Snow Report - Tous les dimanches

📉 Google, Amazon, deux opportunitĂ©s ?

đŸ‡«đŸ‡· Six candidats, six promesses pour le pouvoir d'achat et la dette

Le 01/11/2026, 

par 

 ❀

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Ce que vous allez apprendre dans cet article

Salut tout le monde ! ⛈ La mĂ©tĂ©o des marchĂ©s 👉 C'est trĂšs mouvementĂ©. 📉 [KRACH] Alphabet a perdu 12,6 % en une sĂ©ance, sa pire journĂ©e depuis son introduction en bourse en 2004, et Amazon a cĂ©dĂ© jusqu’à 7 % aprĂšs sa publication. Dans les deux cas, le cloud accĂ©lĂšre de façon assez folle (+103 % pour Google, +39 % pour Amazon), mais le flux de trĂ©sorerie disponible passe en nĂ©gatif sous le poids des investissements dans l’IA. Pourtant, la sanction des marchĂ©s paraĂźt assez excessive pour Alphabet comme pour Amazon, sans pour autant ĂȘtre dĂ©nuĂ©e de sens, car les marchĂ©s ne financent plus les dĂ©penses d’IA sans preuve de rendement. đŸ‡«đŸ‡· [ÉLECTIONS] À six mois de la prĂ©sidentielle, les six principaux candidats promettent tous de soutenir le pouvoir d’achat sans laisser filer une dette proche de 120 % du PIB. Ils divergent sur le financement : Ă©conomies sur la dĂ©pense pour Marine Le Pen, Bruno Retailleau, Édouard Philippe et Gabriel Attal, hausse des impĂŽts sur le patrimoine et les hauts revenus pour Jean-Luc MĂ©lenchon et RaphaĂ«l Glucksmann. Les chiffrages indĂ©pendants, quand ils existent, jugent la plupart des hypothĂšses optimistes (comme d'hab'), et les marchĂ©s surveillent la crĂ©dibilitĂ© de chacun. 🐜 [IPO] Anthropic, l’entreprise qui dĂ©veloppe Claude, a rendu public le 26 octobre son prospectus d’introduction en bourse, avant une cotation prĂ©vue mi-novembre sur le Nasdaq sous le symbole ANT. Le document rĂ©vĂšle une croissance sans Ă©quivalent (16,3 milliards de dollars de revenus au premier semestre, 14 fois plus qu’un an plus tĂŽt), une perte de 80,7 milliards presque entiĂšrement comptable, et des engagements de calcul qui se comptent en centaines de milliards. đŸ™ïž Vous connaissez le livret A, l'assurance vie, le PEA
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📰 Snow Report : MĂ©tĂ©o des marchĂ©s, analyse approfondie d’une action et dĂ©cryptage de deux grosses actus Ă©conomie et tendances.

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J'espĂšre que vous allez bien et que votre dernier week-end d'octobre s'est bien passĂ©. 🎃 đŸ‘»

Quel est le point commun entre les élections présidentielles de 2027, Amazon, Google et l'entrée en bourse d'Anthropic ? Aucun. Enfin, si : tout ça pourrait potentiellement impacter votre portefeuille, de prÚs ou de loin. Et c'est ça que j'aime faire dans ces éditions du dimanche soir : vous parler de sujets relativement éloignés les uns des autres, mais qui, in fine, vous concernent toutes et tous.

Et comme une fois par mois, cette édition Snow Report est ouverte en partie à toutes et à tous pour vous permettre de découvrir notre univers qui se cache derriÚre le paywall.

Yoann ❀

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Les dĂ©penses dans l’intelligence artificielle continuent de grimper, mais les publications des gĂ©ants technologiques n’ont pas apportĂ© les rĂ©ponses attendues sur leur rentabilitĂ©. AprĂšs la chute de 12,6 % d’Alphabet jeudi, les ventes se sont amplifiĂ©es vendredi : le NASDAQ 100 a reculĂ© de 3,46 %, le S&P 500 de 1,82 % et le Dow Jones de 1,09 %. Il s’agit des variations de la derniĂšre sĂ©ance, pas du bilan hebdomadaire.

La semaine avait pourtant bien commencĂ© pour les valeurs liĂ©es Ă  l’IA. Le dĂ©pĂŽt du dossier d’introduction en bourse d’Anthropic avait soutenu les fournisseurs d’infrastructures, avec une hausse de 2,8 % de l’indice amĂ©ricain des semi-conducteurs lundi. SK hynix avait ensuite publiĂ© des bĂ©nĂ©fices supĂ©rieurs aux attentes, annoncĂ© un dividende gĂ©nĂ©reux et de nouveaux investissements aux États-Unis. Pour les fabricants de mĂ©moire, les dĂ©penses des gĂ©ants technologiques se traduisent donc dĂ©jĂ  par des rĂ©sultats.

Chez leurs clients, le tableau est plus contrastĂ©. Alphabet a déçu sur son chiffre d’affaires, ravivant les doutes sur sa compĂ©titivitĂ© dans l’IA. En une sĂ©ance, le groupe a perdu environ 480 milliards de dollars de capitalisation. Microsoft a davantage rassurĂ© sur ses rĂ©sultats, tandis qu’Oracle a prĂ©sentĂ© un plan pour dĂ©gager un flux de trĂ©sorerie positif. Les investisseurs commencent Ă  faire davantage de diffĂ©rences entre les groupes, selon leurs performances et leur capacitĂ© Ă  financer les investissements annoncĂ©s.

Amazon illustre bien cette difficultĂ©. AWS, son activitĂ© de cloud, a rĂ©alisĂ© 46 milliards de dollars de chiffre d’affaires trimestriel, en hausse de 39 %. La demande est lĂ . Mais Amazon prĂ©voit environ 220 milliards de dollars d’investissements cette annĂ©e et affiche un flux de trĂ©sorerie disponible nĂ©gatif de 42,4 milliards sur douze mois. Autrement dit, l’argent gĂ©nĂ©rĂ© par son activitĂ© ne couvre pas ses investissements. À cela s’ajoutent des prĂ©visions de bĂ©nĂ©fice opĂ©rationnel infĂ©rieures aux attentes. Le titre a nĂ©anmoins limitĂ© son recul Ă  environ 1 % vendredi, aprĂšs une rĂ©action initiale bien plus sĂ©vĂšre.

Intel a subi une sanction autrement plus lourde, avec une chute de 31 %. MalgrĂ© des ventes en hausse de 21 % au troisiĂšme trimestre, le groupe attend seulement 15 Ă  16 milliards de dollars de revenus au quatriĂšme trimestre, contre 17 milliards anticipĂ©s. Il faut toutefois distinguer les difficultĂ©s d’Intel des interrogations sur les dĂ©penses des gĂ©ants du cloud. Le marchĂ© des PC et ses problĂšmes industriels pĂšsent sur le groupe, alors que son activitĂ© dans les centres de donnĂ©es se porte mieux. La baisse s’est malgrĂ© tout Ă©tendue au secteur : l’ETF SOXX a perdu plus de 7 %, SanDisk 14 % et AMD 11 %.

Le pĂ©trole reste une autre source de tension. MalgrĂ© les discussions entre Washington et TĂ©hĂ©ran, le Brent Ă©volue autour de 115 $ et le WTI a dĂ©passĂ© 104 $ vendredi. La crainte d’une reprise des hostilitĂ©s maintient les prix de l’énergie Ă©levĂ©s, ce qui complique le ralentissement de l’inflation. La Fed a laissĂ© ses taux inchangĂ©s cette semaine. Les investisseurs anticipent encore largement une hausse en dĂ©cembre, tout en commençant Ă  envisager qu’elle puisse ĂȘtre la derniĂšre.

Mathieu

Cette semaine, le marché crypto continue sa baisse avec un indice TOTAL en perte de -2,4 %. Celle-ci provient principalement de Bitcoin qui a perdu -2,7 % aprÚs le hack record de Binance à hauteur de 6,3 milliards de dollars !

Jeudi soir, Binance a Ă©tĂ© victime d’une attaque qui a permis de vider un de ses portefeuilles de plus de 6 milliards de dollars. Il s’agit du plus gros hack de tous les temps (crypto et hors crypto). DiffĂ©rents actifs ont Ă©tĂ© dĂ©robĂ©s parmi lesquels du bitcoin, de l’ether, des stablecoins USDT et USDC et de nombreux autres altcoins. À cette heure, prĂšs de la moitiĂ© des actifs ont Ă©tĂ© gelĂ©s (principalement les stablecoins). Binance a annoncĂ© couvrir intĂ©gralement les pertes. L’attaque a Ă©tĂ© attribuĂ©e Ă  un groupe nord-corĂ©en.

Le reste du marchĂ© a aussi corrigĂ©, mais avec une baisse relativement contrĂŽlĂ©e surtout considĂ©rant la performance des marchĂ©s traditionnels. L’ether a perdu seulement -2,4 %. La plus grosse perte revient Ă  World (WLD) qui a corrigĂ© de -10 %. À l’opposĂ©, Hyperliquid (HYPE) a gagnĂ© +15 % cette semaine aprĂšs l’annonce d’un partenariat entre TradeXYZ et ICE (maison mĂšre de la bourse de New York).

Pour bien comprendre cet engouement sur le token HYPE, il faut revenir quelques jours en arriĂšre avec l’annonce du lancement des marchĂ©s HIP-3* par Hyperliquid, une extension du modĂšle HIP-3 actuel. Ce nouveau modĂšle permet de dĂ©ployer des marchĂ©s, mais avec des rĂšgles supplĂ©mentaires notamment sur qui peut y participer. Ce partenariat entre TradeXYZ (qui opĂšre la plupart des marchĂ©s HIP-3 Ă  ce jour) et ICE envisage de crĂ©er des marchĂ©s rĂ©gulĂ©s (KYC & AML) disponibles au public amĂ©ricain.

Ce tour de passe-passe est significatif puisqu’il va enfin ouvrir l’accĂšs Ă  Hyperliquid aux AmĂ©ricains, mais surtout : il concrĂ©tise un peu plus la vision d’Hyperliquid de devenir une couche de base de la finance. HIP-3* permet Ă  Hyperliquid de ne pas avoir besoin de se soucier de gĂ©rer la partie rĂ©glementaire (qui est dĂ©lĂ©guĂ©e Ă  des acteurs extĂ©rieurs indĂ©pendants), tout en Ă©tant l’infrastructure sur laquelle toutes les transactions se rĂšglent. Malin.

Payward (maison mĂšre de Kraken) a Ă©tĂ© la premiĂšre Ă  montrer son intention d’utiliser cette technologie. Mais l’engouement est surtout apparu aprĂšs l’annonce d’ICE et celle du gĂ©rant de fonds et milliardaire Stanley Druckenmiller, qui a dĂ©voilĂ© ĂȘtre investisseur dans TradeXYZ.

Assez parlĂ© d’Hyperliquid, revenons aux investissements institutionnels. J’ai notĂ© principalement deux choses :

  • Contrairement aux ETF BTC, les ETF ETH continuent de perdre des fonds. En quelques semaines, plus de 10 % des ETH ont quittĂ© les ETF.
  • Un rachat de 200 millions de dollars de STRC par Strategy a permis de ramener son prix Ă  99,99 $. C’est une premiĂšre depuis mai dernier, mais apparemment le marchĂ© n’est pas encore prĂȘt Ă  accepter un tel prix puisque STRC est retournĂ© vers 99,2 $ assez rapidement.

Pour terminer, deux autres petites nouvelles qui méritent de l'attention :

  • Lors de ses derniers rĂ©sultats, Visa a annoncĂ© le rĂšglement de 25 milliards de dollars de stablecoins sur son rĂ©seau sur l’annĂ©e, en hausse d’un facteur x10 par rapport Ă  l’annĂ©e derniĂšre.
  • La DTCC (la principale chambre de compensation et de rĂšglement du marchĂ© amĂ©ricain), vient d’annoncer le lancement du DTS, un systĂšme pour tokeniser des actifs dont elle a dĂ©jĂ  la garde. Pour l’instant, une vingtaine d’institutions ont dĂ©jĂ  signĂ© pour utiliser ce service parmi lesquelles BNP Paribas, Citi, Bank of America. Les actifs seront Ă©mis sur la blockchain Canton avec l’objectif d’en ajouter d'autres dĂšs l’annĂ©e prochaine.

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⏱ Temps de lecture : 4 minutes.

🎯 L'essentiel : Alphabet a perdu 12,6 % en une sĂ©ance, sa pire journĂ©e depuis son introduction en bourse en 2004, et Amazon a cĂ©dĂ© jusqu’à 7 % aprĂšs sa publication. Dans les deux cas, le cloud accĂ©lĂšre de façon assez folle (+103 % pour Google, +39 % pour Amazon), mais le flux de trĂ©sorerie disponible passe en nĂ©gatif sous le poids des investissements dans l’IA. Pourtant, la sanction des marchĂ©s paraĂźt assez excessive pour Alphabet comme pour Amazon, sans pour autant ĂȘtre dĂ©nuĂ©e de sens, car les marchĂ©s ne financent plus les dĂ©penses d’IA sans preuve de rendement.

Cette semaine, deux gĂ©ants de l’IA ont publiĂ© leurs rĂ©sultats du troisiĂšme trimestre. Le point commun des deux annonces ? Leur trĂ©sorerie disponible (free cash flow), c’est-Ă -dire ce qu'il reste aprĂšs les investissements, est nĂ©gative.

Du coup, le marché a puni les deux, alors que Microsoft, dont la trésorerie reste positive, est restée stable.

Alors ? Opportunité ou pas ? On va explorer tout ça.

Pourquoi cette chute, dĂ©jĂ  ? AprĂšs la publication du 28 octobre, l’action a perdu 12,6 % le 29, soit environ 482 milliards de dollars de capitalisation boursiĂšre, puis 1,4 % de plus vendredi, Ă  279,84 $. Elle est dĂ©sormais environ 30 % sous son plus haut de mai (402,62 $ en clĂŽture). Le bĂ©nĂ©fice par action ressort Ă  2,12 $ contre 3,02 $, le business historique du Search ralentit Ă  +12 % et la trĂ©sorerie disponible est nĂ©gative de 9,1 milliards.

Mais alors, pourquoi la réaction paraßt-elle excessive selon moi ?

  • L’activitĂ© est trĂšs solide. Le chiffre d’affaires atteint 127,6 milliards (+25 %), le rĂ©sultat d’exploitation 40,6 milliards (+30 % avec 31,8 % de marge). Le cloud double Ă  30,7 milliards (+103 %) avec 36 % de marge, et son carnet de commandes s’élĂšve Ă  561 milliards. Les requĂȘtes de recherche progressent Ă  leur rythme le plus rapide depuis cinq ans. Franchement, pour une boĂźte de cette taille, c'est juste exceptionnel.
  • Le "ratĂ©" du bĂ©nĂ©fice vient en grande partie d’une Ă©criture comptable. Alphabet dĂ©tient environ 551 millions d’actions SpaceX, dont le cours a baissĂ© de 170,86 $ Ă  150,86 $ sur le trimestre : une perte latente de 8,7 milliards, soit 0,55 $ par action. Sans elle, le bĂ©nĂ©fice atteint environ 2,67 $ (toujours en dessous des 3,02 $ attendus, mais mieux quand mĂȘme).
  • Le ralentissement de la recherche. Le nombre de requĂȘtes est toujours en croissance, mais le mode IA rapporte moins par requĂȘte que la recherche classique. Google tĂątonne toujours ici, mais en tout cas, l'entreprise agit et conserve sa position de leader de la recherche face Ă  ChatGPT et autres. De plus, ce business a pas mal Ă©tĂ© impactĂ© par le taux de change qui est hors de contrĂŽle d'Alphabet.
  • Le flux de trĂ©sorerie inclut des Ă©lĂ©ments ponctuels. Il intĂšgre une amende europĂ©enne de 5,2 milliards et des stocks constituĂ©s avant la vente de systĂšmes de puces TPU, les puces maison de Google. Sur douze mois, il reste positif de 19,7 milliards malgrĂ© les Ă©normes investissements.

Ce qui reste prĂ©occupant selon moi. Comme je le disais, mĂȘme sans SpaceX, le bĂ©nĂ©fice reste sous les 3,02 $ attendus. Les investissements – 51,4 milliards ce trimestre – resteront autour de 200 milliards en 2026 et augmenteront nettement en 2027. Une partie du carnet de commandes vient des labos d’IA : le document d’IPO (entrĂ©e en bourse) d’Anthropic mentionne 114,5 milliards de dollars d’engagements de calcul envers Alphabet jusqu’en 2033. Que se passera-t-il si ces labos ne dĂ©pensent pas autant ? Affaire Ă  suivre.

Ce qu'il s’est passĂ©. L’action a perdu 4,3 % jeudi avant la publication (243,79 $), jusqu’à 7 % aprĂšs la clĂŽture. Sur deux sĂ©ances, le recul est d’environ 6 %, et le titre se situe 16 % sous son plus haut annuel (287,20 $). Le bĂ©nĂ©fice par action ressort Ă  1,89 $ contre 1,96 $ attendu, et le chiffre d’affaires Ă  201,9 milliards contre 202,2 attendus.

Pourquoi la réaction paraßt excessive selon moi

  • Les trucs qui ont "ratĂ©" sont minimes. L’écart sur le chiffre d’affaires est de 0,15 %, et celui sur le bĂ©nĂ©fice est d’environ 4 %. Le bĂ©nĂ©fice net recule lĂ©gĂšrement (20,7 contre 21,2 milliards), car le troisiĂšme trimestre 2025 contenait un gain de 9,5 milliards avant impĂŽt sur la participation dans Anthropic.
  • L’exploitation progresse fortement. Le rĂ©sultat d’exploitation grimpe de 61 % Ă  28,1 milliards, avec une marge record de 13,9 % contre 9,7 % un an plus tĂŽt.
  • AWS, le cloud d’Amazon, accĂ©lĂšre pour le sixiĂšme trimestre de suite (le sixiĂšme !). Son chiffre d’affaires croĂźt de 39 % (46 milliards), avec 38,7 % de marge, et il pĂšse environ 63 % du rĂ©sultat d’exploitation. Son carnet de commandes atteint 578 milliards pour une durĂ©e moyenne de 6,4 ans, et Andy Jassy vise plus de 40 % de croissance en 2027 et en 2028. Andy pense qu'AWS pourrait atteindre les 1000 milliards de dollars de revenus par an ces prochaines annĂ©es.
  • Le calendrier de Prime Day a faussĂ© la croissance. DĂ©calĂ© au deuxiĂšme trimestre, il retire environ 4 points au troisiĂšme trimestre, ce qui ramĂšnerait la croissance autour de 16 %, selon un analyste.
  • Le prix est raisonnable. À environ 23 fois les bĂ©nĂ©fices attendus pour 2027, Amazon se paie comme Microsoft (22 fois) et plus cher qu’Alphabet (18,7 fois). L’objectif moyen des analystes – 331,77 $ –  laisse 38 % de potentiel (mais comme d'hab', il faut prendre ces objectifs avec des pincettes).

Ce qui reste prĂ©occupant : la trĂ©sorerie disponible sur douze mois s’effondre Ă  -42,4 milliards, contre +14,8 milliards un an plus tĂŽt. Les investissements du trimestre, 77,3 milliards, dĂ©passent largement les 58,7 milliards attendus, et le total de 2026 atteint environ 220 milliards et ce sera nettement plus en 2027. La dette Ă  long terme passe de 65,6 Ă  173,1 milliards depuis dĂ©cembre, au-dessus des 114,2 milliards de trĂ©sorerie. Enfin, Amazon dĂ©tient des titres d’Anthropic valorisĂ©s Ă  environ 240 milliards de dollars au bilan, soit prĂšs de 9 % de sa capitalisation, dont les variations de valeur font bouger son bĂ©nĂ©fice.

  • La trĂ©sorerie. Le marchĂ© regarde dĂ©sormais le flux de trĂ©sorerie autant que la croissance, et ne l’attendra pas indĂ©finiment.
  • Le rendement des investissements. Les dĂ©penses d’IA doivent produire des revenus. Selon Noah Smith, un ralentissement des laboratoires d’IA pĂšserait d’abord sur les gĂ©ants du cloud.
  • Justement, la dĂ©pendance aux laboratoires d’IA. Une part des carnets de commandes et des gains comptables d’Alphabet et d’Amazon dĂ©pend d’Anthropic et d’OpenAI. Si la croissance de ces derniers chute, c'est l'effet domino assurĂ©.
  • Les marges du cloud. La capacitĂ© louĂ©e Ă  des tiers et les ventes de puces TPU peuvent peser sur la rentabilitĂ© d’Alphabet dĂšs le quatriĂšme trimestre.
  • Le financement. Amazon et Alphabet continuent d'emprunter vraiment beaucoup beaucoup, dans un contexte oĂč les taux restent Ă©levĂ©s (et ils devraient rester Ă©levĂ©s un moment vu que l'Ă©conomie amĂ©ricaine tient le coup et que l'inflation reste Ă©levĂ©e).
  • Comme d'hab', entrez par Ă©tapes plutĂŽt qu’en une fois (le fameux DCA ou Dollar Cost Averaging qui consiste Ă  investir la mĂȘme somme Ă  intervalles rĂ©guliers).
  • Suivez la trĂ©sorerie disponible, la marge du cloud et la monĂ©tisation du mode IA pour Alphabet, la croissance d’AWS au-dessus de 40 % et la dette pour Amazon.

Mon point de vue La chute me paraßt un poil excessive, surtout pour Alphabet : une écriture comptable sur SpaceX, un ralentissement de la recherche partiellement expliqué par le taux de change, et un prix revenu à celui du marché pour une entreprise dont le cloud double. Amazon a moins baissé, et son exploitation progresse fortement. Mais la trésorerie négative est un vrai sujet, et le marché a le droit de demander des preuves de rendement. Bref, les chutes sont toujours de bons moments pour investir davantage si vous y croyez fortement sur du long terme.

Ah, et pour rappel, Amazon et Alphabet sont deux Snowpicks qu'on suit depuis quelques années ici.

Alphabet a décollé de prÚs de 200 % depuis notre premiÚre analyse en 2022.

Et Amazon d'environ 70 % depuis notre analyse de 2023.

Tous les Snowpicks sont accessibles ici si vous ĂȘtes abonnĂ©(e)s Snowball+ ou Snowball Insights.

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🎯 L'essentiel : à six mois de la prĂ©sidentielle, les six principaux candidats promettent tous de soutenir le pouvoir d’achat sans laisser filer une dette proche de 120 % du PIB. Ils divergent sur le financement : Ă©conomies sur la dĂ©pense pour Marine Le Pen, Bruno Retailleau, Édouard Philippe et Gabriel Attal, hausse des impĂŽts sur le patrimoine et les hauts revenus pour Jean-Luc MĂ©lenchon et RaphaĂ«l Glucksmann. Les chiffrages indĂ©pendants – quand ils existent – jugent la plupart des hypothĂšses optimistes (comme d'hab'), et les marchĂ©s surveillent la crĂ©dibilitĂ© de chacun.

Avant de parler de ce sujet brûlant, place à notre deuxiÚme sponsor du jour qui permet de rendre cette newsletter prémium gratuite pour tout le monde : Pancake.

Le gouvernement vise un dĂ©ficit de 5 % du PIB en 2027, aprĂšs 5,4 % attendus en 2026, et une dette de 121,7 % du PIB. L’OAT Ă  10 ans (donc le taux d'emprunt de l'État français Ă  10 ans) Ă©volue autour de 5 %, avec un Ă©cart d’environ 160 points de base avec l’Allemagne (on emprunte donc plus cher que nos voisins allemands), et la charge d’intĂ©rĂȘts doit passer de 79,2 Ă  91,2 milliards d’euros l’an prochain (donc on paiera un peu moins de 100 milliards d'euros juste en intĂ©rĂȘts, sur notre dette). Et cerise sur le gĂąteau : l’inflation atteint 3,1 % (pour rappel, l'objectif de la Banque centrale europĂ©enne est de 2 %).

Le premier tour est fixé au 18 avril 2027, et Marine Le Pen mÚne les intentions de vote (32 % à 36 % selon les instituts en octobre).

Aujourd'hui, mĂȘme si ce n'est pas encore gravĂ© dans le marbre, je vais prĂ©senter les volontĂ©s des candidats des six principales forces politiques, de la gauche vers la droite, sur la base de leurs annonces au 31 octobre du cĂŽtĂ© Ă©conomique seulement (les programmes complets sont encore attendus).

Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise)

  • Pouvoir d’achat : SMIC Ă  1600 euros net, blocage des prix et des marges sur les produits de premiĂšre nĂ©cessitĂ© (alimentation, Ă©nergie, carburants, hygiĂšne), retraite Ă  60 ans avec 40 annuitĂ©s et pensions au moins au niveau du SMIC.
  • Dette : le budget du 14 octobre prĂ©voit 106,4 milliards de recettes nouvelles (impĂŽt sur la fortune climatique, suppression de la flat tax, taxe Zucman sur les patrimoines de plus de 100 millions, taxe sur les hĂ©ritages) et 81,7 milliards de dĂ©penses nouvelles, soit environ 25 milliards de baisse du dĂ©ficit dĂšs 2027.
  • Points de vigilance : des Ă©conomistes interrogĂ©s par l’AFP jugent ce budget "peu dĂ©taillĂ©" et "optimiste", car il nĂ©glige la rĂ©action des contribuables et les effets sur l’inflation et l’activitĂ©. De plus, le rendement de la taxe Zucman est discutĂ© : des Ă©conomistes l’estimaient Ă  environ 5 milliards, contre 15 retenus.

Raphaël Glucksmann (Place publique, désigné par la primaire du Parti socialiste)

  • Pouvoir d’achat : hausse du salaire net par une baisse de la CSG sur les salaires, environ 105 euros par mois pour un salaire de 1700 euros selon lui, SMIC Ă  1700 euros net avec une confĂ©rence salariale, et retour de la retraite Ă  62 ans.
  • Dette : financement par une taxe sur les hĂ©ritages les plus Ă©levĂ©s (15 milliards selon sa campagne) et par la taxe Zucman, sans recours Ă  davantage de dette. Il n’a pas encore publiĂ© de trajectoire budgĂ©taire complĂšte.
  • Points de vigilance : franceinfo juge "optimiste" le rendement de 15 milliards de la taxe sur les hĂ©ritages, et ses projets de taxation europĂ©enne exigeraient l’unanimitĂ© des États (trĂšs peu probable, donc).

Gabriel Attal (Renaissance)

  • Pouvoir d’achat : faire monter les salaires, des aides directes ciblĂ©es plutĂŽt que des baisses de taxes, environ 2 milliards de baisses d’impĂŽts pour les classes moyennes.
  • Dette : environ 150 milliards d’économies sur le quinquennat, un dĂ©ficit sous 3 % avant 2032 puis l’équilibre en 2037 et aucune hausse d’impĂŽts pendant cinq ans. Les Ă©conomies viseraient notamment les arrĂȘts maladie et un gel de prestations sociales, y compris d’une partie des retraites. Il propose aussi un plan de 200 milliards d’investissements dans l’IA et le quantique d’ici 2040, pour moitiĂ© publics.
  • Points de vigilance : aucun chiffrage indĂ©pendant publiĂ© Ă  ce stade, et un gel des prestations rĂ©duirait le pouvoir d’achat de leurs bĂ©nĂ©ficiaires.

Édouard Philippe (Horizons)

  • Pouvoir d’achat : exonĂ©ration de cotisations pour deux heures de travail supplĂ©mentaires par semaine, et une allocation familiale unique de 350 € par mois dĂšs le premier enfant, dĂ©gressive selon les revenus.
  • Dette : un dĂ©ficit Ă  2 % du PIB d’ici 2032, aucun nouvel impĂŽt, 50 milliards de baisse des impĂŽts de production en cinq ans, et un Ăąge de dĂ©part portĂ© Ă  65 ans avec 45 annuitĂ©s en moins de dix ans, avec une part de capitalisation. L’indemnisation chĂŽmage serait rĂ©duite Ă  12 mois pour les moins de 50 ans.
  • Points de vigilance : aucun chiffrage indĂ©pendant publiĂ© Ă  ce stade, et la rĂ©forme de 2023, aujourd’hui suspendue, avait suscitĂ© des mois de mobilisation.

Bruno Retailleau (Les Républicains)

  • Pouvoir d’achat : 21 milliards rendus aux mĂ©nages, notamment par l’exonĂ©ration de cotisations sur les heures supplĂ©mentaires et une baisse de la facture d’électricitĂ©.
  • Dette : 197 milliards d’économies cumulĂ©es d’ici 2032, dont 146 pour rĂ©duire le dĂ©ficit et 51 rendus aux mĂ©nages et aux entreprises, un dĂ©ficit sous 3 % en 2031, sans hausse d’impĂŽts. Le plan prĂ©voit le non-remplacement de 400 000 agents publics partant Ă  la retraite, 42 milliards sur les retraites (avec une dĂ©cote entre 63 et 65 ans) et 10 milliards demandĂ©s aux collectivitĂ©s.
  • Points de vigilance : aucun chiffrage indĂ©pendant publiĂ© Ă  ce stade, et une rĂ©duction aussi forte de la dĂ©pense pĂšserait sur l’activitĂ© Ă  court terme (moins de croissance, donc moins d'activitĂ©, donc moins de recettes fiscales
).

Marine Le Pen (Rassemblement national)

  • Pouvoir d’achat : TVA ramenĂ©e de 20 % Ă  5,5 % sur l’énergie (12,2 milliards selon le parti) et Ă  0 % sur 100 produits de premiĂšre nĂ©cessitĂ© (3,5 milliards), exonĂ©ration d’impĂŽt sur le revenu jusqu’à 30 ans, minimum vieillesse Ă  1000 €, pensions indexĂ©es sur l’inflation, retraite Ă  62 ans et Ă  60 ans pour les carriĂšres commencĂ©es avant 20 ans.
  • Dette : le contre-budget du 6 octobre prĂ©voit 140 milliards d’économies nettes d’ici 2032 et 30 milliards de baisses d’impĂŽts, un dĂ©ficit de 3,7 % dĂšs 2027, sous 3 % en 2030, et une dette ramenĂ©e Ă  112 % du PIB en 2032. Le premier budget prĂ©voit notamment 24 milliards d’économies sur la dĂ©pense publique, 20 sur la SĂ©curitĂ© sociale, 12 sur l’immigration et 9 sur la contribution Ă  l’Union europĂ©enne.
  • Points de vigilance : l’Institut de l’Entreprise, financĂ© par de grands groupes, juge l’essentiel des Ă©conomies non documentĂ© et recalcule un dĂ©ficit supĂ©rieur Ă  6 % en fin de quinquennat.
  • Les baisses de TVA, les gels de prix et les hausses de SMIC soutiennent le pouvoir d’achat Ă  court terme, mais coĂ»tent cher aux finances publiques ou aux entreprises. La Cour des comptes reprochait au bouclier tarifaire son manque de ciblage.
  • Faire travailler plus (heures supplĂ©mentaires moins taxĂ©es, dĂ©part Ă  la retraite plus tard) produit plus de richesse et plus de recettes fiscales, mais l’effet prend plusieurs annĂ©es.
  • Couper fortement dans les dĂ©penses publiques (moins de fonctionnaires, prestations gelĂ©es) joue dans l’autre sens et plus vite : l’État et les mĂ©nages concernĂ©s dĂ©pensent moins, ce qui ralentit l’activitĂ© dĂšs les premiĂšres annĂ©es.
  • Taxer le patrimoine rapporte moins que prĂ©vu si les contribuables rĂ©agissent, et les chiffrages peuvent varier du simple au triple, comme pour la taxe Zucman.
  • La crĂ©dibilitĂ© se paie sur les taux. Avec environ 3650 milliards de dette, chaque point de taux supplĂ©mentaire coĂ»te Ă  terme prĂšs de 36 milliards par an.
  • Attendre les programmes complets (celui du RN en novembre-dĂ©cembre, celui de LFI en novembre, avec un chiffrage en dĂ©but d’annĂ©e) avant toute dĂ©cision.
  • Anticiper une volatilitĂ© des taux français et des valeurs bancaires Ă  l’approche du scrutin, et se mĂ©fier des obligations trĂšs longues.
  • Diversifier hors de France, via un ETF Monde, pour limiter l’exposition Ă  une seule Ă©lection.
  • Suivre les mesures qui touchent l’épargne : flat tax, droits de succession, impĂŽt sur la fortune immobiliĂšre ou financiĂšre, selon les candidats.

Mon point de vue Tous les candidats affichent les mĂȘmes objectifs trĂšs optimistes (logique : ils veulent se faire Ă©lire) : protĂ©ger le pouvoir d’achat et tenir la dette. Cela dit, ils n'ont pas le mĂȘme point de vue sur le financement : la dĂ©pense pour les uns, la fiscalitĂ© du patrimoine pour les autres. Dans tous les camps, les chiffrages des Ă©quipes reposent sur des hypothĂšses que les analyses indĂ©pendantes jugent souvent optimistes. Pour vous, la meilleure protection reste la diversification, quel que soit le rĂ©sultat. On en reparlera quand on aura plus d'infos dĂ©taillĂ©es. En attendant, ce site est pas mal si vous voulez creuser les programmes. 

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🎯 L'essentiel : Anthropic, l’entreprise qui dĂ©veloppe Claude, a rendu public le 26 octobre son prospectus d’introduction en bourse, avant une cotation prĂ©vue mi-novembre sur le Nasdaq sous le symbole ANT. Le document rĂ©vĂšle une croissance sans Ă©quivalent (16,3 milliards de dollars de revenus au premier semestre, 14 fois plus qu’un an plus tĂŽt), une perte de 80,7 milliards presque entiĂšrement comptable, et des engagements de calcul qui se comptent en centaines de milliards.

Ça y est, Anthropic a publiĂ© son S1, le document qu'une entreprise doit publier avant d'entrer en bourse et qui dĂ©taille son business pour permettre aux investisseuses et investisseurs de bien comprendre dans quoi ils investissent.

Dans cette section, on va tenter de faire ressortir les chiffres les plus WTF (What The Fuck) de cette entrée en bourse.

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