
đ Google, Amazon, deux opportunitĂ©s ?
đ«đ· Six candidats, six promesses pour le pouvoir d'achat et la dette
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Ce que vous allez apprendre dans cet article
â±ïžÂ Temps de lecture : 28 minutes
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đïž Vous connaissez le livret A, l'assurance vie, le PEA⊠mais avez-vous dĂ©jĂ vraiment compris l'investissement immobilier collectif ? C'est l'une des solutions d'Ă©pargne les plus mĂ©connues en France (seuls 27 % des Ă©pargnants dĂ©clarent connaĂźtre ce placement*) et pourtant l'une des plus concrĂštesâŠ
Ăpargner utile, investir durable. L'idĂ©e de l'investissement immobilier collectif est simple : plutĂŽt que d'acheter seul un appartement (avec l'apport, le crĂ©dit, le notaire et la gestion que ça implique, souvent trĂšs chronophage), vous investissez Ă plusieurs dans une sociĂ©tĂ© qui dĂ©tient un portefeuille d'immeubles gĂ©rĂ©s par des pros. Bureaux, commerces, logistique, Ă©tablissements de santĂ©, rĂ©sidences Ă©tudiantes, logements : votre Ă©pargne finance des actifs bien rĂ©els, utiles aux territoires, et contribue directement Ă l'Ă©conomie rĂ©elle. Pourquoi câest intĂ©ressant ? đ Un ticket d'entrĂ©e accessible. Pas besoin d'un apport consĂ©quent : lĂ oĂč l'achat d'un bien en direct demande en moyenne 70 000 ⏠d'apport**, l'immobilier collectif permet de dĂ©marrer avec quelques centaines d'euros. Une façon de se constituer un patrimoine progressivement, Ă son rythme. đïž ZĂ©ro contrainte de gestion. Pas de locataire Ă trouver, pas de travaux Ă superviser, pas d'impayĂ©s aprĂšs lesquels courir. đ Une diversification impossible Ă reproduire seul. En un seul placement, vous accĂ©dez Ă des dizaines, voire des centaines d'actifs, rĂ©partis sur plusieurs secteurs et plusieurs pays europĂ©ens. Si un locataire s'en va, l'impact sur l'ensemble reste limitĂ© (donc l'inverse exact d'un studio unique louĂ© Ă une seule personne). đïž Un cadre reconnu et encadrĂ©. Ce ne sont pas des produits nouveaux ou expĂ©rimentaux : l'immobilier collectif existe depuis des dĂ©cennies et il s'appuie sur des actifs tangibles immobiliers. En gros : l'immobilier collectif n'est rĂ©servĂ© ni aux personnes les plus riches ni aux plus expertes. C'est une brique d'Ă©pargne de plus Ă comprendre avant de dĂ©cider si elle a sa place dans votre stratĂ©gie (au mĂȘme titre que les autres enveloppes dont on parle rĂ©guliĂšrement ici).
J'espĂšre que vous allez bien et que votre dernier week-end d'octobre s'est bien passĂ©. đ đ»
Quel est le point commun entre les élections présidentielles de 2027, Amazon, Google et l'entrée en bourse d'Anthropic ? Aucun. Enfin, si : tout ça pourrait potentiellement impacter votre portefeuille, de prÚs ou de loin. Et c'est ça que j'aime faire dans ces éditions du dimanche soir : vous parler de sujets relativement éloignés les uns des autres, mais qui, in fine, vous concernent toutes et tous.
Et comme une fois par mois, cette édition Snow Report est ouverte en partie à toutes et à tous pour vous permettre de découvrir notre univers qui se cache derriÚre le paywall.
Yoann â€ïž
Certaines de ces Ă©ditions sont gratuites (đ), d'autres font partie de l'offre Snowball Insights (đ 6 ⏠par mois ou 60 ⏠par an) et d'autres de l'offre Snowball+ (âš 9 ⏠par mois ou 80 ⏠par an).
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Les dĂ©penses dans lâintelligence artificielle continuent de grimper, mais les publications des gĂ©ants technologiques nâont pas apportĂ© les rĂ©ponses attendues sur leur rentabilitĂ©. AprĂšs la chute de 12,6 % dâAlphabet jeudi, les ventes se sont amplifiĂ©es vendredi : le NASDAQ 100 a reculĂ© de 3,46 %, le S&P 500 de 1,82 % et le Dow Jones de 1,09 %. Il sâagit des variations de la derniĂšre sĂ©ance, pas du bilan hebdomadaire.
La semaine avait pourtant bien commencĂ© pour les valeurs liĂ©es Ă lâIA. Le dĂ©pĂŽt du dossier dâintroduction en bourse dâAnthropic avait soutenu les fournisseurs dâinfrastructures, avec une hausse de 2,8 % de lâindice amĂ©ricain des semi-conducteurs lundi. SK hynix avait ensuite publiĂ© des bĂ©nĂ©fices supĂ©rieurs aux attentes, annoncĂ© un dividende gĂ©nĂ©reux et de nouveaux investissements aux Ătats-Unis. Pour les fabricants de mĂ©moire, les dĂ©penses des gĂ©ants technologiques se traduisent donc dĂ©jĂ par des rĂ©sultats.
Chez leurs clients, le tableau est plus contrastĂ©. Alphabet a déçu sur son chiffre dâaffaires, ravivant les doutes sur sa compĂ©titivitĂ© dans lâIA. En une sĂ©ance, le groupe a perdu environ 480 milliards de dollars de capitalisation. Microsoft a davantage rassurĂ© sur ses rĂ©sultats, tandis quâOracle a prĂ©sentĂ© un plan pour dĂ©gager un flux de trĂ©sorerie positif. Les investisseurs commencent Ă faire davantage de diffĂ©rences entre les groupes, selon leurs performances et leur capacitĂ© Ă financer les investissements annoncĂ©s.
Amazon illustre bien cette difficultĂ©. AWS, son activitĂ© de cloud, a rĂ©alisĂ© 46 milliards de dollars de chiffre dâaffaires trimestriel, en hausse de 39 %. La demande est lĂ . Mais Amazon prĂ©voit environ 220 milliards de dollars dâinvestissements cette annĂ©e et affiche un flux de trĂ©sorerie disponible nĂ©gatif de 42,4 milliards sur douze mois. Autrement dit, lâargent gĂ©nĂ©rĂ© par son activitĂ© ne couvre pas ses investissements. Ă cela sâajoutent des prĂ©visions de bĂ©nĂ©fice opĂ©rationnel infĂ©rieures aux attentes. Le titre a nĂ©anmoins limitĂ© son recul Ă environ 1 % vendredi, aprĂšs une rĂ©action initiale bien plus sĂ©vĂšre.
Intel a subi une sanction autrement plus lourde, avec une chute de 31 %. MalgrĂ© des ventes en hausse de 21 % au troisiĂšme trimestre, le groupe attend seulement 15 Ă 16 milliards de dollars de revenus au quatriĂšme trimestre, contre 17 milliards anticipĂ©s. Il faut toutefois distinguer les difficultĂ©s dâIntel des interrogations sur les dĂ©penses des gĂ©ants du cloud. Le marchĂ© des PC et ses problĂšmes industriels pĂšsent sur le groupe, alors que son activitĂ© dans les centres de donnĂ©es se porte mieux. La baisse sâest malgrĂ© tout Ă©tendue au secteur : lâETF SOXX a perdu plus de 7 %, SanDisk 14 % et AMD 11 %.
Le pĂ©trole reste une autre source de tension. MalgrĂ© les discussions entre Washington et TĂ©hĂ©ran, le Brent Ă©volue autour de 115 $ et le WTI a dĂ©passĂ© 104 $ vendredi. La crainte dâune reprise des hostilitĂ©s maintient les prix de lâĂ©nergie Ă©levĂ©s, ce qui complique le ralentissement de lâinflation. La Fed a laissĂ© ses taux inchangĂ©s cette semaine. Les investisseurs anticipent encore largement une hausse en dĂ©cembre, tout en commençant Ă envisager quâelle puisse ĂȘtre la derniĂšre.
Mathieu
Cette semaine, le marché crypto continue sa baisse avec un indice TOTAL en perte de -2,4 %. Celle-ci provient principalement de Bitcoin qui a perdu -2,7 % aprÚs le hack record de Binance à hauteur de 6,3 milliards de dollars !
Jeudi soir, Binance a Ă©tĂ© victime dâune attaque qui a permis de vider un de ses portefeuilles de plus de 6 milliards de dollars. Il sâagit du plus gros hack de tous les temps (crypto et hors crypto). DiffĂ©rents actifs ont Ă©tĂ© dĂ©robĂ©s parmi lesquels du bitcoin, de lâether, des stablecoins USDT et USDC et de nombreux autres altcoins. Ă cette heure, prĂšs de la moitiĂ© des actifs ont Ă©tĂ© gelĂ©s (principalement les stablecoins). Binance a annoncĂ© couvrir intĂ©gralement les pertes. Lâattaque a Ă©tĂ© attribuĂ©e Ă un groupe nord-corĂ©en.
Le reste du marchĂ© a aussi corrigĂ©, mais avec une baisse relativement contrĂŽlĂ©e surtout considĂ©rant la performance des marchĂ©s traditionnels. Lâether a perdu seulement -2,4 %. La plus grosse perte revient Ă World (WLD) qui a corrigĂ© de -10 %. Ă lâopposĂ©, Hyperliquid (HYPE) a gagnĂ© +15 % cette semaine aprĂšs lâannonce dâun partenariat entre TradeXYZ et ICE (maison mĂšre de la bourse de New York).
Pour bien comprendre cet engouement sur le token HYPE, il faut revenir quelques jours en arriĂšre avec lâannonce du lancement des marchĂ©s HIP-3* par Hyperliquid, une extension du modĂšle HIP-3 actuel. Ce nouveau modĂšle permet de dĂ©ployer des marchĂ©s, mais avec des rĂšgles supplĂ©mentaires notamment sur qui peut y participer. Ce partenariat entre TradeXYZ (qui opĂšre la plupart des marchĂ©s HIP-3 Ă ce jour) et ICE envisage de crĂ©er des marchĂ©s rĂ©gulĂ©s (KYC & AML) disponibles au public amĂ©ricain.
Ce tour de passe-passe est significatif puisquâil va enfin ouvrir lâaccĂšs Ă Hyperliquid aux AmĂ©ricains, mais surtout : il concrĂ©tise un peu plus la vision dâHyperliquid de devenir une couche de base de la finance. HIP-3* permet Ă Hyperliquid de ne pas avoir besoin de se soucier de gĂ©rer la partie rĂ©glementaire (qui est dĂ©lĂ©guĂ©e Ă des acteurs extĂ©rieurs indĂ©pendants), tout en Ă©tant lâinfrastructure sur laquelle toutes les transactions se rĂšglent. Malin.
Payward (maison mĂšre de Kraken) a Ă©tĂ© la premiĂšre Ă montrer son intention dâutiliser cette technologie. Mais lâengouement est surtout apparu aprĂšs lâannonce dâICE et celle du gĂ©rant de fonds et milliardaire Stanley Druckenmiller, qui a dĂ©voilĂ© ĂȘtre investisseur dans TradeXYZ.
Assez parlĂ© dâHyperliquid, revenons aux investissements institutionnels. Jâai notĂ© principalement deux choses :
- Contrairement aux ETF BTC, les ETF ETH continuent de perdre des fonds. En quelques semaines, plus de 10 % des ETH ont quitté les ETF.
- Un rachat de 200 millions de dollars de STRC par Strategy a permis de ramener son prix Ă 99,99 $. Câest une premiĂšre depuis mai dernier, mais apparemment le marchĂ© nâest pas encore prĂȘt Ă accepter un tel prix puisque STRC est retournĂ© vers 99,2 $ assez rapidement.
Pour terminer, deux autres petites nouvelles qui méritent de l'attention :
- Lors de ses derniers rĂ©sultats, Visa a annoncĂ© le rĂšglement de 25 milliards de dollars de stablecoins sur son rĂ©seau sur lâannĂ©e, en hausse dâun facteur x10 par rapport Ă lâannĂ©e derniĂšre.
- La DTCC (la principale chambre de compensation et de rĂšglement du marchĂ© amĂ©ricain), vient dâannoncer le lancement du DTS, un systĂšme pour tokeniser des actifs dont elle a dĂ©jĂ la garde. Pour lâinstant, une vingtaine dâinstitutions ont dĂ©jĂ signĂ© pour utiliser ce service parmi lesquelles BNP Paribas, Citi, Bank of America. Les actifs seront Ă©mis sur la blockchain Canton avec lâobjectif dâen ajouter d'autres dĂšs lâannĂ©e prochaine.
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â± Temps de lecture : 4 minutes.
đŻ L'essentiel : Alphabet a perdu 12,6 % en une sĂ©ance, sa pire journĂ©e depuis son introduction en bourse en 2004, et Amazon a cĂ©dĂ© jusquâĂ 7 % aprĂšs sa publication. Dans les deux cas, le cloud accĂ©lĂšre de façon assez folle (+103 % pour Google, +39 % pour Amazon), mais le flux de trĂ©sorerie disponible passe en nĂ©gatif sous le poids des investissements dans lâIA. Pourtant, la sanction des marchĂ©s paraĂźt assez excessive pour Alphabet comme pour Amazon, sans pour autant ĂȘtre dĂ©nuĂ©e de sens, car les marchĂ©s ne financent plus les dĂ©penses dâIA sans preuve de rendement.
Cette semaine, deux gĂ©ants de lâIA ont publiĂ© leurs rĂ©sultats du troisiĂšme trimestre. Le point commun des deux annonces ? Leur trĂ©sorerie disponible (free cash flow), câest-Ă -dire ce qu'il reste aprĂšs les investissements, est nĂ©gative.
Du coup, le marché a puni les deux, alors que Microsoft, dont la trésorerie reste positive, est restée stable.
Alors ? Opportunité ou pas ? On va explorer tout ça.
Pourquoi cette chute, dĂ©jĂ ? AprĂšs la publication du 28 octobre, lâaction a perdu 12,6 % le 29, soit environ 482 milliards de dollars de capitalisation boursiĂšre, puis 1,4 % de plus vendredi, Ă 279,84 $. Elle est dĂ©sormais environ 30 % sous son plus haut de mai (402,62 $ en clĂŽture). Le bĂ©nĂ©fice par action ressort Ă 2,12 $ contre 3,02 $, le business historique du Search ralentit Ă +12 % et la trĂ©sorerie disponible est nĂ©gative de 9,1 milliards.
Mais alors, pourquoi la réaction paraßt-elle excessive selon moi ?
- LâactivitĂ© est trĂšs solide. Le chiffre dâaffaires atteint 127,6 milliards (+25 %), le rĂ©sultat dâexploitation 40,6 milliards (+30 % avec 31,8 % de marge). Le cloud double Ă 30,7 milliards (+103 %) avec 36 % de marge, et son carnet de commandes sâĂ©lĂšve Ă 561 milliards. Les requĂȘtes de recherche progressent Ă leur rythme le plus rapide depuis cinq ans. Franchement, pour une boĂźte de cette taille, c'est juste exceptionnel.
- Le "ratĂ©" du bĂ©nĂ©fice vient en grande partie dâune Ă©criture comptable. Alphabet dĂ©tient environ 551 millions dâactions SpaceX, dont le cours a baissĂ© de 170,86 $ Ă 150,86 $ sur le trimestre : une perte latente de 8,7 milliards, soit 0,55 $ par action. Sans elle, le bĂ©nĂ©fice atteint environ 2,67 $ (toujours en dessous des 3,02 $ attendus, mais mieux quand mĂȘme).
- Le ralentissement de la recherche. Le nombre de requĂȘtes est toujours en croissance, mais le mode IA rapporte moins par requĂȘte que la recherche classique. Google tĂątonne toujours ici, mais en tout cas, l'entreprise agit et conserve sa position de leader de la recherche face Ă ChatGPT et autres. De plus, ce business a pas mal Ă©tĂ© impactĂ© par le taux de change qui est hors de contrĂŽle d'Alphabet.
- Le flux de trésorerie inclut des éléments ponctuels. Il intÚgre une amende européenne de 5,2 milliards et des stocks constitués avant la vente de systÚmes de puces TPU, les puces maison de Google. Sur douze mois, il reste positif de 19,7 milliards malgré les énormes investissements.
Ce qui reste prĂ©occupant selon moi. Comme je le disais, mĂȘme sans SpaceX, le bĂ©nĂ©fice reste sous les 3,02 $ attendus. Les investissements â 51,4 milliards ce trimestre â resteront autour de 200 milliards en 2026 et augmenteront nettement en 2027. Une partie du carnet de commandes vient des labos dâIA : le document dâIPO (entrĂ©e en bourse) dâAnthropic mentionne 114,5 milliards de dollars dâengagements de calcul envers Alphabet jusquâen 2033. Que se passera-t-il si ces labos ne dĂ©pensent pas autant ? Affaire Ă suivre.
Ce qu'il sâest passĂ©. Lâaction a perdu 4,3 % jeudi avant la publication (243,79 $), jusquâĂ 7 % aprĂšs la clĂŽture. Sur deux sĂ©ances, le recul est dâenviron 6 %, et le titre se situe 16 % sous son plus haut annuel (287,20 $). Le bĂ©nĂ©fice par action ressort Ă 1,89 $ contre 1,96 $ attendu, et le chiffre dâaffaires Ă 201,9 milliards contre 202,2 attendus.
Pourquoi la réaction paraßt excessive selon moi
- Les trucs qui ont "ratĂ©" sont minimes. LâĂ©cart sur le chiffre dâaffaires est de 0,15 %, et celui sur le bĂ©nĂ©fice est dâenviron 4 %. Le bĂ©nĂ©fice net recule lĂ©gĂšrement (20,7 contre 21,2 milliards), car le troisiĂšme trimestre 2025 contenait un gain de 9,5 milliards avant impĂŽt sur la participation dans Anthropic.
- Lâexploitation progresse fortement. Le rĂ©sultat dâexploitation grimpe de 61 % Ă 28,1 milliards, avec une marge record de 13,9 % contre 9,7 % un an plus tĂŽt.
- AWS, le cloud dâAmazon, accĂ©lĂšre pour le sixiĂšme trimestre de suite (le sixiĂšme !). Son chiffre dâaffaires croĂźt de 39 % (46 milliards), avec 38,7 % de marge, et il pĂšse environ 63 % du rĂ©sultat dâexploitation. Son carnet de commandes atteint 578 milliards pour une durĂ©e moyenne de 6,4 ans, et Andy Jassy vise plus de 40 % de croissance en 2027 et en 2028. Andy pense qu'AWS pourrait atteindre les 1000 milliards de dollars de revenus par an ces prochaines annĂ©es.
- Le calendrier de Prime Day a faussé la croissance. Décalé au deuxiÚme trimestre, il retire environ 4 points au troisiÚme trimestre, ce qui ramÚnerait la croissance autour de 16 %, selon un analyste.
- Le prix est raisonnable. Ă environ 23 fois les bĂ©nĂ©fices attendus pour 2027, Amazon se paie comme Microsoft (22 fois) et plus cher quâAlphabet (18,7 fois). Lâobjectif moyen des analystes â 331,77 $ â laisse 38 % de potentiel (mais comme d'hab', il faut prendre ces objectifs avec des pincettes).
Ce qui reste prĂ©occupant : la trĂ©sorerie disponible sur douze mois sâeffondre Ă -42,4 milliards, contre +14,8 milliards un an plus tĂŽt. Les investissements du trimestre, 77,3 milliards, dĂ©passent largement les 58,7 milliards attendus, et le total de 2026 atteint environ 220 milliards et ce sera nettement plus en 2027. La dette Ă long terme passe de 65,6 Ă 173,1 milliards depuis dĂ©cembre, au-dessus des 114,2 milliards de trĂ©sorerie. Enfin, Amazon dĂ©tient des titres dâAnthropic valorisĂ©s Ă environ 240 milliards de dollars au bilan, soit prĂšs de 9 % de sa capitalisation, dont les variations de valeur font bouger son bĂ©nĂ©fice.
- La trĂ©sorerie. Le marchĂ© regarde dĂ©sormais le flux de trĂ©sorerie autant que la croissance, et ne lâattendra pas indĂ©finiment.
- Le rendement des investissements. Les dĂ©penses dâIA doivent produire des revenus. Selon Noah Smith, un ralentissement des laboratoires dâIA pĂšserait dâabord sur les gĂ©ants du cloud.
- Justement, la dĂ©pendance aux laboratoires dâIA. Une part des carnets de commandes et des gains comptables dâAlphabet et dâAmazon dĂ©pend dâAnthropic et dâOpenAI. Si la croissance de ces derniers chute, c'est l'effet domino assurĂ©.
- Les marges du cloud. La capacitĂ© louĂ©e Ă des tiers et les ventes de puces TPU peuvent peser sur la rentabilitĂ© dâAlphabet dĂšs le quatriĂšme trimestre.
- Le financement. Amazon et Alphabet continuent d'emprunter vraiment beaucoup beaucoup, dans un contexte oĂč les taux restent Ă©levĂ©s (et ils devraient rester Ă©levĂ©s un moment vu que l'Ă©conomie amĂ©ricaine tient le coup et que l'inflation reste Ă©levĂ©e).
- Comme d'hab', entrez par Ă©tapes plutĂŽt quâen une fois (le fameux DCA ou Dollar Cost Averaging qui consiste Ă investir la mĂȘme somme Ă intervalles rĂ©guliers).
- Suivez la trĂ©sorerie disponible, la marge du cloud et la monĂ©tisation du mode IA pour Alphabet, la croissance dâAWS au-dessus de 40 % et la dette pour Amazon.
Mon point de vue La chute me paraßt un poil excessive, surtout pour Alphabet : une écriture comptable sur SpaceX, un ralentissement de la recherche partiellement expliqué par le taux de change, et un prix revenu à celui du marché pour une entreprise dont le cloud double. Amazon a moins baissé, et son exploitation progresse fortement. Mais la trésorerie négative est un vrai sujet, et le marché a le droit de demander des preuves de rendement. Bref, les chutes sont toujours de bons moments pour investir davantage si vous y croyez fortement sur du long terme.
Ah, et pour rappel, Amazon et Alphabet sont deux Snowpicks qu'on suit depuis quelques années ici.
Alphabet a décollé de prÚs de 200 % depuis notre premiÚre analyse en 2022.
Et Amazon d'environ 70 % depuis notre analyse de 2023.
Tous les Snowpicks sont accessibles ici si vous ĂȘtes abonnĂ©(e)s Snowball+ ou Snowball Insights.
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đŻ L'essentiel : à six mois de la prĂ©sidentielle, les six principaux candidats promettent tous de soutenir le pouvoir dâachat sans laisser filer une dette proche de 120 % du PIB. Ils divergent sur le financement : Ă©conomies sur la dĂ©pense pour Marine Le Pen, Bruno Retailleau, Ădouard Philippe et Gabriel Attal, hausse des impĂŽts sur le patrimoine et les hauts revenus pour Jean-Luc MĂ©lenchon et RaphaĂ«l Glucksmann. Les chiffrages indĂ©pendants â quand ils existent â jugent la plupart des hypothĂšses optimistes (comme d'hab'), et les marchĂ©s surveillent la crĂ©dibilitĂ© de chacun.
Avant de parler de ce sujet brûlant, place à notre deuxiÚme sponsor du jour qui permet de rendre cette newsletter prémium gratuite pour tout le monde : Pancake.
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Le gouvernement vise un dĂ©ficit de 5 % du PIB en 2027, aprĂšs 5,4 % attendus en 2026, et une dette de 121,7 % du PIB. LâOAT Ă 10 ans (donc le taux d'emprunt de l'Ătat français Ă 10 ans) Ă©volue autour de 5 %, avec un Ă©cart dâenviron 160 points de base avec lâAllemagne (on emprunte donc plus cher que nos voisins allemands), et la charge dâintĂ©rĂȘts doit passer de 79,2 Ă 91,2 milliards dâeuros lâan prochain (donc on paiera un peu moins de 100 milliards d'euros juste en intĂ©rĂȘts, sur notre dette). Et cerise sur le gĂąteau : lâinflation atteint 3,1 % (pour rappel, l'objectif de la Banque centrale europĂ©enne est de 2 %).
Le premier tour est fixé au 18 avril 2027, et Marine Le Pen mÚne les intentions de vote (32 % à 36 % selon les instituts en octobre).
Aujourd'hui, mĂȘme si ce n'est pas encore gravĂ© dans le marbre, je vais prĂ©senter les volontĂ©s des candidats des six principales forces politiques, de la gauche vers la droite, sur la base de leurs annonces au 31 octobre du cĂŽtĂ© Ă©conomique seulement (les programmes complets sont encore attendus).
Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise)
- Pouvoir dâachat : SMIC Ă 1600 euros net, blocage des prix et des marges sur les produits de premiĂšre nĂ©cessitĂ© (alimentation, Ă©nergie, carburants, hygiĂšne), retraite Ă 60 ans avec 40 annuitĂ©s et pensions au moins au niveau du SMIC.
- Dette : le budget du 14 octobre prévoit 106,4 milliards de recettes nouvelles (impÎt sur la fortune climatique, suppression de la flat tax, taxe Zucman sur les patrimoines de plus de 100 millions, taxe sur les héritages) et 81,7 milliards de dépenses nouvelles, soit environ 25 milliards de baisse du déficit dÚs 2027.
- Points de vigilance : des Ă©conomistes interrogĂ©s par lâAFP jugent ce budget "peu dĂ©taillĂ©" et "optimiste", car il nĂ©glige la rĂ©action des contribuables et les effets sur lâinflation et lâactivitĂ©. De plus, le rendement de la taxe Zucman est discutĂ© : des Ă©conomistes lâestimaient Ă environ 5 milliards, contre 15 retenus.
Raphaël Glucksmann (Place publique, désigné par la primaire du Parti socialiste)
- Pouvoir dâachat : hausse du salaire net par une baisse de la CSG sur les salaires, environ 105 euros par mois pour un salaire de 1700 euros selon lui, SMIC Ă 1700 euros net avec une confĂ©rence salariale, et retour de la retraite Ă 62 ans.
- Dette : financement par une taxe sur les hĂ©ritages les plus Ă©levĂ©s (15 milliards selon sa campagne) et par la taxe Zucman, sans recours Ă davantage de dette. Il nâa pas encore publiĂ© de trajectoire budgĂ©taire complĂšte.
- Points de vigilance : franceinfo juge "optimiste" le rendement de 15 milliards de la taxe sur les hĂ©ritages, et ses projets de taxation europĂ©enne exigeraient lâunanimitĂ© des Ătats (trĂšs peu probable, donc).
Gabriel Attal (Renaissance)
- Pouvoir dâachat : faire monter les salaires, des aides directes ciblĂ©es plutĂŽt que des baisses de taxes, environ 2 milliards de baisses dâimpĂŽts pour les classes moyennes.
- Dette : environ 150 milliards dâĂ©conomies sur le quinquennat, un dĂ©ficit sous 3 % avant 2032 puis lâĂ©quilibre en 2037 et aucune hausse dâimpĂŽts pendant cinq ans. Les Ă©conomies viseraient notamment les arrĂȘts maladie et un gel de prestations sociales, y compris dâune partie des retraites. Il propose aussi un plan de 200 milliards dâinvestissements dans lâIA et le quantique dâici 2040, pour moitiĂ© publics.
- Points de vigilance : aucun chiffrage indĂ©pendant publiĂ© Ă ce stade, et un gel des prestations rĂ©duirait le pouvoir dâachat de leurs bĂ©nĂ©ficiaires.
Ădouard Philippe (Horizons)
- Pouvoir dâachat : exonĂ©ration de cotisations pour deux heures de travail supplĂ©mentaires par semaine, et une allocation familiale unique de 350 ⏠par mois dĂšs le premier enfant, dĂ©gressive selon les revenus.
- Dette : un dĂ©ficit Ă 2 % du PIB dâici 2032, aucun nouvel impĂŽt, 50 milliards de baisse des impĂŽts de production en cinq ans, et un Ăąge de dĂ©part portĂ© Ă 65 ans avec 45 annuitĂ©s en moins de dix ans, avec une part de capitalisation. Lâindemnisation chĂŽmage serait rĂ©duite Ă 12 mois pour les moins de 50 ans.
- Points de vigilance : aucun chiffrage indĂ©pendant publiĂ© Ă ce stade, et la rĂ©forme de 2023, aujourdâhui suspendue, avait suscitĂ© des mois de mobilisation.
Bruno Retailleau (Les Républicains)
- Pouvoir dâachat : 21 milliards rendus aux mĂ©nages, notamment par lâexonĂ©ration de cotisations sur les heures supplĂ©mentaires et une baisse de la facture dâĂ©lectricitĂ©.
- Dette : 197 milliards dâĂ©conomies cumulĂ©es dâici 2032, dont 146 pour rĂ©duire le dĂ©ficit et 51 rendus aux mĂ©nages et aux entreprises, un dĂ©ficit sous 3 % en 2031, sans hausse dâimpĂŽts. Le plan prĂ©voit le non-remplacement de 400 000 agents publics partant Ă la retraite, 42 milliards sur les retraites (avec une dĂ©cote entre 63 et 65 ans) et 10 milliards demandĂ©s aux collectivitĂ©s.
- Points de vigilance : aucun chiffrage indĂ©pendant publiĂ© Ă ce stade, et une rĂ©duction aussi forte de la dĂ©pense pĂšserait sur lâactivitĂ© Ă court terme (moins de croissance, donc moins d'activitĂ©, donc moins de recettes fiscalesâŠ).
Marine Le Pen (Rassemblement national)
- Pouvoir dâachat : TVA ramenĂ©e de 20 % Ă 5,5 % sur lâĂ©nergie (12,2 milliards selon le parti) et Ă 0 % sur 100 produits de premiĂšre nĂ©cessitĂ© (3,5 milliards), exonĂ©ration dâimpĂŽt sur le revenu jusquâĂ 30 ans, minimum vieillesse Ă 1000 âŹ, pensions indexĂ©es sur lâinflation, retraite Ă 62 ans et Ă 60 ans pour les carriĂšres commencĂ©es avant 20 ans.
- Dette : le contre-budget du 6 octobre prĂ©voit 140 milliards dâĂ©conomies nettes dâici 2032 et 30 milliards de baisses dâimpĂŽts, un dĂ©ficit de 3,7 % dĂšs 2027, sous 3 % en 2030, et une dette ramenĂ©e Ă 112 % du PIB en 2032. Le premier budget prĂ©voit notamment 24 milliards dâĂ©conomies sur la dĂ©pense publique, 20 sur la SĂ©curitĂ© sociale, 12 sur lâimmigration et 9 sur la contribution Ă lâUnion europĂ©enne.
- Points de vigilance : lâInstitut de lâEntreprise, financĂ© par de grands groupes, juge lâessentiel des Ă©conomies non documentĂ© et recalcule un dĂ©ficit supĂ©rieur Ă 6 % en fin de quinquennat.
- Les baisses de TVA, les gels de prix et les hausses de SMIC soutiennent le pouvoir dâachat Ă court terme, mais coĂ»tent cher aux finances publiques ou aux entreprises. La Cour des comptes reprochait au bouclier tarifaire son manque de ciblage.
- Faire travailler plus (heures supplĂ©mentaires moins taxĂ©es, dĂ©part Ă la retraite plus tard) produit plus de richesse et plus de recettes fiscales, mais lâeffet prend plusieurs annĂ©es.
- Couper fortement dans les dĂ©penses publiques (moins de fonctionnaires, prestations gelĂ©es) joue dans lâautre sens et plus vite : lâĂtat et les mĂ©nages concernĂ©s dĂ©pensent moins, ce qui ralentit lâactivitĂ© dĂšs les premiĂšres annĂ©es.
- Taxer le patrimoine rapporte moins que prévu si les contribuables réagissent, et les chiffrages peuvent varier du simple au triple, comme pour la taxe Zucman.
- La crédibilité se paie sur les taux. Avec environ 3650 milliards de dette, chaque point de taux supplémentaire coûte à terme prÚs de 36 milliards par an.
- Attendre les programmes complets (celui du RN en novembre-dĂ©cembre, celui de LFI en novembre, avec un chiffrage en dĂ©but dâannĂ©e) avant toute dĂ©cision.
- Anticiper une volatilitĂ© des taux français et des valeurs bancaires Ă lâapproche du scrutin, et se mĂ©fier des obligations trĂšs longues.
- Diversifier hors de France, via un ETF Monde, pour limiter lâexposition Ă une seule Ă©lection.
- Suivre les mesures qui touchent lâĂ©pargne : flat tax, droits de succession, impĂŽt sur la fortune immobiliĂšre ou financiĂšre, selon les candidats.
Mon point de vue Tous les candidats affichent les mĂȘmes objectifs trĂšs optimistes (logique : ils veulent se faire Ă©lire) : protĂ©ger le pouvoir dâachat et tenir la dette. Cela dit, ils n'ont pas le mĂȘme point de vue sur le financement : la dĂ©pense pour les uns, la fiscalitĂ© du patrimoine pour les autres. Dans tous les camps, les chiffrages des Ă©quipes reposent sur des hypothĂšses que les analyses indĂ©pendantes jugent souvent optimistes. Pour vous, la meilleure protection reste la diversification, quel que soit le rĂ©sultat. On en reparlera quand on aura plus d'infos dĂ©taillĂ©es. En attendant, ce site est pas mal si vous voulez creuser les programmes.Â
â± Temps de lecture : 3 minutes.
đŻ L'essentiel : Anthropic, lâentreprise qui dĂ©veloppe Claude, a rendu public le 26 octobre son prospectus dâintroduction en bourse, avant une cotation prĂ©vue mi-novembre sur le Nasdaq sous le symbole ANT. Le document rĂ©vĂšle une croissance sans Ă©quivalent (16,3 milliards de dollars de revenus au premier semestre, 14 fois plus quâun an plus tĂŽt), une perte de 80,7 milliards presque entiĂšrement comptable, et des engagements de calcul qui se comptent en centaines de milliards.

Ăa y est, Anthropic a publiĂ© son S1, le document qu'une entreprise doit publier avant d'entrer en bourse et qui dĂ©taille son business pour permettre aux investisseuses et investisseurs de bien comprendre dans quoi ils investissent.
Dans cette section, on va tenter de faire ressortir les chiffres les plus WTF (What The Fuck) de cette entrée en bourse.
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Tu es à un flocon de débloquer cet article
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