais une offre sans condition suspensive de financement et sans mĂȘme avoir visitĂ© le bien.

Une fois la promesse signĂ©e, je dĂ©couvre la rĂ©alitĂ©. La copropriĂ©tĂ© est beaucoup moins saine que ce qui m’avait Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©. L’appartement nĂ©cessite davantage de travaux que prĂ©vu. Plus j’avance, plus je comprends que je me suis mis dans une situation compliquĂ©e.

Si je n’obtiens pas mon financement, je suis bloquĂ©. Si la vente n’aboutit pas, je risque de devoir verser environ 13 000 € d’indemnitĂ© d’immobilisation, sans compter la charge mentale liĂ©e aux consĂ©quences juridiques potentielles.

À l’époque, j’ai 22 ans. Une telle somme reprĂ©sente Ă©normĂ©ment d’argent pour moi.

Je m’en suis finalement sorti grĂące Ă  une substitution. Un autre acquĂ©reur, qui souhaitait acheter le bien mais Ă  qui j’étais passĂ© devant avec mon offre cash, a acceptĂ© de reprendre la promesse de vente Ă  ma place.

Cette erreur ne m’a finalement rien coĂ»tĂ© financiĂšrement.

Mais elle m’a appris une leçon importante : lorsqu’un investissement paraĂźt exceptionnel, c’est prĂ©cisĂ©ment Ă  ce moment-lĂ  qu’il faut redoubler de prudence.

Cette erreur m’a coĂ»tĂ© du temps, de l’argent et beaucoup d’énergie.

Sur une opĂ©ration de marchand de biens rĂ©alisĂ©e il y a un peu moins de deux ans, j’avais un projet assez clair dĂšs le dĂ©part.

Le bĂątiment principal Ă©tait dĂ©jĂ  relativement structurĂ© comme un immeuble. J’avais Ă©galement un bĂątiment secondaire avec deux lots existants et un potentiel d’extension intĂ©ressant.

Le plan initial Ă©tait simple : rĂ©aliser les travaux d’extension, effectuer l’ensemble des raccordements Ă©lectriques, les arrivĂ©es d’eau, les Ă©vacuations et toute l’infrastructure nĂ©cessaire Ă  la division. Ce type de travaux est coĂ»teux, mais il permet ensuite une grande flexibilitĂ© pour l’exploitation ou la revente.

En cours de projet, le voisin, qui exploitait un cabinet de gestion de patrimoine, m’a contactĂ©.

Son but Ă©tait d’acheter l’ensemble des lots du bĂątiment secondaire afin d’agrandir ses bureaux.

Sur le papier, la proposition Ă©tait sĂ©duisante. Je pouvais vendre rapidement et simplifier une partie de l’opĂ©ration.

J’ai donc commencĂ© Ă  adapter mon projet Ă  cette demande spĂ©cifique.

Le problĂšme, c’est que quelques mois plus tard, cet acquĂ©reur n’a finalement pas obtenu son financement.

Du jour au lendemain, je me suis retrouvĂ© avec des lots que j’avais modifiĂ©s pour rĂ©pondre aux besoins d’un acheteur qui n’existait plus.

J’ai dĂ» refaire certains travaux, modifier des amĂ©nagements que j’avais dĂ©jĂ  rĂ©alisĂ©s, revoir ma stratĂ©gie de commercialisation et repartir dans une logique de revente plus classique.

Au final, cette dĂ©cision m’a coĂ»tĂ© plusieurs mois de travail, de stress et une grande partie de ma marge.

Avec le recul, l’erreur n’était pas d’avoir envisagĂ© cette vente.

L’erreur Ă©tait d’avoir laissĂ© une personne extĂ©rieure influencer trop fortement le projet avant que la vente soit dĂ©finitivement sĂ©curisĂ©e.

Depuis, j’essaie toujours de me poser la mĂȘme question : si cet acquĂ©reur ou ce locataire disparaĂźt demain matin, est-ce que mon projet fonctionne encore ?

Si la rĂ©ponse est non, c’est gĂ©nĂ©ralement qu’il faut revoir la stratĂ©gie.

Les acheteurs changent d’avis. Les locataires aussi. Les banques refusent parfois les financements. Votre projet, lui, doit pouvoir survivre à tout ça.

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Cette erreur m’a probablement fait perdre plus d’opportunitĂ©s que toutes les autres rĂ©unies.

Au tout dĂ©but de mon parcours, j’étais commercial dans une sociĂ©tĂ© qui vendait des formations Ă  destination des investisseurs immobiliers.

J’étais donc plongĂ© dans l’investissement toute la journĂ©e. J’écoutais des investisseurs expĂ©rimentĂ©s, j’analysais des projets, je regardais des tableaux Excel et des simulations de rentabilitĂ© du matin au soir.

Le problĂšme, c’est que toute cette thĂ©orie m’a progressivement amenĂ© Ă  chercher un bien qui n’existait pas.

Pendant prĂšs d’un an, j’ai recherchĂ© ce que j’estimais ĂȘtre l’investissement parfait.

Je voulais un bien avec un rendement trĂšs Ă©levĂ©, idĂ©alement supĂ©rieur Ă  12 %. Je voulais Ă©galement une forte plus-value immĂ©diate. Je voulais que tous les voyants soient au vert d’un point de vue financier.

En réalité, je cherchais un mouton à cinq pattes.

À force de vouloir un projet qui cochait toutes les cases, je n’achetais rien.

Avec le recul, je me rends compte que je regardais l’immobilier uniquement à travers un prisme financier.

L’emplacement n’était pas ma prioritĂ©. La qualitĂ© des locataires potentiels non plus. La gestion du risque liĂ© aux travaux encore moins.

Je voyais un projet immobilier comme un simple tableur Excel.

Si les chiffres Ă©taient bons, le projet m’intĂ©ressait. Si une case n’était pas parfaitement remplie, je passais au suivant.

Cette approche m’a fait perdre Ă©normĂ©ment de temps.

Parce qu’en immobilier, les meilleurs projets ne sont pas forcĂ©ment ceux qui affichent les meilleurs chiffres sur le papier.

Ce sont souvent ceux qui présentent le meilleur équilibre entre rentabilité, emplacement, liquidité, risque, financement et potentiel de valorisation.

Aujourd’hui, je prĂ©fĂšre largement acheter un bon projet qui rĂ©pond Ă  80 % de mes critĂšres qu’attendre indĂ©finiment un projet parfait qui n’existe probablement pas.

Au dĂ©but de mon parcours, j’avais une vision trĂšs simpliste des travaux.

Pour moi, une rénovation se résumait essentiellement à un prix au mÚtre carré.

Une rĂ©novation lĂ©gĂšre valait tant d’euros par mĂštre carrĂ©, une rĂ©novation lourde valait tant d’euros par mĂštre carrĂ© et il suffisait ensuite de faire quelques multiplications pour estimer le budget.

Avec le recul, je pense que c’est l’une des plus grosses erreurs que peut commettre un investisseur dĂ©butant.

Aujourd’hui, je considĂšre que les travaux reprĂ©sentent le principal facteur de risque d’un projet immobilier.

Et parmi tous les sujets liĂ©s aux travaux, l’état structurel du bĂątiment est probablement le plus important. Si la structure est dĂ©faillante, le projet entier peut rapidement devenir une catastrophe.

À l’époque, je n’avais ni l’expĂ©rience ni les connaissances nĂ©cessaires pour analyser correctement ce type de sujet. PlutĂŽt que d’accepter mes limites et de me faire accompagner, j’essayais souvent de me rassurer seul.

Je me souviens notamment d’un immeuble que j’ai failli acheter pour un investissement locatif. Avec le recul, je pense qu’il Ă©tait trĂšs proche d’une situation de pĂ©ril.

On retrouvait des fissures traversantes qui partaient du bas de l’immeuble jusqu’en toiture. Certaines Ă©taient localisĂ©es exactement aux mĂȘmes endroits d’un Ă©tage Ă  l’autre. Le bĂątiment prĂ©sentait Ă©galement une inclinaison visible depuis la rue.

Aujourd’hui, tous ces Ă©lĂ©ments me feraient fuir immĂ©diatement. À l’époque, j’essayais surtout de trouver des arguments pour me convaincre que le projet restait viable, car il Ă©tait, en thĂ©orie, rĂ©munĂ©rateur.

J’avais notamment publiĂ© des photos sur diffĂ©rents groupes afin d’obtenir des avis.

Et comme souvent sur Internet, il y avait toujours quelqu’un pour me rĂ©pondre que l’immeuble avait 150 ans, que les fissures Ă©taient anciennes ou que cela ne bougerait plus. Le problĂšme, c’est qu’aucune de ces personnes n’avait visitĂ© le bĂątiment.

Aucune ne prenait la moindre responsabilitĂ© sur l’opĂ©ration.

Et surtout, aucune ne subirait les consĂ©quences financiĂšres si l’analyse Ă©tait mauvaise.

Un avis gratuit sur Internet ne remplacera jamais l’intervention d’un professionnel compĂ©tent sur le terrain. Lorsqu’un sujet dĂ©passe vos compĂ©tences, la bonne dĂ©cision n’est pas de chercher quelqu’un qui vous rassure.

C'est de trouver quelqu’un capable de vous donner un avis fiable, mĂȘme si cet avis vous coĂ»te quelques centaines ou quelques milliers d’euros.

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Pendant longtemps, j’ai raisonnĂ© sur les travaux exactement comme on me l’avait appris dans les formations immobiliĂšres. On parlait beaucoup de ratios au mĂštre carrĂ©. Une rĂ©novation lĂ©gĂšre valait tant d’euros par mĂštre carrĂ©, une rĂ©novation lourde valait tant d’euros par mĂštre carrĂ©, etc.

Pour dĂ©grossir un dossier, c’est un trĂšs bon outil. Le problĂšme, c’est que beaucoup d’investisseurs s’arrĂȘtent lĂ . Or, Ă  partir du moment oĂč vous faites une offre ou que vous signez une promesse de vente, ce niveau d’analyse devient totalement insuffisant.

Un chantier, ce n’est pas un prix au mĂštre carrĂ©. C’est une succession de dizaines, voire de centaines de postes diffĂ©rents : Ă©lectricitĂ©, plomberie, isolation, placo, revĂȘtements, menuiseries, cuisine, salle de bain, chauffage
 Et chaque poste peut rĂ©server des surprises.

Sur mon premier projet, j’ai eu un dĂ©passement de budget d’environ 20 000 €. À l’échelle du chantier, cela reprĂ©sentait prĂšs de 40 Ă  50 % du budget initial. Autant dire que c’était Ă©norme.

La principale raison est toute simple : je n’avais pas identifiĂ© que l’ensemble des baies vitrĂ©es de l’appartement devaient ĂȘtre remplacĂ©es. Pourquoi ? Parce que je n’avais pas suffisamment d’expĂ©rience. Parce que je ne m’étais pas entourĂ© des bonnes personnes. Et surtout parce que je n’avais pas fait intervenir suffisamment de professionnels avant de prendre ma dĂ©cision.

Avec le recul, je pense que lorsqu’on dĂ©bute et que l’on ne dispose pas encore d’un rĂ©seau fiable d’artisans, il faut systĂ©matiquement faire rĂ©aliser plusieurs devis. A minima trois. Et surtout, ne jamais choisir uniquement sur le prix.

Le moins cher n’est pas forcĂ©ment le plus compĂ©tent. Et le plus cher n’est pas forcĂ©ment le meilleur non plus. Il faut essayer de comprendre qui a rĂ©ellement pris le temps d’analyser le projet et d’identifier les risques.

J’ajouterais Ă©galement un point qui me paraĂźt indispensable aujourd’hui : toujours prĂ©voir une enveloppe d’alĂ©as. À titre personnel, je recommande au minimum 10 % du montant des travaux, et parfois davantage selon la nature du projet.

Ce qui est contre-intuitif, c’est que ces alĂ©as sont souvent plus importants sur des rĂ©novations partielles que sur des rĂ©novations complĂštes. Lors d’une rĂ©novation totale, l’artisan dĂ©monte gĂ©nĂ©ralement tout, voit l’ensemble des problĂ©matiques et les intĂšgre dans son devis. À l’inverse, lorsqu’on ne touche qu’à certaines parties du logement, les mauvaises surprises apparaissent souvent en cours de chantier.

Au final, j’ai compris qu’un budget travaux n’est jamais une science exacte. L’objectif n’est pas d’avoir raison Ă  l’euro prĂšs. L’objectif est d’avoir suffisamment anticipĂ© les risques pour qu’une mauvaise surprise ne mette pas en danger la rentabilitĂ© du projet.

Dans la continuitĂ© de l’erreur prĂ©cĂ©dente, j’ai longtemps pensĂ© qu’une bonne façon de rĂ©duire mon budget travaux Ă©tait tout simplement de faire les travaux moi-mĂȘme.

Sur le papier, le raisonnement paraĂźt logique. Si un artisan facture plusieurs milliers d’euros pour une prestation et que vous pouvez la rĂ©aliser vous-mĂȘme, vous Ă©conomisez immĂ©diatement cette somme.

Avec le recul, je pense qu’il faut distinguer deux profils d’investisseurs. Le premier profil est celui du bricoleur. Celui qui sait dĂ©jĂ  faire des travaux ou qui est capable d’apprendre rapidement.

Dans ce cas, rĂ©aliser une partie des travaux peut avoir du sens au dĂ©but. D’abord parce que cela permet de rĂ©duire le budget. Ensuite parce que cela permet de mieux comprendre comment les artisans travaillent et de savoir si certains devis sont cohĂ©rents ou non.

En revanche, il faut garder deux choses en tĂȘte. La premiĂšre, c’est que lorsque vous rĂ©alisez les travaux vous-mĂȘme, vous ĂȘtes seul responsable. Il n’y a pas d’assurance dĂ©cennale. Il faut donc ĂȘtre particuliĂšrement prudent et Ă©viter les postes les plus risquĂ©s.

La seconde, c’est que cette stratĂ©gie doit selon moi rester temporaire si votre objectif est de dĂ©velopper une vĂ©ritable activitĂ© d’investisseur. À un moment, il faut toujours comparer le taux horaire que vous Ă©conomisez sur les travaux avec le taux horaire que vous pourriez gĂ©nĂ©rer en cherchant un nouveau projet, en nĂ©gociant une acquisition ou en dĂ©veloppant votre activitĂ©.

Pour le second profil, celui qui n’est pas bricoleur, dont je fais partie, je pense qu’il faut ĂȘtre encore plus prudent.

Personnellement, je suis trÚs mauvais bricoleur. Avec le recul, les seuls travaux que je conseillerais à ce type de profil sont les travaux de démolition et éventuellement certains travaux de finition.

La dĂ©molition est souvent le poste le plus physique, mais pas forcĂ©ment le plus technique. À condition bien sĂ»r d’ĂȘtre accompagnĂ© au dĂ©part par des professionnels qui vous expliquent ce que vous pouvez ou non dĂ©molir. L’objectif n’est pas d’aller dĂ©couper une canalisation d’eau ou d’abattre un mur porteur.

Ensuite, il reste les travaux de finition : peinture, pose de parquet stratifiĂ© ou petits amĂ©nagements. L’avantage de ces postes, c’est qu’une erreur aura gĂ©nĂ©ralement des consĂ©quences limitĂ©es.

Un parquet mal posĂ© ou une peinture imparfaite peuvent ĂȘtre disgracieux. Une installation Ă©lectrique mal rĂ©alisĂ©e ou une plomberie dĂ©fectueuse peuvent devenir beaucoup plus problĂ©matiques.

C’est pour cette raison que je pense qu’il faut toujours adapter les travaux rĂ©alisĂ©s soi-mĂȘme Ă  son niveau rĂ©el de compĂ©tence.

Dans mon cas, je suis probablement un exemple assez extrĂȘme. MĂȘme la peinture ou la pose de sol ne sont pas des sujets sur lesquels je prends le risque d’intervenir.

Cette erreur m’a surtout appris qu’il ne faut pas confondre Ă©conomie et rentabilitĂ©. Économiser 1000 € de travaux peut sembler intĂ©ressant. Mais si cela vous fait perdre plusieurs semaines ou plusieurs mois sur votre prochain projet, l’opĂ©ration n’est pas forcĂ©ment gagnante.

Évitez surtout de faire des travaux durant le chantier : la coordination avec les artisans sera trĂšs compliquĂ©e. Faites les travaux au dĂ©but ou Ă  la fin du chantier.

Vous l’avez dĂ©jĂ  vu dans les erreurs prĂ©cĂ©dentes, j’ai commencĂ© mon parcours avec un bagage thĂ©orique qui Ă©tait largement supĂ©rieur Ă  la moyenne. Et honnĂȘtement, cela m’a Ă©normĂ©ment aidĂ©.

J’ai Ă©vitĂ© certaines erreurs, j’ai compris plus vite des notions financiĂšres, fiscales ou liĂ©es au financement et cela m’a probablement permis de progresser plus rapidement que si j’étais parti de zĂ©ro.

Mais cette thĂ©orie m’a aussi jouĂ© des tours. Parce qu’à l’époque, je sous-estimais fortement l’importance du terrain et de l’expĂ©rience.

Je pense que c’est assez frĂ©quent quand on dĂ©bute. On a tendance Ă  croire qu’une fois qu’on a lu suffisamment de livres, regardĂ© suffisamment de vidĂ©os ou suivi suffisamment de formations, on maĂźtrise le sujet. Puis les annĂ©es passent et on se rend compte que l’on sait finalement beaucoup moins de choses que ce que l’on imaginait.

La premiĂšre raison est simple : certaines choses ne sont tout simplement pas enseignĂ©es. Non pas parce que les formations sont mauvaises, mais parce qu’il est impossible de tout couvrir.

Prenons l’exemple des travaux. Vous pouvez suivre une excellente formation sur l’investissement immobilier, mais elle ne pourra jamais entrer dans le dĂ©tail de tous les corps de mĂ©tier du bĂątiment, de toutes les pathologies possibles sur un immeuble ou de toutes les situations que vous rencontrerez un jour sur un chantier.

Il existe une multitude de sujets trop spĂ©cifiques pour ĂȘtre enseignĂ©s de maniĂšre exhaustive. Et surtout, certains problĂšmes ne se rencontrent qu’une seule fois dans une carriĂšre.

La deuxiĂšme raison est encore plus importante : l’expĂ©rience.

Avec le temps, vous accumulez des situations qui vous permettent de rĂ©agir diffĂ©remment. Aujourd’hui, je gĂšre beaucoup mieux un conflit avec un artisan que lorsque j’ai commencĂ©. Non pas parce que j’ai lu un livre sur la gestion des conflits. Mais simplement parce que j’en ai vĂ©cu plusieurs.

J’ai dĂ©jĂ  eu des retards, des malentendus, des dĂ©saccords sur des devis ou des prestations. Chaque situation m’a permis d’apprendre quelque chose. Et ça, aucune formation ne peut rĂ©ellement vous le transmettre.

Il y a un dernier aspect que beaucoup d’investisseurs sous-estiment : le rĂ©seau.

On peut rejoindre des clubs d’investisseurs, obtenir des recommandations ou rĂ©cupĂ©rer les coordonnĂ©es de bons professionnels. C’est utile. Mais cela ne remplace jamais une relation construite au fil du temps.

Lorsque vous avez dĂ©jĂ  rĂ©alisĂ© trois ou quatre projets avec le mĂȘme artisan, le mĂȘme notaire, le mĂȘme banquier ou le mĂȘme agent immobilier, une confiance se crĂ©e naturellement. Cette confiance devient progressivement un avantage concurrentiel.

Avec le recul, je pense que la thĂ©orie est indispensable pour dĂ©marrer. Mais elle ne remplace ni le terrain, ni l’expĂ©rience, ni le rĂ©seau.

C’est une erreur que l’on rencontre gĂ©nĂ©ralement un peu plus tard dans son parcours d’investisseur. D’ailleurs, sauf exception, je ne recommande pas de commencer par des projets qui nĂ©cessitent des autorisations d’urbanisme.

Les autorisations d’urbanisme peuvent ĂȘtre nĂ©cessaires dans de nombreux cas : division d’un bien en plusieurs logements, changement de destination d’un local commercial en habitation, extension, modification de façade, crĂ©ation d’ouvertures, extension ou construction.

Dans la majorité des cas, vous serez confrontés soit à une déclaration préalable, soit à un permis de construire.

Ce que j’avais sous-estimĂ© au dĂ©part, ce ne sont pas les dĂ©lais thĂ©oriques affichĂ©s par l’administration. Ce sont tous les dĂ©lais annexes qui gravitent autour du dossier.

La plupart des investisseurs regardent uniquement le dĂ©lai d’instruction annoncĂ© sur le papier. En rĂ©alitĂ©, ce n’est qu’une partie du calendrier.

La premiĂšre Ă©tape consiste dĂ©jĂ  Ă  rĂ©aliser le dossier. Et cela peut ĂȘtre beaucoup plus long qu’on ne l’imagine. À l’heure oĂč j’écris ces lignes, un architecte travaille sur un permis de construire qui n’est pourtant pas un projet particuliĂšrement complexe. MalgrĂ© cela, nous avons dĂ©jĂ  presque deux mois de travail sur la constitution du dossier.

Ensuite viennent les Ă©changes avec l’administration. Dans la pratique, il est frĂ©quent de recevoir des demandes de piĂšces complĂ©mentaires ou des demandes de modification. Vous allez alors effectuer plusieurs allers-retours avec la mairie, parfois avec les Architectes des BĂątiments de France lorsque le projet est situĂ© dans un secteur protĂ©gĂ©.

Selon les cas, cela peut facilement ajouter un ou deux mois supplémentaires.

Puis arrive le dĂ©lai de recours des tiers. Pendant cette pĂ©riode, les voisins ou les personnes ayant un intĂ©rĂȘt Ă  agir peuvent contester l’autorisation obtenue.

Pour sĂ©curiser ce dĂ©lai, il faut gĂ©nĂ©ralement rĂ©aliser trois constats d’affichage par commissaire de justice. Cela reprĂ©sente Ă  la fois un coĂ»t supplĂ©mentaire et du temps supplĂ©mentaire.

Une fois ce dĂ©lai terminĂ©, il faut encore attendre le dĂ©lai de non-retrait administratif. Pendant cette pĂ©riode, la mairie conserve la possibilitĂ© de revenir sur l’autorisation qu’elle a accordĂ©e.

Et ce n’est toujours pas terminĂ©.

Sur les opĂ©rations importantes, les banques demandent souvent que l’ensemble de ces dĂ©lais soit purgĂ© avant de dĂ©bloquer le financement ou avant la signature dĂ©finitive. Elles demandent gĂ©nĂ©ralement les constats d’affichage, la purge des recours des tiers, la purge du dĂ©lai de retrait ainsi qu’une attestation de la mairie confirmant que l’ensemble de ces dĂ©lais est bien expirĂ©.

Et cette attestation peut parfois prendre plusieurs semaines supplĂ©mentaires Ă  ĂȘtre obtenue.

Au final, l’erreur que j’ai commise a Ă©tĂ© de raisonner uniquement en fonction des dĂ©lais principaux. Or, sur les projets soumis Ă  l’urbanisme, ce sont souvent les dĂ©lais annexes qui prennent le plus de temps.

Aujourd’hui, lorsque je signe une promesse de vente sur une opĂ©ration de ce type, je prĂ©vois systĂ©matiquement une marge de sĂ©curitĂ© importante dans mes conditions suspensives et dans mon calendrier.

Parce qu’en matiĂšre d’urbanisme, le problĂšme n’est gĂ©nĂ©ralement pas d’obtenir l’autorisation. C'est souvent le temps nĂ©cessaire pour pouvoir l’utiliser rĂ©ellement.

C’est une erreur qui peut sembler anodine lorsqu’on prĂ©pare un projet, mais qui peut rapidement reprĂ©senter plusieurs milliers d’euros.

Que ce soit pour un investissement locatif ou pour une opĂ©ration d’achat-revente, j’ai longtemps eu tendance Ă  considĂ©rer le mobilier comme un poste secondaire. Dans ma tĂȘte, les gros sujets Ă©taient l’acquisition, les travaux, le financement ou encore la fiscalitĂ©.

Les meubles passaient au second plan. Je me disais que je les financerais en fonds propres au moment venu.

Le problĂšme, c’est qu’on sous-estime presque toujours le budget nĂ©cessaire pour meubler correctement un appartement.

Aujourd’hui, lorsqu’un locataire visite un logement, les Ă©lĂ©ments qui ressortent le plus sont gĂ©nĂ©ralement la cuisine, la salle de bain, le coin nuit lorsqu’il s’agit d’une petite surface, la dĂ©coration et surtout les rangements.

Or, pour avoir suffisamment de rangements, il faut investir dans du mobilier adaptĂ© et rĂ©flĂ©chir sĂ©rieusement Ă  l’amĂ©nagement.

On ne peut pas espérer créer un appartement de qualité avec quelques meubles achetés à la derniÚre minute.

Je vois encore beaucoup d’investisseurs qui prĂ©voient 2000 ou 2500 € pour meubler et dĂ©corer entiĂšrement un appartement de 40 mÂČ. Dans la pratique, c’est extrĂȘmement compliquĂ© si l’objectif est de proposer un logement agrĂ©able et cohĂ©rent.

Aujourd’hui, hors Ă©lectromĂ©nager, je considĂšre que mĂȘme sur une petite surface, il est difficile de descendre sous les 3000 € de mobilier et de dĂ©coration. Sur un appartement d’environ 40 mÂČ, un budget de 4000 Ă  5000 € me paraĂźt beaucoup plus rĂ©aliste si l’on souhaite obtenir un rĂ©sultat qualitatif.

À cela, il faut ajouter l’électromĂ©nager. Une cuisine complĂšte, avec rĂ©frigĂ©rateur, plaque de cuisson, four, micro-ondes, machine Ă  laver et les diffĂ©rents Ă©quipements nĂ©cessaires, reprĂ©sente rapidement 2000 € supplĂ©mentaires.

Au final, ce poste peut représenter une part importante du budget global.

Imaginons que vous ayez dĂ©jĂ  subi un dĂ©passement de budget travaux, quelques semaines de retard de chantier et davantage d’intĂ©rĂȘts intercalaires que prĂ©vu. Si vous devez ensuite sortir plusieurs milliers d’euros supplĂ©mentaires pour meubler le logement, votre trĂ©sorerie peut fondre beaucoup plus vite que prĂ©vu.

Le plus frustrant, c’est que cette erreur est probablement l’une des plus simples Ă  Ă©viter.

Il suffit de prĂ©parer son budget Ă  l’avance. Lorsque je travaille aujourd’hui sur un projet, je fais rĂ©guliĂšrement un panier complet chez Ikea avant mĂȘme le dĂ©marrage du chantier. Cela me permet d’avoir une estimation rĂ©aliste du coĂ»t final.

Et c’est souvent Ă  ce moment-lĂ  que l’on rĂ©alise le nombre d’élĂ©ments nĂ©cessaires pour meubler correctement un logement. Quand on souhaite proposer un appartement vĂ©ritablement clĂ© en main, ce ne sont pas dix ou vingt articles qu’il faut acheter. On se retrouve parfois avec plusieurs centaines de rĂ©fĂ©rences entre le mobilier, la dĂ©coration, les luminaires, les Ă©quipements de cuisine, les accessoires de rangement ou encore le linge de maison.

Ce poste est rarement celui qui fait Ă©chouer un projet Ă  lui seul. En revanche, il s’ajoute souvent Ă  toutes les autres petites erreurs de prĂ©vision. Et ce sont justement ces petites erreurs accumulĂ©es qui finissent par crĂ©er les plus gros problĂšmes de trĂ©sorerie.

C’est probablement l’une des croyances qui m’a fait perdre le plus de temps lorsque j’ai commencĂ© Ă  investir.

À l’époque, on entendait souvent le mĂȘme discours sur Internet : trouvez un bien avec un trĂšs bon rendement, un loyer supĂ©rieur Ă  la mensualitĂ© du crĂ©dit, et la banque suivra forcĂ©ment.

Il faut reconnaĂźtre qu’il y avait une part de vĂ©ritĂ© il y a quelques annĂ©es. À l’époque du calcul diffĂ©rentiel, certains projets trĂšs rentables avaient effectivement un impact limitĂ© sur le taux d’endettement de l’emprunteur. Il Ă©tait donc parfois possible d’enchaĂźner les acquisitions plus facilement.

Aujourd’hui, les rĂšgles ont largement Ă©voluĂ©. Et c’est lĂ  que j’ai commis une erreur de raisonnement.

Je pensais qu’un excellent projet pouvait compenser un dossier emprunteur moyen. En rĂ©alitĂ©, c’est souvent l’inverse.

Pour une banque, le critĂšre principal n’est gĂ©nĂ©ralement pas le rendement du projet. C’est le porteur de projet : ses revenus, son Ă©pargne, son expĂ©rience, sa stabilitĂ© professionnelle, son endettement et sa gestion financiĂšre globale.

Le rendement du projet reste évidemment important, mais il passe souvent aprÚs ces éléments.

J'avais notamment identifiĂ© un projet qui affichait une rentabilitĂ© trĂšs Ă©levĂ©e. Sur le papier, l’opĂ©ration Ă©tait excellente. Le problĂšme, c’est qu’à cette pĂ©riode-lĂ , je disposais de trĂšs peu de trĂ©sorerie et mon niveau d’endettement Ă©tait dĂ©jĂ  important.

Malgré cela, je continuais à penser que le rendement du projet allait convaincre la banque.

Avec le recul, cela n’avait aucun sens.

Heureusement, le projet ne s’est pas fait. Mais si j’étais allĂ© jusqu’au bout, j’aurais probablement fait perdre plusieurs mois Ă  tout le monde : au vendeur, Ă  l’agent immobilier, Ă  la banque et Ă  moi-mĂȘme.

Aujourd’hui, j’aborde les choses dans l’ordre inverse.

Avant mĂȘme de chercher un bien, j’essaie de comprendre prĂ©cisĂ©ment ma capacitĂ© de financement. Je discute avec les banques. Je fais rĂ©aliser des simulations. J’identifie les montants que je peux raisonnablement emprunter et les critĂšres qui seront analysĂ©s.

Une fois ce cadre défini, je cherche les projets qui correspondent à cette capacité.

Cette approche est beaucoup plus efficace. Elle évite de perdre du temps sur des opérations qui ne pourront jamais aboutir.

Et voilà pour cette édition qui, je l'espÚre, vous aidera à anticiper de futures erreurs.

Cela ne sera pas une solution magique, depuis le début de mon parcours, j'ai toujours eu accÚs à énormément d'informations théoriques et de retours d'expérience terrain.

MalgrĂ© cela, il faut parfois se prendre soi-mĂȘme des murs pour en tirer les leçons !

Si vous avez des questions à propos de cette édition, j'y répondrai avec plaisir par retour de mail ou bien directement en me contactant sur mon LinkedIn.

À bientît,

Enzo.