Snow Report - Tous les dimanches

🏎️ Investir dans Ferrari après le lancement du nouveau modèle Luce ?

💿 Lancer un side business autour de la nostalgie ?

Le 31/05/2026

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Ce que vous allez apprendre dans cet article

🌤️ La météo des marchés 👉 Ils sont plutôt en bonne forme (sauf les cryptos) ! 🏎️ [RACE] En 2022, on faisait de Ferrari un Snowpick : une marque de luxe déguisée en constructeur auto, championne de la rareté et du pricing power (marge d'EBITDA ~30 % pour seulement 11 155 voitures par an). Depuis, l'action a gagné près de 70 %… mais elle chute de plus de 39 % depuis son pic de 2025, et le mouvement s'est accéléré avec le lancement de la Luce (−8 % le lendemain). ⛪️ [AI] Le pape Léon XIV vient de publier une encyclique de 40 000 mots sur l'IA. Il n'a pas trop parlé de Dieu, il a surtout parlé de pouvoir, de travail et d'argent. Sa thèse : l'IA concentre un pouvoir privé inédit entre les mains de quelques entreprises, et risque de produire "plus de moyens sans plus d'humanité". Pour votre portefeuille, ça veut dire quoi ? Un possible pic d'euphorie sur l'IA (les encycliques tombent souvent aux extrêmes de marché) et un risque réglementaire et social qui monte sur les méga-caps tech américaines. 💿 [90S] La nostalgie est devenue un business et le plus fou, c'est que la Gen Z est nostalgique d'une époque qu'elle n'a jamais vécue (les années 90/2000 d'avant le smartphone). Ce sentiment a un nom : l'anémoia. La raison principale ? Un rejet de l'économie de l'attention et de l'IA (cf. la partie sur le pape) + un désir de tactile + un nouveau marqueur de statut ("se déconnecter, c'est cool"). Quelles idées de business à lancer ? 🏡 Et si vous pouviez investir en immo locatif sans gérer un seul locataire, accéder à des marchés immobiliers internationaux normalement réservés aux professionnels ? C'est ce que propose CORUM L’Épargne en ce moment et vous pouvez obtenir jusqu'à 10 000 € de bonus sur votre placement en ce moment.

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La semaine a été marquée par un regain d’optimisme autour du dossier iranien. Les États-Unis et l’Iran continuent de laisser entendre qu’un accord se rapproche, même si les contours restent flous. Entre négociations, frappes ponctuelles et tensions persistantes, les marchés ont choisi de privilégier le scénario d’une désescalade progressive.

Lundi a parfaitement illustré cet état d’esprit. Les marchés européens ont signé l’une de leurs meilleures séances de l’année, portés à la fois par la détente du pétrole et par la poursuite du rallye technologique mondial. Les investisseurs ont surtout retenu que le risque d’un blocage durable du détroit d’Ormuz semblait légèrement reculer.

Cette évolution reste essentielle pour les banques centrales. Depuis plusieurs semaines, le pétrole alimente les anticipations d’inflation et complique les décisions monétaires. Une normalisation progressive des flux énergétiques offrirait davantage de marge de manœuvre, tandis qu’un nouvel embrasement remettrait immédiatement les tensions inflationnistes au premier plan.

Les statistiques américaines montrent d’ailleurs que le problème n’a pas disparu. L’inflation continue d’accélérer légèrement, mais les chiffres restent conformes aux attentes. Les marchés considèrent donc que les prix restent élevés sans pour autant déraper davantage.

Les résultats d’entreprises renforcent cette lecture. Une nouvelle fois, l’intelligence artificielle s’impose comme le principal moteur des marchés américains. Les publications de Snowflake et de Dell ont été bien accueillies, les investisseurs estimant que ces groupes occupent une position favorable dans l’écosystème IA.

Le signal envoyé par Anthropic est peut-être encore plus important. Sa nouvelle levée de fonds à une valorisation proche de 1000 milliards de dollars renforce l’idée que certains acteurs majeurs de l’IA pourraient devenir rentables plus rapidement que prévu. Cette évolution réduit les craintes d’une dynamique uniquement alimentée par la spéculation.

Tout le monde ne profite toutefois pas de cet enthousiasme. Les difficultés rencontrées par Salesforce montrent que le marché devient plus exigeant. Il ne suffit plus de parler d’intelligence artificielle, les investisseurs veulent désormais des preuves concrètes de création de valeur.

Au final, les marchés continuent de s’appuyer sur trois hypothèses : une désescalade progressive au Moyen-Orient, une inflation qui reste sous contrôle et une intelligence artificielle capable de soutenir la croissance des bénéfices. Tant que ces trois piliers tiennent, l’environnement reste favorable aux actions, même si chacun d’eux demeure plus fragile qu’il n’y paraît.

Mathieu

Alors que les marchés américains continuent de grimper, la crypto continue de baisser. Cette semaine, BTC corrige de 4 % pour atteindre 73 800 $. Même scénario pour l’ETH qui perd 3,8 % et parvient tout juste à conserver le niveau des 2000 $.

La performance des altcoins est bien meilleure avec un indice TOTAL3 en hausse de +0,7 %. On en parle assez peu, mais les altcoins majeurs résistent plutôt bien ces dernières semaines et arrivent à maintenir leur prix. Je pense en particulier à Solana, BNB et XRP.

Hyperliquid est toujours très chaud avec un nouveau record de prix juste en dessous des 70 $. Moins de deux semaines après le lancement des ETF spot, un peu plus de 1 % des tokens en circulation y ont déjà été déposés. C’est un accomplissement massif qui montre une demande très importante de la part des investisseurs. En moins d’un mois, le prix du token a quasi été multiplié par deux.

Du côté des ETF BTC et ETH, ils ont à nouveau corrigé massivement avec des retraits de 1,4 milliard de dollars pour le bitcoin et 230 millions de dollars pour ethereum. Les investisseurs professionnels continuent de retirer des fonds des cryptos depuis quelques semaines.

Cela n’a pas refroidi les crypto treasuries qui continuent d’acheter massivement des ETH et des BTC. Petite exception cette semaine pour Strategy qui a préféré racheter 1,5 milliard de dollars de ses propres obligations (19 % de sa dette). Cela en a surpris certains, car ces obligations ont des taux extrêmement faibles, mais je pense qu’il faut considérer cela comme un signe de plus que Strategy veut progressivement s’éloigner de ce type de financement au profit de ses actions préférentielles STRC. On en parlait justement jeudi dernier dans Snowball Crypto.

Parmi les treasuries liées à ETH, il y a eu plusieurs bonnes nouvelles. Le numéro deux du secteur, Sharplink, sera prochainement intégré aux indices Russell 2000 et 3000 tandis que le leader Bitmine est en bonne position pour intégrer le Russell 1000. L’inclusion d’une entreprise à un indice est toujours une bonne nouvelle, car cela signifie que les gestionnaires d’ETF devront prendre des parts dans ces entreprises pour respecter la composition des indices qu’ils suivent. Cela peut représenter jusqu’à un quart de leur capitalisation.

Pour résumer le marché cette semaine : on se trouve actuellement dans une phase d’incertitude où il n’est pas clair si la performance des deux derniers mois était le signe de la fin du marché baissier ou simplement un rebond dans la baisse. On devrait avoir la réponse dans les prochaines semaines.

Dans l’actu, voici ce qu’il ne fallait pas manquer :

  • Le FBI annonce avoir saisi 127 000 bitcoins (9,3 milliards de dollars) et arrêté plusieurs centaines de suspects en Birmanie. Ils étaient liés à une organisation criminelle ciblant spécifiquement les citoyens américains.
  • L’Indonésie bloque l’accès à Polymarket, la qualifiant comme une plateforme de jeux d’argent, qui sont considérés illégaux dans le pays. Plus de 30 États à travers le monde, dont la France, ont déjà pris des mesures similaires. En réponse, Polymarket envisage d’obliger les utilisateurs à passer des vérifications d’identité pour accéder à sa plateforme.
  • Tether établit un partenariat avec la Géorgie pour lancer un stablecoin suivant le cours du lari, la monnaie locale. La nature du partenariat et les détails du lancement n’ont pas encore été dévoilés.
  • Circle a gelé 12,6 millions d’USDC et blacklisté un smart contract du protocole Zama. Celui-ci gérait le cUSDC, une version plus confidentielle du stablecoin. Le gel intervient à la suite d’une ordonnance judiciaire accusant le fondateur d’avoir détourné des fonds de ses investisseurs, dont une grande partie se trouverait dans ce contrat. Une audience est prévue ce 1er juin pour tenter de débloquer les fonds des utilisateurs du cUSDC non liés à l’affaire.

tx

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🎯 L'essentiel : en 2022, on faisait de Ferrari un Snowpick : une marque de luxe déguisée en constructeur auto, championne de la rareté et du pricing power (marge d'EBITDA ~30 % pour seulement 11 155 voitures par an). Depuis, l'action a gagné près de 70 %… mais elle chute de plus de 39 % depuis son pic de 2025, et le mouvement s'est accéléré avec le lancement de la Luce (−8 % le lendemain). La Luce, première Ferrari 100 % électrique, divise : design signé Jony Ive, 550 000 € (~640 000 $), et une rupture avec un siècle de moteurs thermiques. Les fondamentaux qui justifiaient notre thèse restent intacts et la controverse pourrait même être une opportunité.

En 2022, on analysait donc ici l'action Ferrari pour la première fois. Depuis, l'action a bien décollé, même si elle a pas mal chuté depuis son pic de 2025 :

Quand on avait analysé Ferrari, la thèse tenait en une citation du grand Enzo Ferrari : "Ferrari livrera toujours une voiture de moins que la demande du marché."

Les chiffres de 2022 ressemblaient à des bugs quand on connaît le secteur de l'auto : seulement 11 155 voitures produites en 2021 (Toyota : 10,5 millions, soit environ 940 fois plus) pour une marge d'EBITDA d'environ 30 %, là où un très bon constructeur plafonne autour des 10 % et Tesla autour de 20 %.

Avec un prix moyen proche de 320 000 €, cette rareté volontaire crée un pricing power redoutable, c'est-à-dire que Ferrari peut fixer ses prix sans se soucier de la demande, un vrai plus en période d'inflation ou de crise, car même quand ça va mal, les riches peuvent toujours se payer une Ferrari. En effet à l'époque, seuls 0,3 % des gens capables de s'offrir une Ferrari en possédaient une. Oui, oui, 0,3 %.

En 2022, on disait aussi que Ferrari était une catégorie à part. Porsche et Lamborghini appartiennent au groupe Volkswagen : en 2021, Porsche écoulait plus de 300 000 véhicules pour 33 milliards de dollars de revenus soit 27 fois plus de voitures que Ferrari pour seulement 8 fois plus de chiffre d'affaires. Côté finances, le cash dispo avait doublé entre 2017 et 2021 (de 648 millions d'euros à 1,3 milliard d'euros), avec un emprunt de 700 millions contracté en 2020 à seulement 1,5 %. Depuis l'entrée en bourse de 2015, l'action avait déjà bondi de plus de 280 %.

Mais alors ? Aujourd'hui ? On en pense quoi ? Surtout avec la sortie de la Luce qui a fait beaucoup de bruit de façon plutôt très négative.

Déjà, il faut savoir que l'objectif du mix électrique/thermique/hybride de Ferrari pour 2030 est le suivant : 40 % d'électrique, 40 % d'hybride, 20 % d'essence. Et c'est là qu'entre en scène la Luce.

Présentée le 25 mai 2026, la Luce (donc "lumière" en italien) est la première Ferrari 100 % électrique et même la première cinq places de la marque.

Prix de départ : 550 000 €.

Et c'est aussi la première fois que Ferrari externalise le design d'une de ses voitures. C'est en effet Jony Ive, l'ancien boss du design d'Apple, et sa firme LoveFrom qui se sont occupés du design. Et ça n'a pas manqué, les mèmes Apple/Ferrari ont inondé le net :

En tout cas, la fiche technique est plutôt impressionnante :

  • carrosserie monolithique en aluminium ;
  • quatre moteurs maison de 1036 ch ;
  • 0 à 100 km/h en 2,5 secondes ;
  • batterie de 122 kWh (environ 450 km d'autonomie) ;
  • plus de 60 brevets ; et
  • un son de synthèse généré à partir des onduleurs pour simuler le rugissement du moteur.

Pour la fabriquer, Ferrari a investi plus de 200 millions de dollars dans un e-building de 42 500 m² à Maranello.

Et comme je disais, la Luce a créé la discorde sur le net, mais aussi sur les marchés. L'action a chuté d'environ 8 % le lendemain du lancement. La légende Luca di Montezemolo (28 ans chez Ferrari, dont président de 1991 à 2014) a tiré à balles réelles : "On risque de détruire un mythe… J'espère qu'ils retireront au moins le cheval cabré de cette voiture."

Mais le truc, c'est que Ferrari ne vise pas les hardcore fans de la marque. La Luce vise en effet 80 % de primo-acheteurs, alors que Ferrari réalise d'habitude plus de 80 % de ses ventes auprès de propriétaires existants (et 88 % d'hommes !!).

Autre point important à connaître : l'électrique prémium est un vrai cimetière. Ventes de la Porsche Taycan en chute de 49 %, Rolls-Royce qui abandonne le tout-électrique pour 2030, Audi qui arrête le Q8 e-tron, Lamborghini qui repousse sa Lanzador à 2029. Et pourtant, Ferrari, novice dans l'électrique, facture environ 10 fois le prix d'une électrique à technologie similaire.

Déjà, il faut savoir que Ferrari n'a vendu que 13 640 voitures en 2025, pour 8 milliards de dollars de CA (soit environ 587 000 $ l'unité) et une marge opérationnelle de 30 % (donc presque pareil qu'Apple (32 %) ou Hermès (40 %), quand Volkswagen plafonne à 5 %).

À ce volume, inutile d'écouler beaucoup de Luce (elle coûte minimum 550 k€, je vous rappelle) : le PDG Benedetto Vigna affirme d'ailleurs qu'elle est déjà sold out jusqu'en 2027.

Petit calcul rapido : 1250 Luce × 640 000 $ × 1,2 (car la personnalisation a un coût) = environ 960 millions de dollars soit environ 12 % des ventes 2025, dont 288 millions de dollars de résultat opérationnel à 30 % de marge = de quoi rembourser l'e-building en une seule année. Not bad.

Certains analystes estiment que la Luce pourrait peser 9,2 % à 12,6 % du chiffre d'affaires total de Ferrari, de quoi viser les 9 milliards d'euros de revenus en 2030.

De plus, la Luce permet d'accéder à deux nouveaux marchés :

  • les nouveaux riches de l'IA (le lancement coïncide avec les entrées en bourse d'OpenAI, Anthropic et SpaceX, soit environ 16 000 nouveaux millionnaires) ;
  • et la Chine qui pèse déjà 12 % des ventes de Ferrari (contre 6 % avant le covid-19), qui compte plus de 121 000 personnes pesant 30 millions de dollars et plus.

Pour ces personnes-là, une électrique à 640 000 $ est un parfait bien de Veblen.

👩‍🏫 Un bien de Veblen est un produit dont la demande augmente quand son prix augmente, parce que son prix élevé lui donne une valeur de prestige et de statut social. En gros, contrairement aux biens classiques, les consommateurs ne l’achètent pas malgré son prix élevé, mais en partie grâce à lui. Les montres de luxe, certaines voitures de prestige ou les sacs Hermès en sont des exemples typiques.

De plus, je ne sais pas si vous savez, mais pour accéder aux nouveaux modèles de Ferrari, ben il faut souvent acheter chaque nouveau modèle qui sort. Oui, oui… C'est un club très fermé. Même si Ferrari a indiqué que la Luce n'entrerait pas dans le décompte, il y a fort à parier que de nombreux proprios l'achèteront tout de même. Just in case.

Et pour terminer, la cible rajeunit : la part de millennials parmi les nouveaux acheteurs est passée de 30 % en 2022 à 40 % en 2024.

Et worst case scenario, si tout échoue, ben c'est LoveFrom qui a fait le design, donc facile de refiler l'échec (c'est d'ailleurs peut-être pour ça qu'ils sont passés par une boîte externe), Ferrari classe la Luce en one-off et tourne la page.

Mon point de vue : je reste optimiste pour l'action Ferrari. La haine déversée sur internet fait du bruit comme d'hab', mais bon, la thèse et les fondamentaux sont toujours là : Ferrari contrôle son offre mieux que personne. Plus de 90 % des 300 000 Ferrari produites depuis 1947 roulent encore, et une LaFerrari s'échange jusqu'à 3,8 millions de dollars sur le marché secondaire. La chute du titre traduit plutôt une compression de multiple, mais pas du tout une dégradation des fondamentaux. L'action s'échange aujourd'hui autour de 30x les bénéfices 2026, son plus bas depuis des années, alors que c'est plutôt entre 38x et 42x. Il faut savoir qu'au 1er trimestre 2026, le chiffre d'affaires progressait encore de 6 % malgré des livraisons en baisse de 4,4 % : encore la preuve que le prix, et non pas les volumes, est important. Mais, mais, mais, le risque existe non pas du côté de la demande – Ferrari trouvera très facilement ses 1000 acheteurs par an – mais du taux de personnalisation, qui pèse déjà environ 20 % du chiffre d'affaires et qui reste le segment avec les plus grosses marges. Du coup la question est la suivante : les clients tech achèteront-ils autant d'options que les puristes ? C'est là que se jouera la marge. Mais tant que Ferrari livrera "une voiture de moins que la demande", la thèse de 2022 tient toujours. Luce ou pas Luce.

⏱ Temps de lecture : 3 minutes.

🎯 L'essentiel : le pape Léon XIV vient de publier une encyclique de 40 000 mots sur l'IA. Il n'a pas trop parlé de Dieu, il a surtout parlé de pouvoir, de travail et d'argent. Sa thèse : l'IA concentre un pouvoir privé inédit entre les mains de quelques entreprises, et risque de produire "plus de moyens sans plus d'humanité". Pour votre portefeuille, ça veut dire quoi ? Un possible pic d'euphorie sur l'IA (les encycliques tombent souvent aux extrêmes de marché) et un risque réglementaire et social qui monte sur les méga-caps tech américaines.

Pourquoi je vous parle du pape dans une newsletter sur l'investissement ?

Déjà, pas besoin d'être croyante ou croyant pour vous intéresser à ce qu'a écrit Léon XIV cette semaine. Son encyclique Magnifica Humanitas fait 40 000 mots et porte un sous-titre pas vraiment spirituel : "Sauvegarder la personne humaine à l'ère de l'intelligence artificielle". Léon XIV nous parle donc de pouvoir, de travail et d'argent, donc des choses qui nous intéressent chez Snowball.

👩‍🏫 Une encyclique est une lettre officielle écrite par le pape et adressée aux évêques, ainsi qu’à l’ensemble des fidèles catholiques. Elle sert à expliquer la position de l’Église sur des questions religieuses, morales, sociales ou économiques importantes. Par exemple, Rerum Novarum (1891) traite de la condition des travailleurs et de la justice sociale.

Et je vous en parle aujourd'hui, car j'ai appris un truc fascinant cette semaine dans Bloomberg : depuis un siècle, les grandes encycliques tombent presque toujours aux extrêmes de confiance des marchés (au sommet des périodes euphoriques ou au fond des périodes pessimistes).

Comment ils font ? Il faut savoir que l'Église dispose d'un réseau de "capteurs humains" (les prêtres) qui font remonter l'humeur de millions de gens et le zeitgeist du moment. Donc quand un pape sort une encyclique, c'est souvent qu'une angoisse est devenue dominante et historiquement, ça coïncide donc avec des points de retournement.

Premier reproche : la concentration du pouvoir. Léon XIV nous dit que, pour la première fois, ce ne sont plus les États qui pilotent l'innovation, mais des acteurs privés, souvent transnationaux, dont les ressources dépassent celles de nombreux gouvernements. Ces entreprises "fixent les conditions d'accès". Un pouvoir qui, dit-il, devient opaque et échappe au contrôle public.

Deuxième reproche, plus philosophique, mais avec de grosses conséquences économiques : l'IA risque de produire "plus de moyens sans plus d'humanité". En gros, il s'inquiète d'une technologie qui, au lieu d'être conçue pour servir les travailleurs, les force à s'adapter au rythme des machines : déqualification, surveillance automatisée, tâches répétitives, toujours faire plus, car on peut faire plus. Il nous parle aussi d'inégalités croissantes : rémunérations démesurées pour une minorité ultra-spécialisée, salaires en baisse pour le reste.

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