Snow Report - Tous les dimanches

🚀 Le bon moment pour investir dans SpaceX ?

🔋 Le stockage d'énergie : nouvelle opportunité ?

Le 26/07/2026

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Ce que vous allez apprendre dans cet article

Salut tout le monde ! ⛈️ La météo des marchés 👉 C'est assez mitigé. 🚀 [SPACE] Un mois et demi après la plus grosse introduction en bourse de l'Histoire, SpaceX est passée de l'euphorie à la petite gueule de bois. Classique. L'action a chuté d'environ 49 % depuis son sommet et cote désormais sous son prix d'introduction de 135 $. Starlink cartonne, mais la division IA brûle des milliards et de nombreux investisseurs historiques vont bientôt être autorisés à vendre leurs actions à partir du 6 août. La chute justifie de commencer à s'intéresser au dossier (mais avec beaucoup de prudence, comme toujours). 💸 [NEW-WORLD] En décembre dernier, 50 experts se sont réunis au FMI (Fonds monétaire international) pour simuler l'impact de l'IA sur l'économie mondiale. Pour elles et eux, le vrai scénario catastrophe, c'est l'effondrement des recettes fiscales. Nos États vivent de l'impôt sur le travail et si l'IA détruit les emplois qualifiés, le financement de l'État s'écroule. La France, avec son modèle social adossé aux salaires, est en première ligne. On décrypte et on voit quoi faire. 🔋[POWER] Brookfield vient de racheter Aypa Power à Blackstone pour environ 7 milliards de dollars. Longtemps considérée comme un pari spéculatif, la batterie géante devient une infrastructure, au même titre qu'un barrage, une centrale nucléaire ou bien une autoroute. En effet, il faut savoir que le stockage a dépassé les barrages en capacité installée, la Chine en concentre plus de la moitié, et la France commence tout juste. Voici comment s'y exposer. 🏗️ Et si vous pouviez rejoindre un cercle privé d'investisseurs qui achètent, rénovent et revendent des biens immobiliers avec un TRI moyen de 10,9 % sur des opérations courtes (7 à 12 mois) ? C'est ce que propose Blocshare. Et avec le lien ci-dessous, vous bénéficiez de 2 % de cashback immédiat sur votre premier investissement.

📰 Snow Report : Météo des marchés, analyse approfondie d’une action et décryptage de deux grosses actus économie et tendances.

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J'espère que vous allez bien et que vous n'êtes pas touché(e)s par les terribles feux qui ravagent nos si belles régions (dont le département dans lequel j'ai grandi, le Var, en Provence). S'il y a des pompiers parmi nos lecteurs, un immense courage à vous.

Aujourd'hui, comme une fois par mois, nous ouvrons les trois quarts de cette newsletter prémium à toute la communauté pour vous permettre de découvrir nos autres contenus.

Pour rappel, le Snow Report du dimanche soir, c'est :

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Yoann ❤️

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La semaine a été dominée par le retour du risque énergétique et par une saison des résultats beaucoup plus exigeante. Le Brent a repassé les 100 $ avec l’enlisement du conflit entre les États-Unis et l’Iran, ravivant les inquiétudes sur l’inflation et les taux. Les marchés américains ont néanmoins résisté grâce à l’intelligence artificielle, avant que plusieurs publications ne rappellent que les valorisations actuelles laissent peu de place à la déception.

Le pétrole est redevenu le principal risque macroéconomique. Aux tensions autour du détroit d’Ormuz s’ajoutent désormais les menaces des Houthis sur Bab el-Mandeb, une route utilisée pour contourner la zone. Plus le conflit dure, plus le risque d’un choc énergétique persistant augmente.

Cette hausse se transmet directement aux obligations. Le 10 ans américain dépasse 4,6 %, tandis que les rendements européens remontent également. La BCE a maintenu ses taux, mais le marché anticipe désormais deux nouvelles hausses cette année. Les investissements massifs dans l’IA ajoutent leurs propres tensions, avec des capacités de production sous pression et plusieurs hausses de prix déjà annoncées.

Les obligations protègent également moins les portefeuilles. Leur corrélation avec les actions s’est fortement rapprochée de 1. Dans un environnement inflationniste, la hausse des taux peut ainsi pénaliser simultanément les deux classes d’actifs.

L’intelligence artificielle continue néanmoins de soutenir le marché. Micron, Western Digital, SanDisk ou Teradyne ont bien résisté, tandis que Super Micro Computer s’est envolé après avoir annoncé environ 60 milliards de dollars de commandes. La demande reste donc spectaculaire, mais le marché devient beaucoup plus exigeant sur le coût de cette croissance.

Alphabet en fournit la meilleure illustration. Malgré une croissance de 82 % de Google Cloud, l’action a été sanctionnée après un nouveau relèvement des investissements prévus pour 2026. Tesla, STMicroelectronics, Infineon, Nestlé et Moncler ont également fortement corrigé après leurs publications, tandis qu’Intel, SAP et TotalEnergies ont mieux résisté.

Cette dispersion est probablement le signal le plus important de la semaine. Les investisseurs ne remettent pas en cause la croissance de l’IA, mais veulent désormais savoir si les centaines de milliards investis généreront des profits suffisants. Les attentes deviennent aussi importantes que les résultats eux-mêmes.

Au final, le marché reste pris entre une économie technologique très dynamique et un environnement macroéconomique qui se dégrade. Tant que l’IA soutient la croissance, les indices américains peuvent absorber une partie du choc. Mais un pétrole durablement supérieur à 100 $, des taux plus élevés et des investissements technologiques moins rentables formeraient une combinaison nettement plus difficile à ignorer.

Mathieu

Nouvelle semaine de faible volatilité sur les marchés cryptos. L’indice TOTAL recule de seulement -0,4 %. Performance identique pour BTC, qui se stabilise autour des 64 400 $. L’ETH se débrouille un peu mieux en parvenant à gagner +0,8 % sur les 7 derniers jours. Aucun altcoin ne s’est vraiment illustré cette semaine à part Shiba Inu qui s’envole de +36 % ce dimanche matin, mais sans qu’il n’y ait eu d’annonce particulière.

Du côté des investissements institutionnels, l’action préférentielle STRC remonte très légèrement. Cette semaine, Strategy a ajouté 250 millions de dollars supplémentaires à sa réserve de cash, portant à 22 mois la couverture du dividende de STRC. On l’a bien vu ces dernières semaines, la gestion de Strategy s’est améliorée. Le marché reste tout de même prudent et anticipe une potentielle baisse.

Les ETF et les DAT (crypto treasuries) affichent un bilan quasi à l’équilibre cette semaine avec de légères entrées sur les ETF BTC et ETH.

Dans le contexte actuel, les investisseurs se divisent entre ceux qui pensent qu’on va continuer de descendre jusqu’à la fin de l’année en suivant les cycles habituels du bitcoin, et ceux qui estiment qu’on a déjà touché le fond.

D’un point de vue purement graphique, la tendance est toujours baissière et c’est donc la continuation de ce mouvement qui est la plus probable. Une reprise à la hausse n’est cependant pas impossible. Vu la contraction de la volatilité actuelle, il faut s’attendre à un mouvement important dans les semaines à venir. Son sens nous en dira un peu plus sur cette incertitude.

Côté régulation, quelques avancées sur le Clarity Act, qui pour rappel, doit faciliter le développement des cryptos aux États-Unis. Les républicains ont cédé et Trump a consenti à inclure des restrictions sur la détention de cryptos pour le président, le vice-président et les membres du Congrès. Il reste cependant encore quelques points de discorde pour obtenir les votes démocrates nécessaires pour que la loi soit votée.

Un autre sujet dont je voulais parler, c’est la rotation progressive des mineurs de bitcoin vers l’IA. Cette semaine, le mineur Hut 8 a annoncé la signature d’un second contrat de location de 15 ans d’une valeur de 9,8 milliards de dollars. Dans un récent podcast, le PDG de Marathon Digital, un autre mineur majeur, a dévoilé que l’exploitation des data centers IA générait plus de revenus par unité d’électricité dépensée que le minage de bitcoin.

Dans l’actu, voici ce qu’il ne fallait pas manquer :

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Avant de passer à la suite, place à notre second partenaire du jour qui permet d'investir dans quelque chose de très concret :

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🎯 L'essentiel : 1 mois et demi après la plus grosse introduction en bourse de l'Histoire, SpaceX est passée de l'euphorie à la petite gueule de bois. Classique. L'action a chuté d'environ 49 % depuis son sommet et cote désormais sous son prix d'introduction de 135 $. Starlink cartonne, mais la division IA brûle des milliards et de nombreux investisseurs historiques vont bientôt être autorisés à vendre leurs actions à partir du 6 août. La chute justifie de commencer à s'intéresser au dossier (mais avec beaucoup de prudence, comme toujours).

Chute de près de 38 % depuis la clôture des marchés du 18 juin

Chute de près de 38 % depuis la clôture des marchés du 18 juin

Retour sur les faits. Le 11 juin 2026, SpaceX s'introduit au Nasdaq à 135 $ l'action, dans la plus grosse IPO (Initial Public Offering ou entrée en bourse, en français) de l'Histoire. Le premier jour, le titre clôture à 161 $ (+19 %). Quatre jours plus tard, le 16 juin, il touche un sommet temporaire au cours de la journée à 225,64 $, valorisant l'entreprise autour de 2100 milliards de dollars (plus que Microsoft à l'époque ! 😱).

Mais depuis, l'euphorie s'est bien calmée et l'action est retombée autour de 115 $ ces derniers jours, soit environ 49 % sous son plus haut et ~15 % sous son prix d'IPO. La capitalisation est passée d'environ 2100 à 1510 milliards de dollars. Mais alors, pourquoi une telle chute ?

Trois raisons principales :

  • l'annonce du calendrier de déblocage des actions (on y revient) ;
  • un échec au décollage de Starship V3 (deuxième tentative avortée juste après l'allumage), la plus grosse fusée de SpaceX et sur laquelle repose une bonne partie de son modèle économique futur ;
  • une prise de bénéfices généralisée sur les valeurs de croissance très chères (en gros, les investisseuses et investisseurs ont vendu pour profiter de la forte hausse, tout simplement).

Mais alors, pourquoi je pense que cela peut être un bon moment pour commencer à s'y intéresser ?

Déjà, parce que le prix est passé en dessous du prix d'entrée en bourse comme on l'avait prévu ici lors de notre première analyse le 24 mai dernier.

Ensuite, parce que derrière la partie émergée de l'iceberg, donc les "fusées", SpaceX est en réalité un conglomérat de trois activités très différentes. Et une seule gagne de l'argent : Starlink, l'internet par satellite.

Et les chiffres sont plutôt balèses. Starlink comptait 10,3 millions d'abonnés fin mars 2026 dans 164 pays, soit +105 % en un an. À titre de comparaison, Orange, le plus gros opérateur français, compte un peu plus de 30 millions d'abonnés.

La division Starlink a généré 11,4 milliards de dollars de revenu en 2025 et 4,4 milliards de dollars de résultat opérationnel, avec un résultat qui a plus que doublé sur l'année. Au premier trimestre 2026, elle a ajouté 3,3 milliards de revenu supplémentaires.

Et la croissance ne ralentit pas : certains analystes visent 15 millions d'abonnés fin 2026. En plus de ça, Starlink cherche à lancer une offre mobile qui pourrait concurrencer les opérateurs traditionnels et booster la croissance de façon exponentielle, car la demande pourrait être globale, contrairement aux opérateurs classiques qui s'appuient sur des infrastructures terrestres qui limitent les possibilités de croissance.

S'ajoute une division infrastructure IA qui décroche des contrats majeurs, dont un avec Alphabet apportant environ 920 millions de dollars par mois au chiffre d'affaires.

Cela dit, je préfère rester prudent, car la division IA (maintenant appelée SpaceXAI), récemment intégrée, a perdu 6,4 milliards de dollars en résultat opérationnel en 2025, et encore 2,5 milliards sur le seul premier trimestre 2026. La division spatiale elle-même perd de l'argent sur les deux périodes. Résultat : SpaceX affiche une perte nette de près de 5 milliards de dollars sur l'exercice écoulé, et les analystes attendent encore des pertes au deuxième trimestre. Logique, la boîte investit en masse.

De plus, même après la chute, SpaceX se paie environ 49 fois les revenus attendus (et près de 90 fois les revenus des 12 derniers mois !). Ce prix, c'est clairement le prix d'un rêve avec les projets les plus ambitieux (comme les data centers dans l'espace ou encore Mars) qui sont valorisés aujourd'hui alors que leur rentabilité reste totalement hypothétique.

Je ne vais pas revenir sur le reste du business, car on en a déjà parlé pas mal ici comme je disais.

Autre point qui fait que je reste prudent sur cette action : la période de lock up est bientôt terminée.

Qu'est-ce donc que ça ?

Il faut savoir que lors d'une entrée en bourse, les initiés (fondateurs, salariés, investisseurs historiques) ne peuvent pas vendre leurs actions immédiatement : c'est la période de blocage (ou lock up, en anglais). Cela évite qu'ils inondent le marché dès le premier jour.

Il faut savoir que SpaceX n'a mis que moins de 5 % de ses environ 13,2 milliards d'actions sur le marché. Tout le reste est bloqué. Et ce fameux déblocage va commencer à partir du 6 août, après la publication des résultats du deuxième trimestre.

En gros, après cette date, environ 911,5 millions d'actions (20 % des actions des initiés) vont pouvoir être vendues sur les marchés. Certaines estimations montent jusqu'à 1,37 milliard d'actions potentiellement libérées, soit plus que le nombre d'actions qui ont été vendues lors de l'entrée en bourse elle-même.

Toutes les actions ne vont pas être débloquées d'un coup. Le déblocage se fait par vagues (tranches d'environ 7 % toutes les 2 à 4 semaines jusqu'en octobre, puis le solde le 8 décembre). Autre point à savoir : les 6,4 milliards d'actions d'Elon Musk restent bloquées jusqu'au 12 juin 2027, sans clause de libération anticipée. Peu de chance qu'il vende, cela dit…

Ça veut dire quoi tout ça ? Beaucoup plus de vendeurs potentiels arrivent sur le marché face au même nombre d'acheteurs. Du coup, si l'offre dépasse la demande, alors le prix baisse. Le cours de l'action pourrait donc chuter. Mais peu de chance que tout le monde vende en même temps. De nombreuses investisseuses et nombreux investisseurs vont conserver leurs titres ou n'en vendre qu'une partie.

💡 Mon point de vue La dernière fois que je parlais de SpaceX, je disais qu'il valait mieux patienter avant de se positionner, mais la chute de 49 % change un peu les choses. À plus de 225 $, c'était clairement de la pure euphorie, mais sous 135 $, on commence à s'y intéresser. Je pense qu'on peut légitimement commencer à se positionner, mais pas n'importe comment. Ma stratégie serait la suivante : une petite première ligne maintenant (une fraction de ce que vous voulez y allouer à terme), et surtout pas de DCA (achat récurrent du même montant d'une action ou d'un actif) complet tout de suite. Pourquoi ? Parce que la fin du lock up le 6 août pourrait faire encore souffrir le cours de l'action quand des centaines de millions d'actions arriveront sur le marché. Autant garder des munitions pour acheter potentiellement encore plus bas. Autre signal à ne pas ignorer : une étude Reuters sur 50 grosses IPO américaines depuis 2010 montre que les titres passant sous leur prix d'introduction dans les deux premiers mois affichent généralement une performance long terme plus faible. On peut se souvenir de Meta qui avait chuté de près de 50 % les premiers mois qui ont suivi son entrée en bourse. En résumé : oui, on commence, mais petit, et on garde du cash (ou on commence le DCA plus tard) pour renforcer après le 6 août, une fois qu'on aura vu à quel prix l'offre rencontre vraiment la demande. Et comme d'hab' : c'est un investissement à réserver à la poche spéculative, avec de l'argent dont vous n'avez pas besoin. Cette action restera très volatile pendant encore de nombreux mois, voire de nombreuses années. On privilégie les ETF pour des investissements long terme, moins risqués.

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🎯 L'essentiel : en décembre dernier, 50 experts se sont réunis au FMI (Fonds monétaire international) pour simuler l'impact de l'IA sur l'économie mondiale. Pour elles et eux, le vrai scénario catastrophe, c'est l'effondrement des recettes fiscales. Nos États vivent de l'impôt sur le travail et si l'IA détruit les emplois qualifiés, le financement de l'État s'écroule. La France, avec son modèle social adossé aux salaires, est en première ligne. On décrypte et on voit quoi faire.

Au siège du FMI à Washington, des experts de Google DeepMind, de la RAND Corporation et de la Fed (banque centrale américaine) ont simulé pendant deux jours l'impact de l'IA sur les systèmes fiscaux.

Vous le savez certainement, mais depuis la révolution industrielle, les États vivent en taxant le travail. Aux États-Unis, 66 % des recettes fédérales viennent de l'impôt sur le revenu et des cotisations salariales. Mais le truc, c'est que – et ça aussi vous le savez – l'IA menace précisément les emplois de bureau les mieux payés, donc ceux qui rapportent le plus au fisc.

Selon une étude d'Anthropic (la boîte derrière Claude), la programmation informatique est aujourd'hui le métier le plus "exposé", alors que son salaire médian était le double de la moyenne américaine.

D'où un double problème : les recettes chutent au moment où les dépenses explosent (chômage, reconversion, Sécurité sociale, etc.).

Et les économistes ont un nom pour cette période : la "pause d'Engels". Ce terme vient du fait qu'entre 1801 et 1841, la productivité britannique a explosé grâce à la machine à vapeur… mais les salaires réels ont stagné quarante ans. Le progrès finit par profiter à toutes et à tous, mais le trou d'air peut durer plusieurs décennies.

Pourquoi la France est en première ligne ?

Il faut savoir que le modèle français est encore plus dépendant du travail que le modèle américain.

Notre protection sociale (retraites, santé, chômage) est financée par les cotisations sociales, prélevées directement sur les salaires. Elles constituent à elles seules le premier poste de prélèvements obligatoires du pays. Et il faut ajouter à ça la CSG ou contribution sociale généralisée (environ 153 milliards d'euros en 2024) et l'impôt sur le revenu (~104 milliards attendus en 2026, soit 15,6 % des recettes fiscales).

Bref, traduction : si demain il y a moins de personnes employées, cela veut dire moins de recettes et donc c'est tout le financement de la Sécu et des retraites qui est en galère. Et dans un pays qui a déjà 3480 milliards d'euros de dette, ben ça peut vite devenir complicado.

Un point positif toutefois de notre modèle : la TVA (taxe sur la valeur ajoutée) est notre première recette fiscale (211,7 milliards d'euros, soit environ 35 % du total) et c'est exactement la solution que les économistes recommandent en priorité. La France a donc déjà en partie l'amortisseur que d'autres devront construire. Ouf.

Les pistes envisagées par les économistes

Quatre familles de solutions circulent : taxer davantage le patrimoine, la consommation, les bénéfices des entreprises, ou instaurer une taxe sur les tokens IA (sur la puissance de calcul consommée).

Mais le truc, c'est qu'aucune n'est parfaite, car les taxes sur la fortune font potentiellement fuir les contribuables (la France a échoué à faire passer une taxe de 2 % sur les patrimoines de plus de 100 millions d'euros par exemple). Ensuite, remplacer l'impôt sur le revenu par la seule consommation exigerait, aux États-Unis, une TVA d'environ 33 %. Taxer les multinationales reste difficile (il a fallu des décennies pour un impôt minimum mondial à 15 % et encore, les États-Unis et la Chine ne font pas partie du mécanisme). Et pour finir, la taxe sur les tokens, elle, nécessiterait un accord entre la Chine et les États-Unis. Bonne chance…

Cela dit, on peut citer deux pays qui se préparent à ces changements profonds :

  • Singapour accumule des réserves massives (12 milliards de dollars d'excédent budgétaire) et subventionne la reconversion ;
  • la Suède a basculé ses aides du cash vers les services (santé, éducation, crèches), ce qui coûte moins cher et n'encourage pas l'inactivité (contrairement à nous qui mettons plus d'efforts sur le cash).

Mais alors, que faire concrètement, en tant qu'investisseuse et investisseur français ?

  • Détenez ce qui remplace le travail. On peut dire que votre salaire est une sorte d'"obligation" adossée à l'économie du travail. Si l'IA capte une part croissante de la valeur, en détenir des actions est la couverture naturelle de votre capital humain. Un ETF Monde (un produit qui permet d'investir dans des centaines d'entreprises dans le monde) vous y expose déjà largement.
  • Ne soyez pas surexposé à la France. Le FMI nous dit que l'érosion fiscale sera pire dans les pays qui consomment l'IA que dans ceux qui la produisent (les États-Unis et la Chine). Un portefeuille 100 % hexagonal cumule les risques : votre emploi, votre immobilier et vos actifs financiers dans la même économie fragilisée. Ce n'est pas pour rien que je pousse souvent les gens à se focaliser sur l'économie américaine qui restera, selon moi, une des locomotives de ce nouveau monde.
  • Anticipez une fiscalité du capital plus lourde. C'est le revers de la médaille : si l'État ne peut plus taxer le travail, il taxera le capital et la consommation. Le PFU est déjà passé de 30 % à 31,4 % en 2026. Essayez d'orienter vos investissements vers des enveloppes qui proposent des avantages fiscaux pour le PEA (plan d'épargne en actions) qui est l'enveloppe la plus avantageuse.
  • Investissez en vous. Le meilleur rendement reste celui de vos compétences et elles vont devoir évoluer. La Suède et Singapour l'ont compris : la reconversion est la vraie assurance.

💡 Mon point de vue Attention, tout ça est à prendre avec des pincettes, car personne ne sait à quelle vitesse l'IA détruira ou créera des emplois, et les prophéties technologiques se trompent souvent. Cela dit, la question posée est juste. Ce que je retiens surtout, c'est qu'une des meilleures protections contre l'IA qui menace votre emploi, c'est de posséder une part des entreprises qui la déploient (des États comme les États-Unis cherchent d'ailleurs à détenir une part de ces entreprises pour des raisons similaires). Il faut donc participer à la création de valeur plutôt que de la subir. Faites-le tôt, largement diversifié et sur plusieurs décennies.

⏱ Temps de lecture : 3 minutes.

🎯 L'essentiel : Brookfield vient de racheter Aypa Power à Blackstone pour environ 7 milliards de dollars. Longtemps considérée comme un pari spéculatif, la batterie géante devient une infrastructure, au même titre qu'un barrage, une centrale nucléaire ou bien une autoroute. En effet, il faut savoir que le stockage a dépassé les barrages en capacité installée, la Chine en concentre plus de la moitié, et la France commence tout juste. Voici comment s'y exposer.

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